THÉORIES DES PROTESTANTS SUR L'ÉGIISE
qu'elle s'obligeât à cesser la lutte contre les communions protestantes (1).
La diffusion du protestantisme fit encore plus fortement sentir le besoin de recourir aux princes séculiers, pour maintenir l'ordre dans les affaires ecclésiastiques. Les protestants obtinrent d'autant plus facilement la protection des princes que ceux-ci, particulièrement en Allemagne, poussés par leurs intérêts matériels qu'ils s'entendaient bien à satisfaire, dans la sécularisation des biens ecclésias^ tiques, furent, dés le début, les plus puissants défenseurs et promoteurs du protestantisme. Ils s'en servaient comme d'un moyen pour étendre leur souveraineté et sauvegarder, en face de l'empereur, leur indépendance. C'est ainsi que les articles de Sraalkalde (2) invitent les princes non seulement à protéger les églises protestantes, à s'occuper de la convocation des synodes, mnis encore à faire opposition au pape, lorsqu'il empêcherait ces églises de prêcher la vraie doctrine et de régler elles-mêmes leurs affaires religieuses.
En fait cependant l'église protestante devint de plus en plus soumise au gouvernement civil^ et les théologiens s'essayèrent, de différentes manières, à justifier théoriquement cette dépendance établie effectivement. Dans son livre « Du droit des princes protestants » (1692), Thomasius défendit le système territorial, en attribuant aux princes le droit d'ordonner les affaires religieuses dans leur territoire. Déjà, à la paix de Westphalie (1648), on avait reconnu aux princes \e jus reformandi, en le restreignant à l'année normale (3), D'autres établirent le système épiscopal, d'autres le système synodal; dans ce dernier, on appliquait le mieux les opinions primitives des réformateurs, d'après lesquelles le pouvoir réside dans les com-
(1) A-fiol. Conf. Aug. p. 204. — (2) Pag. 350 sq.
(3) Année normale [annus decretorius). C'est l'année 1624 appelée année normale, parce qu'elle fut le terme convenu pour régler les nouyelles situations juridiques introduites par la réforme: (Note du traducteur.)
Vr. — HISTOIRE DES DOGMES 27
munautés ecclésiastiques. Le système épiscopal, au contraire, admettait que le pouvoir ecclésiastique avait été transféré des évoques catholiques aux princes, sans pouvoir même avancer un semblant de preuve en faveur de cette prétention.
§ 42 Doctrine du concile de Trente concernant les sources de la foi.
Le concile de Trente avait fait lire publiquement le symbole de Nicée, dans sa troisième session (4 février 1546), et terminé par là ses séances préliminaires. Il lui restait à délibérer et à décréter sur les articles de foi attaqués par les réformateurs et sur la réforme des mœurs. Le premier thème qui s'offrait à lui^ c'était la fixation précise des sources de la foi, d'autant plus que les protestants avec leur principe formel de la suffisance de la sainte Ecriture avaient jeté par dessus bord les doctrines essentielles de la religion chrétienne et introduit une grande confusion dans la foi elle-même. Les théologiens, qui prirent part aux discussions préliminaires du concile de Trente dans les congrégations particulières et générales, ramenèrent à quatre propositions les affirmations des protestants relatives aux sources de la foi : 1*^ la sainte Ecriture est la seule source de la foi, et la tradition ne contient que des additions humaines non essentielles ; 2*^ parmi les livres de l'Ancien Testament il ne faut admettre dans le canon des livres saints que les livres protocanoniques, et parmi ceux du nouveau il faut exclure ceux qui sont appelés «vTi^eyoVsva ; 3° comme texte authentique, il n'y a que le texte original ; 4° chaque fidèle a le droit d'interpréter librement la sainte Ecriture, parce qu'il est intérieurement illuminépar le Saint- Esprit pour en comprendre le sens avec certitude. Le concile opposa à ces erreurs la doctrine de l'Eglise sur les sources de la foi, en deux décrets : l'un intitulé « des écri-
lures canoniques » et le second « de l'édition et de l'usage dus livres saints ».
