U-: LA SAINTE EUCHARISTIE
manière extraordinaire, par un prêtre délégué par le pape. L'une ou l'autre est requise pour la validité de l'Extrême- Onction (1).
Et, d'après le principe cité, se manifeste bien autant, de la façon la plus simple, le pouvoir souverain qu'a l'Eglise d'établir de nouveaux empêchements du Mariage, à l'observation desquels est subordonnée la validité du mariage.
De la sainte Eucharistie. Gomment le corps du Christ est présent sous les espèces du pain et du vin ] explications diverses.
Le plus sublime et le plus riche des sacrements est bien la sainte Eucharistie, mystère des mystères, soleil du culte chrétien, résumé de toutes les grâces du Christ, l'auteur même de la grâce, sous les formes du pain et du vin. Rien d'étonnant à ce que ce sacrement regardé très clairement, dès le commencement, comme le foyer de la religion chrétienne ait été vigoureusement défendu par les Pères contre les attaques des hérétiques et soit devenu l'objet préféré de la contemplation chrétienne. Ce que les Pères ont cherché par la contemplation et la spéculation, les Scolastiques l'ont développé depuis et l'ont mis en lumière au moyen âge contre les attaques venues de divers côtés ; les grands théologiens de ce temps n'ont rien laissé à examiner, et ils n'ont rien omis pour les réfuter, pour établir encore plus profondément la doctrine de la foi et l'étudier jusque dans ses dernières conséquences.
Les réformateurs attaquèrent de nouveau la doctrine de la sainte Eucharistie ; mais les propositions qu'ils avan-
(I) Le page Grégoire XVI approuva le décret de la sainte Inquisition du 14 décembre 1842, d'après lequel le curé ne pouvait prendre de l'huile < bénite par lui pour la dispensation valide de la Confirmation, même dans le cas de nécessité.
cèrent à propos de la persistance de la substance du pain ou d'une simple action actuelle du Christ par la grâce, dans la communion, n'étaient rien de nouveau ; elles appartenaient à un point de vue déjà longuement traité par les Scolastiques. Cependant les attaques renouvelées donnèrent lieu à de nouvelles défenses du mystère, alors qu'on recherchait, avec une sollicitude toujours plus grande, les témoignages des temps anciens en faveur de ce mystère, qu'on en mettait toujours plus à découvert, qu'on présentait de nouveau les exposés des Scolastiques et qu'on en poursuivait les points non encore résolus.
L'étude de ces divers essais relève principalement de l'histoire des dogmes. Jusqu'alors n'avait pas été résolue ni décidée même par le concile de Trente la question des rapports de la substance du corps et du sang du Christ avec les espèces du pain et du corps qui restaient, mais dépouillées de substance.
Au neuvième siècle, il avait été au moins décidé qu'on ne pouvait regarder les formes du pain et du vin comme les formes du corps et du sang du Christ, ni donc attribuer au corps et au sang du Christ tout ce qui est vrai du pain et du vin. Cependant sur le rapport des espèces etde la substance du corps du Christ, thomistes et scotistes soutiennent des opinions différentes, tout comme ils en avaient de différentes sur le genre et le mode de causation de la grâce par des signes extérieurs. De même qu'il s'agissait là d'une action morale ou physique, de même il s'agit ici de la question d'une union physique ou simplement morale entre la substance du corps du Christ et les espèces du pain. Les scotistes se prononcent en ce dernier sens; ils appellent le rapport du corps du Christ et des espèces un rapport simplement local ; ils contestent une union physique entre les deux, en ce sens que le transport du sacrement çà et là par le prêtre n'atteint pas directement le corps du Christ, mais les espèces ; et Dieu, en conséquence de cela, est porté à mouvoir son corps conformément aux mouve-