Marc. Mnc. 1. c. p
2. Cf. La IV homélie contre Proclus, Hlarc. Merc. Ibid. p. 787.
lettre assez courte et s'adressa au pape Gélestin pour le gagner à ses vues.
Dans l'intervalle, saint Cyrille avait encore trouvé l'occasion d'adresser à Nestorius une seconde lettre, plus longue, dans laquelle il exposait à la fin la doctrine orthodoxe sur la personne du Seigneur. Dans sa réponse, Nestorius rejeta encore toutes les expressions comme mère de Dieu, Dieu est né, Dieu a souffert; elles sont à ses yeux païennes, apollinaristes et opposées à la doctrine des saintes Ecritures.
Saint Cyrille s'adressa alors par lettres à l'empereur, à son épouse Eudoxie, à sa sœur Pulchérie, et au vieil évêque Acacins de Berrhoé, à ses clercs de Constantinople qui étaient chargés de gérer ses affaires pour leur faire voir le côté dangereux de ces erreurs. Il écrivit ensuite au pape Célestin à qui il envoya en même temps par son diacre Possidonius tous les écrits qu'il avait publiés sur cette affaire et un mémoire sur le fond de cette erreur, en lui demandant un jugement décisif.
Le pape tint encore en cette même année 430 un concile à Rome ; il y approuva le terme esorôzo,- et menaça Nestorius d'excommunication et de séparation, s'il ne se rétractait pas dans trente jours. Cyrille devait en qualité de représentant du pape, écrivait-il à Nestorius, publier cette sentence. En outre, il écrivit aux clercs et aux laïques de Constantinople, et en même temps à tous les évêques d'Orient et de Macédoine et à Cyrille pour le charger de l'exécution du châtiment dont Nestorius était menacé.
Nestorius ne pouvait attendre rien de bon du côté de Rome ; avant que lejugement du Pape ne fût parvenu à ses oreilles, il adressa à Célestin une troisième lettre, il y déclara même qu'il n'avait rien contre ceux qui ne voulaient pas abandonner le titre de Gcotôxo;, pourvu qu'ils n'y attachassent pas un sens apollinariste ; il les avait pourtant déjà exclus de la communion de l'Eglise. Mais en face de l'ami de sa jeunesse, le patriarche Jean d'Antioche, il ne se montraitpas si tolérant à l'égard de ce ôsotôxoç, quoique celui-
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ci l'eût sollicité de se relâcher sur ce point, ce titre étant absolument conforme à la doctrine de la sainte Ecriture*.
Avant d'en venir à l'exécution de la mission qui lui avait été confiée, Cyrille convoqua le concile à Alexandrie. Celui-ci approuva une lettre que Cyrille avait rédigée et adressée à Nestorius et dans laquelle la doctrine orthodoxe était exposée en toute fidélité ; il repoussait la transformation d'une nature dans l'autre, mais il soutenait l'union hypostatique de la nature divine et de la nature humaine, en n'admettant toutefois qu'un seul Christ qui en tant que Logos s'était incorporé la chair comme sienne. Contrairement à l'union morale du Logos divin et l'homme qu'admettait Nestorius, cette lettre enseignait une union xarà «pOo-tv; le corps et l'âme s'unissaient dans leur nature ou substance, pour former un seul homme ; par rapport à la communication des idiomes il soutenait que le Fils de Dieu était sans doute impassible par nature, mais qu'il s'était cependant approprié, sans en souffrir, les souffrances de sa propre chair (rà ~-lq ilia.z (rxpy.hç àTraôwç oixsioûptevoç
Trâôvî). A cette exposition du dogme, Cyrille joignait une réfutation des erreurs de Nestorius ; elle était contenue dans douze anathématismes. En outre, le concile d'Alexandrie envoya une lettre au clergé et au peuple de Constantinople et une troisième aux moines de la même ville ; mais les porteurs qui remirent ces lettres avec celles du pape, un dimanche, à Nestorius, en pleine cathédrale, ne trouvèrent pas chez lui bon accueil et ils durent revenir sans réponse. Bientôt Nestorius publia lui-même douze antianathématismes- dans lesquels il prétendait présenter les soi-disant doctrines de Cyrille comme des erreurs apollinaristes ; il sut en même temps indisposer l'empereur Théodore contre le patriarche d'Alexandrie.
Sans doute une expression de Cyrille dans ses anathématismes en scandalisa d'autres que jNestorius — ce fut celle
1. y. la lettre chez Mansi, IV, 1061. — 2. Ils nous ont été conservés dans une traduction latine de Mar. Merc (Ed. Migne, tXLVIlI, 309, sqq.
« d'union physique » (ïvwtiî <fu7iy.r,) et aussi celle d'une nature du Logos « devenue homme et chair » (ptt« <Tï(Tapw|xjv*j y-jo-i,-). Bien des gens voulurent trouver là le monophysisme de plus tard, la doctrine de la nature unique et la transformation de l'une des deux natures dans l'autre. L'évêque André de Samosate et même Théodoret de Gyr écrivirent une réfutation des anathématismes de Cyrille.
La discorde ne pouvait être complètement apaisée que dans un concile œcuménique. Des deux côtés on l'avait désiré et le 13 novembre 430 * le décret de convocation signé par les deux empereurs fut adressé à tous les métropolitains de l'empire, pour qu'ils eussent à se rendre pour la Pentecôte de l'année suivante à Ephèse pour un concile avec quelques-uns de leurs meilleurs suflragants. Le pape s'excusa dans une lettre du 15 mai 431 de ne pouvoir prendre part personnellement au synode, mais il voulut se faire représenter par des envoyés munis de ses pleins pouvoirs. Les évêques se trouvèrent à Ephèse au temps fixé ; il n'y manqua que le patriarche Jean d'Antioche et ses suffragants ; il était dans le voisin ige de la ville, mais il s'attardait à dessein, pour n'avoir pas à prendre part dès la première séance, à la déposition imminente de Nestorius, son ami de jeunesse. On attendit vainement plusieurs jours ; et l'on tint la première séance le 22 juin, lorsque Jean eut fait dire qu'on n'eût pas à retarder l'ouverture du concile à cause de lui.
Nestorius avait refusé de paraître à l'assemblée ; les Pères passèrent donc tout de suite à la discussion des points controversés. Après que le symbole de Nicée eut été lu, on donna lecture de la seconde lettre 'déjà mentionnée de Cyrille à Nestorius. Les Pères à l'unanimité y saluèrent l'exposé fidèle de la doctrine orthodoxe. « Nous ne disons donc pas, y fut-il dit', que la nature du Logos est devenue chair