Partant comme Théodore du principe qu'une nature
1, Marins Merc. 1. c. p. 789 sq.
2. Chez Mif/ne LXXV, 85 : «t/ijiv art à 0£Ô; ).o'yOi -npoc/vuxcii, bri à ix Tf,i iyixi HocpOivoD ■/e.idfj.evoi, aytc; £7T«i y.or.l fJiiycf.i, ei; tsOt' îfî/sl'aTO aùrov, xxl TJxpsvxtùaai
fiiv yewffiY,vui Sixot- ànSpii « tf,i Uu-pdivou. Cf. De recla lide ad Reginas 1, c. 12 in une.
humaine parfaite devait devenir une personne, Nestorius ne pouvait approuver chez le Sauveur la co7nniunîcatio zrf«o«i«^w?/?. Il prétendait toujours, il est vrai, être obligé de la nier sous prétexte que sans cela il aurait fait de Dieu une créature finie, et que l'Arianisme ou l'Apollinarisme y aurait trouvé son compte alors que justement ils se voyaient dans l'impossibilité de trouver une bonne distinction entre les divers attributs de la personne du Christ : « Celui qui dit simplement que Dieu est né de Marie, rend le dogme ridicule aux païens, disait-il, car le païen peut répliquer. Un Dieu qui est né, qui est mort, qui a été enseveli, je ne puis l'adorer. Manifestement ce qui était né c'est la nature humaine, mais la divinité lui est associée. » Il était pleinement d'accord avec le précédent orateur Proclus quand celui-ci disait : « Celui qui est né de la femme n'est ni simplement Dieu, ni simplement homme, car il est déjà l'humanité engendrée associé à la divinité. Le Sauveur est-il bien ressuscité des morts? Et si celui qui crée les vivants est mort, qui pourrait communiquer la vie ? » Ainsi parlait Nestorius*.
Au concile d'Ephèse- il se laissa entraîner à dire : « Jamais je n'appellerai Dieu un enfant de deuxou trois mois ni n'accepterai désormais de communier avec vous » . De ces paroles on pourrait se sentir tenté de conclure que Nestorius n'a pas fait commencer immédiatement à la conception, mais plus tard seulement l'union morale qu'il suppose entre le Logos et l'homme. Mais vraisemblablement par ces paroles il ne songeait qu'à motiver clairement sa négation de la communicatio idiomatum sous prétexte que par elle Dieu serait devenu une créature pauvre et indigente. Ce n'était pas tout à fait le cas. L'Eglise qui a fait entrer la communicatio idiomatum dans sa profession de foi, dans celle des Apôtres, comme dans celle de Nicée, n'a nullement prétendu ainsi transformer la divinité en un être créé, mais seulement sauvegarder l'unité de la personne.
1. Cf. MariusMerc. I. c p. 782.-2. Soc. H. E . VII,34, MigneXL\lU,163, sqq.
Quant à Nestorius dans ses antianathématismes dirigés contre Cyrille, il se meut presque toujours dans le même cercle d'idées, à savoir que les attributs devaient être séparés l'un de l'autre, dans la personne du Sauveur, et par un autre moyen l'humain mêlé au divin ou le divin transformé en fini, ou l'humain devenir Dieu. Aussi dit-il dans le quatrième antianathématisme : « Si quelqu'un attribue à une seule nature les passages des évangiles et des épîtres apostoliques, qui se rapportent aux deux natures du Christ, et prête la souffrance au Logos divin lui-même dans sa chair comme dans sa divinité, qu'il soit anathème. « Le cinquième a la même idée en vue. Si quelqu'un ose dire que même après la prise de la nature humaine il n'y a qu'un seul fils Dieu, le fils par nature, alors que (depuis qu'il a pris la chair) il est cependant l'Emmanuel, qu'il soit anathème».
Sur un point seulement Nestorius admettait l'échange des attributs ou leur attribution à l'unité de la personne du Seigneur. C'était pour les noms qui pouvaient être attribués indistinctement au Logos ou à l'homme, en raison de son union particulière avec Dieu ; comme par exemple le nom de Fils de Dieu, sans ajouter « par nature » ou le nom de « Seigneur ». Nestorius rejette donc dans le cinquième antianathématisme, comme il a été dit, l'appellation de Seigneur comme celle de Fils de Dieu par nature, et il dit cependant dans le troisième antianathématisme : (( Si quelqu'un dit que le Christ qui est aussi l'Emmanuel est un, non par suite de son union, mais aussi par nature, et ne reconnaît que l'union des deux natures encore maintenant subsistant sans mélange, à savoir du Logos et de l'humanité qu'il a prise, a formé un seul Fils, qu'il soit anathème ». Nestorius s'explique aussi clairement sur l'usage de cette appellation dans la seconde homélie que nous a conservée Marins Mercator*.
Quand l'Ecriture parle de la naissance du Christ ou de sa mort elle ne l'appelle pas Dieu, mais Christ, Jésus ou Sei-
• 1. Migne, LXXVIII, 763, sqq.
CONCILE d'éphèse 495
gneur, tout autant d'appellations qui conviennent aux deux natures. Pareillement on peut dire : le Fils de Dieu est mort, mais non: Dieu est mort.
Dans son second discours contre Proclus* il consent même à admettre le titre de eeorôxoî, mais dans un sens restreint, c'est-à-dire si l'expression Dieu est né de Marie signifie uniquement que Dieu a passé par Marie [npor^f^s). Ce terme TzpoYilOE il pouvait en effet l'entendre encore toujours du Logos associé à l'homme Jésus, parce qu'il avait été uni à lui dans le sein de sa mère et qu'ainsi, avec l'homme Jésus, il avait traversé le sein maternel.
Du reste, il voulait bien désigner Marie comme ayant reçu le Logos ou Dieu en elle (es^o/^oç), mais non comme ôeoTÔzo? ; ce titre ne convenait qu'au Père éternel.
Les décrets dogmatiques du concile d'Ephëse (431), les formules d'union d'Antioche et le symbolum Athanasianum.
Les protestations de Nestorius et de ses partisans contre le titre donné à la Vierge Marie longtemps usité dans l'Eglise soulevèrent un grand émoi, non seulement à Constantinople, mais aussi ailleurs. La nouvelle en vint bientôt aux oreilles de saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie. Il écrivit aussitôt aux moines égyptiens, parmi lesquels l'erreur menaçait de se répandre, pour justifier le titre de f)£oro'/.o; donné à la sainte Vierge et démontrer l'unité de la personne dans le Christ et la légitimité de la communication des idiomes. Cet écrit fut remis aussi à Kestorius; il l'entraîna à des manifestations passionnées contre Cyrille ; celui-ci écrivit alors à Nestorius pour lui montrer quelle importance il attachait à cette controverse soulevée autour du dogme de l'Incarnation. Nestorius lui répondit par une