1. A côté de la sainte Ecriture il y a une seconde source de la foi : c'est la tradition apostolique orale. Notre-Seigneur Jésus-Christ, en effet, a d'abord prêché l'évangile de vive voix et ordonné à ses Apôtres de l'annoncer à tous les peuples. La vérité apportée du ciel par le Christ est renfermée dans la sainte Ecriture et dans les traditions orales que les Apôlres ont reçues de la bouche même de Notre- Seigneur ou par l'inspiration du Saint-Esprit, qu'ils ont eux-mêmes prêchées et qu'ils nous ont ainsi transmises. Les premiers théologiens, ceux qu'on peut appeler les Pères de la théologie, ne se sont pas attardés à démontrer l'importance et l'autorité de la tradition. Mais si la vérité révélée est renfermée dans la sainte Ecriture, aussi bien que dans la tradition orale, il faut alors admettre comme de foi divine et toutes les vérités révélées par le Christ et toutes les vérités transmises oralement; il faut observer avec un profond respect les prescriptions disciplinaires qui nous viennent des Apôtres et qui nous ont été transmises par la tradition orale. Par rapport au contenu des traditions apostoliques orales, dont quelques-unes ont rapport aux vérités de foi et aux lois divines et d'autres aux affaires purement disciplinaires (Juris ecclesiasdci), les Pères ajoutèrent un anathème contre celui qui traditiones praedictas sciens et pntdens contempserit^ tandis que, pour les écrits canoniques, celui-là est déjà frappé d'anathème qui ne les admet pas.
Sarpi et les protestants reprochent aux Pères d'avoir porté un anathème contre les contempteurs des traditions, sans spécifier nommément quelles sont ces traditions. Mais le reproche s'évanouit de lui-même, si l'on considère l'union intime des traditions apostoliques avec l'Eglise, dont les protestants ont, il est vrai, rejeté l'autorité. Les Pères disent dans le même décret qu'il faut vénérer, àTégal des saintes Ecritures, les traditions qui ont rapport à des
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doctrines de la foi ou des mœurs et qui ont été enseignées par le Christ ou inspirées par le Saint-Esprit et conservées coinme telles dans l'Eglise catholique. Les Pères désignent bien par là quelles sont les traditions qui doivent être admises et vénérées par les fidèles, puisqu'ils s'en rapportent pour toutes ces traditions à l'Église, comme à la gardienne des traditions, comme à celle qui doit aussi nous éclairer sur la canonicité des livres saints. On ne peut pas exiger et attendre des Pères une nomenclature de toutes les traditions particulières, pas plus qu'une nomenclature de toutes les doctrines qui sont renfermées dans la sainte Ecriture.
2. Sur le canon des Ecritures, le concile renouvelle les décrets des conciles tenus à Garthage à la fin du IV* siècle et au début du V" siècle. Ces décrets étaient universellementreçus dans l'Eglise ; ils reconnaissaient une égale valeur aux livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament et aux 27 livres du Nouveau.
3. Beaucoup plus nombreuses furent les discussions qui précédèrent le décret par lequel le concile recommande pour la Bible une édition ou une traduction déterminée. Depuis l'invention de l'imprimerie, la sainte Ecriture avait été traduite en de nombreuses langues et reproduite en une multitude d'exemplaires. A ces nombreuses éditions et -traductions du XV* siècle s'en ajoutaient, presque chaque année, de nouvelles dans les divers pays. Les réformateurs Bvaient enseigné que la lecture des saints livres est le moyen naturel, pour chaque fidèle en particulier, d'acquérir la connaissance des doctrines du Christianisme. Us traduisirent eux-mêmes les saints livres et yintroduisirent leurs idées religieuses par des additions ou des changements au texte inspiré. La manière merveilleuse dont Luther s'entendit à rendre la sainte Ecriture dans un langage populaire fit de sa traduction le livre de prédilection du peuple et lui assura une diffusion vraiment prodigieuse. Cet état de choses ne permettait pas bux Pères
de douter que les intérêts de la foi ne rendissent nécessaire une explication de l'I^gliseàce sujet. Dans les congrégations quelques Pères avaient proposé de recommander particulièrement le texte original et de le désigner comme celui qui ferait loi dans les discussions élevées au sujet des diverses variantes. Mais de nombreuses difficu liés rendaient cette recommandation impraticable. D'une part, la connaissance de l'hébreu et du grec n'était pas alors répa ndue dans les écoles de théologie, comme de nos jours ; elle était plutôt rare. D'autre part, les Juifs avaient laissé se glisser quelques fautes dans le texte original hébreu et TKglise ne pouvait contrôler ce texte aussi rigoureusement que la traduction laiitM'. On découvrit d'ailleurs plus tard que les traductions notamment les latines avaient pour elles des manus^ crits plus anciens que le texte original hébreu.
Les Pères durent partir de cette hypothèse que le Saint- Esprit, qui depuis le commencement dirige l'Eglise en toute vérité et la préserve de toute erreur dans les choses de la foi et des mœurs, lui a préparé aussi les moyens nécessaires à cet effet et l'a toujours assistée de son secours dans la pratique. Parmi ces moyens mis à la disposition de l'Eglise enseignante se trouve en première ligne la sainte Ecriture sur laquelle on s'est toujours appuyé dans toutes les décisions conciliaires. Par conséquent, il appartient à l'Eglise de décider, avec l'assistance du Saint-Esprit, quelle édition de la sainte Ecriture doit être mise en usage pour atteindre ce but et pour établir solidement les doctrines de la révélation. Le concile déclare donc que, parmi toutes les éditions latines de la sainte Ecriture, il faut considérer la Vulgate (haec ipsa vêtus et vulgata editio) comme l'édition authentique,, à laquelle il faut se rapporter dans toutes les disputes et les explications dogmatiques. On appelle authentique (auOévTr,*;: premier auteur) un document qui a été composé et signé par son auteur ; est authentique une déclaration ou une interprétation de loi qui émane du législateur lui-même et qui doit être reconnue comme la norme
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décisive dans les cas donnés. Le concile appelle la Vulgate une édition authentique, en ce sens qu'elle doit être regardée^ommeémanantderaulorité de l'Eglise et confirmée par elle; elle ne peut donc pas plus renfermer d'erreurs dans les questions de foi ou de mœurs que l'Eglise universelle ne peut en proposer ni accréditer. Le concile n'a pas voulu, sans doute, déclarer la Vulgate exempte de toute faute; il n'a pas voulu dire que le texte de cette époque n'a pas besoin d'amélioration, non plus que donner à cette édition la préférence sur le texte original dans toutes les leçons, puisqu'il a lui-même, à lafmdes sessions^ recommandé au pape de faire une revision de la Vulgate.
On n'a pas le droit d'objecter que l'inspiration du Saint- Esprit n'a agi que sur Tauteur et non pas sur le traducteur, que par conséquent le texte primitif est seul à renfermer la parole de Dieu authentique et dès lors infaillible. Ce raisonnement n'aurait de force probante pour le texte original que dans le cas oii nous posséderions encore Tautographe des auteurs inspirés. Mais Dieu a permis, et certainement dans des vues souverainement sages, que les autographes aient péri, afin que les fidèles ne s'attachent pas principalement à des choses accessoires. Le Saint- Esprit a inspiré, avant tout, les vérités et les pensées, qui peuvent nous être communiquées aussi clairement et aussi complètement dans une traduction que dans la langue même de l'auteur; le texte original cependant mériterait la ' préférence, si nous pouvions établir qu'il est pur et non falsifié. Mais, même dans ce cas, le texte original n'aurait pas essentiellement une plus grande importance. Bien que l'inspiration du Saint-Esprit, en efîet, intervienne dans la i^l rédaction des pensées inspirées, il ne faut pas cependant attribuer la parole extérieure de l'Ecriture à Dieu comme à son unique premier auteur. Les divers Apôtres nous racontent, en des termes difîérents, des événements et des vérités qui sont au fond les mêmes. Les termes employés revêtent les caractères particuliers de l'auteur inspiré. Dieu
a voulu que chaque fidèle de la société chrétienne fût un membre vivant de celle-ci et fût amené à la foi par l'enseignement de la société ; il a voulu aussi que la conservation et la prédication de la vérité céleste fussent exclusivement confiées à la société. L'autorité qui reviendrait au texte original, dans le cas où il aurait été conservé intact, n'aurait pour nous que l'autorité de l'Eglise elle-même, puisque c'est celle-ci qui pourrait seule nous en garantir l'authenticité par un usage constant. Tout cela s'applique bien à la Vulgate, et c'est pourquoi l'Eglise l'a déclarée édition authentique, c'est-à-dire édition à laquelle on doit reconnaître la plus haute autorité. La Vulgate n'est pas pour cela infaillible dans toutes ses parties et dans toutes ses expressions. Les Pères du concile de Trente n'ont pas voulu lui attribuer une exactitude absolue; ils ont même demandé au pape d'en entreprendre une revision qui consisterait surtout à en faire la critique historique et à en comparer les leçons diverses.
4. En présence des principes que les réformateurs émettaient sur l'interprétation libre et subjective de la sainte Ecriture et qu'ils justifiaient en invoquant Tillumination intérieure de TEsprit-Saint, l'Eglise avait le droit et le devoir d'expliquer et d'interpréter infailliblement le sens des saints livres et de présenter l'interprétation unanime des Pères comme la règle et la norme de l'exégèse.
Bien que le protestantisme se fût élevé précisément contre l'autorité de l'Eglise et eût attaqué la doctrine relative à son institution et à sa constitution divine, les Pères du concile de Trente ne traitèrent qu'en passant de la doctrine relative à l'Eglise et en remirent à plus tard la définition. Pour le moment ils avaient plutôt à préciser au moins l'autorité doctrinale de l'Eglise. C'est à elle seule, en effet, que le Saint Esprit a été promis et donné, pour rappeler aux fidèles toutes les vérités que Nôtre-Seigneur a prôchées sur la terre. Sans une telle autorité vivante et visible, dotée de l'infaillibilité, il serait impossible de
conserver, au sein du genre humain, les vérités surnaturelles, sans aucune altération, il serait également impossibled'avoirune foi complète, pourvued'une certitude, absolue. Dieu n'a pas promis de communiquer à chacun de nous en particulier Tillumination intérieure de son Esprit-Saint, qui, sans l'intermédiaire d'une autorité extérieure, à la simple lecture des saintes Ecritures et infailliblement, nous mettrait en possession des vérités célestes ; les contradictions respectives entre les diverses manières d'entendre l'Ecriture, chez tous ceux qui ne veulent pas reconnaître Tautorité doctrinale de l'Eglise, sont une preuve évidente contre l'hypothèse de l'illumination interne par l'Esprit-Saint.
Doctrines des théologiens postérieurs au concile de T^rente sur les sources de la foi, sur la sainte Ecriture, la tradition et le magistère de l'Eglise.
Malgré ses travaux importants et incomparables sur la dogmatique, la Scolastique du moyen âge s'était peu occupée d'ériger en système et de développer les doctrines fondamentales relatives aux sources de la foi, parce qu'on avait généralement alors un sentiment de certitude dans la possession de la foi et on n'éprouvait pas le besoin d'en rechercher les sources. Tout changea, au début du XVP siècle, lorsque les réformateurs attaquèrent précisément ces doctrines et voulurent établir une religion nouvelle, sans le fondement qui était le seul sûr et nécessaire. A l'exemple de Pierre Lombard et de saint Thomas, on avait soulevé au moyen âge quelques questions au sujet de l'autorité du magistère doctrinal de l'Eglise, mais ce n'était qu'à l'occasion de la doctrine des vertus théologales, ou même à l'occasion de la doctrine de la foi ; à partir du concile, au contraire, la doctrine des sources de la foi fut traitée comme une discipline spéciale, sous le nom de Loci theologici^ ou
DOCTRLNES l'OSTÉRlEURES AU CONCILE DE TRENTE 425
(\e Loci communes eX ôe\[nl comme une introduction à la dogmatique. Melchior Cano composa un ouvrage remarquable sous ce titre de Loci Theologici (1) ;. Stapleton écrivit les 12 livres Principioriim fidei doctrinalium relectlo scholastica (Paris 1579) (2) et Bellarmin donna, dans ses controverses, des discussions très approfondies sur les sources de la foi. Mœhler dans sa Symbolique, Perrone dans sa dogmatique, et Pranzeiin, dans le premier volume de ses ouvrages dogmatiques dedivina traditione, nous ont récemment donné des travaux remarquables qui tendent à expliquer, d'une manière précise, le rapport organique des sources de la foi entre elles ; non point qu'on n'eût déjà connu avant eux cette question, mais il l'ont mise plus en lumière, en prouvant que le point de départ du protestantisme était insoutenable. Pranzeiin , avant de présenter ses opinions sur les diverses sources de la foi, expose les mesures que le Christ à prises pour la conservation et la promulgation des vérités révélées, puis s'écartant des opinions reçues jusque-là, il déclare que la tradition est une source plus compréhensive que la sainte Ecriture. Son exemple pour le premier point se recommande à nous pour tous les cas; sur le second il n'est admissible que dans la mesure oii la sainte Ecriture n'est devenue source de la foi qu'après la tradition ; mais il ne se recommande pas de cette raison, car alors il ne ferait pas ressortir aussi clairement l'autorité supérieure de la sainte Ecriture comme source inspirée de la foi.
A. Quant aux commandements du Christ relatifs à la propagation et à l'acceptation de sa doctrine par la foi, nous les connaissons par les écrits du Nouveau Testament, pourvu que nous admettions préalablement leur authenticité et leur crédibilité ; nous les connaissons encore par la tradition orale et parles institutions de l'Eglise, en tant qu'elles
(1) Il est cité dans la suite (f après l'édition de Coldgne 1574.
(2) Une autre édition parât à Anvers en 1596,
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s'accordent effectivementaveccellesdu Christ. Celui-ci exige de tous ceux qui appartiennent à son Eglise et veulent être sauvés une foi absolue à tout ce qu'il aannoncé, comme vérité du salut, et qu'il a proposé à croire. Celui qui ne croit pas et n'est pas baptisé ne peut être sauvé (Marc. 16, 15; Jo.3, 36). Cette foi divine des apôtres, des disciples et de tous les fidèles du Christ est basée sur la véracité divine qui s'est manifestée dans le Christ et sur les miracles et les prophéties qui ont été des témoignages extrinsèques de la vérité de ses paroles. La première règle relative au contenu de cette foi, c'était la parole sortant de la bouche de Notre-Seigneur. Or le Christ déclare que les livres de l'Ancien Testament renferment la parole de Dieu (Matth. 5, 17 s. ; 22, 31 ; 2 Petr. 1, 21); il appelle inspirés les auteurs sacrés à qui cette parole de Dieu a .été communiquée. Mais il se place au-dessus des prophètes et se donne comme celui par qui ceux-ci ont parlé, il est venu pour accomplir et parfaire la loi ; il est le Fils de Dieu et il ne fait qu'un avec son Père (Jo. 10, 35), et il exige une foi absolue, une foi comme celle de saint Pierre (Jo. 6, 70). « Nous avons cru et nous avons reconnu que tu es le Christ, le Fils de Dieu ». Cette foi devait être la condition du salut pour fous les hommes jusqu'à la fin du monde, ainsi que l'Apôtre saint Paul le rappelle souvent dans ses épîtres^ et elle devait être la même, quant au motif et quant à l'objet, chez tous les hommes. « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » dit l'Apôtre, [Ephes. 4, 4). Notre-Seigneur lui-même dans son enseignement public n'a prêché que de vive voix, et il a parcouru toute la Palestine, afin de jeter partout h semence de l'Évangile. Et, pour avoir des coadjuteurs et' des successeurs dans ce magistère oral, il s'est adjoint, dès le début, les Apôtres ; il les a initiés à sa manière d'enseigner' et leur a ordonné de continuer son œuvre, lorsqu'il serait lui-même revenuà son Père, de le remplacer dans sa formej visible et de former sous la direction de Pierre, le princ( des Apôtres, un corps bien uni dont il voulait être lui-1