CONCILE D'ÉPHÈSE 50J
droite du Père — il n'en siège qu'un à son côté uni à la chair.
Si nous voulions rejeter cette union hypostatique incompréhensible, nous en viendrions à reconnaître deux Fils... Nous n'avons donc pas le droit de séparer un Seigneur Jésus en deux Fils, et c'est méconnaître absolument la foi orthodoxe que d'introduire, comme l'ont fait quelques-uns, l'union des personnes. En eiïet, la sainte Ecriture ne dit pas que le Logos ne s'est pas uni à la personne d'un homme {iv6p'J,7Tov npoTcmov), mais qu'il est devenu chair. Mais quand on dit que le Logos est devenu chair, on entend seulement par là qu'il participe comme nous à la chair et au sang. Il s'est approprié notre corps ; il est sorti comme homme du sein d'une femme, sans perdre pour cela la divinité, ou la naissance du sein de son Père, car il est resté ce qu'il était, même en prenant la chair. »
Cette lettre expose le dogme presque avec l'exactitude d'un symbole de foi. La perfection des deux natures, de la nature divine comme de la nature humaine, cette dernière pourvue d'un corps et d'une âme, tout cela y est très clairement enseigné, la transformation d'une nature en l'autre y est rejetée ; l'union de la divinité et de l'humanité y est expliquée comme union hypostatique (-/aQ' vTrôo-TKaiv) en ce sens que l'hypostase du Logos dans la plénitude des temps s'est incorporé la nature humaine qu'il a reçue delà Vierge, et est ainsi devenue chair. Mais si Cyrille n'a pas encore compris ce terme assez exactement pour vouloir désigner par là le terme de l'union, l'unique hypostase ou personne du Logos devenu homme, il a été cependant le premier à employer cette expression et il a aussi préparé le développement ultérieur de la théologie. Lui-même par cette expression (/.xQ' ÛTrôo-Taatv) pensait seulement à une union essentielle des deux natures d'où est résulté un être individuel, en opposition avec l'union morale. Par là la communication des idiomes est justifiée de la façon la plus frappante et le Nestorianisme avec ses idées d'incorporation d'une personne humaine ou d'une simple union morale
entre le Logos et l'homme est réfuté par une précise notion du dogme.
On lut également le troisième écrit de Cyrille à Nestorius avec les douze anathémalismes que le concile d'Alexandrie avait approuvés. Les actes du concile, il est vrai, ne contiennent aucune décision relative à cette lettre. Mais on a toujours dans l'Eglise donné une autorité particulière aux fragments de cette lettre, et on y a vu l'expression fidèle du dogme.
Le cinquième concile général à la suite de la querelle des Trois-Chapitres,anathématisales décrets deTliéodoret et la lettre d'Ibas d'Edesse, principalement parce que ces auteurs avaient attaqué les anathématismes' de saint Cyrille et y avaient fait entrer les erreurs nestoriennes.
i. On y lit: « Si quelqu'un ne reconnaît pas que l'Emmanuel est le vrai Dieu et que la sainte Vierge est aussi mère de Dieu, en ce sens qu'elle a enfanté selon la chair le Fils de Dieu devenu homme, anathema sit. — 2. Si quelqu'un ne reconnaît pas que le Logos issu de Dieu le Père s'est uni hypostatiquement à la chair et qu'il est la chair, devenue sienne, un seul Christ, «. s. — 3° Si quelqu'un sépare dans le seul Christ les hypostases après leur union, en les unissant seulement par i7jvaj;£(« en dignité, en puissance et en autorité, et non par une conjonction qui constitue une union physique xai' oii^^i Sri tj.ôùj.vj trjvcoùt T-f, xar* éviwtv <^usixr,-j, a. s. — 4° Si quehju'un répartit entre les deux personnes ou les deux hypostases les expressions cjui dans les textes évangéliques ou apostoliques ou des saints sont employés pour le Christ ou (ju'il dit lui-même de sa personne et s'il attribue les unes spécialement à l'homme, abstraction faite du Logos divin, et les autres au Logos, en tant que seules dignes de Dieu, a. s. — 5° Si quehiu'un ose dire que le Christ est un homme qui porte Diou((isoj.cpcv) et non plutôt qu'il est vrai Dieu en tant que Fils par nature onformément aux paroles : Le Verbe s'est fait chair (Jean i, 14) et est devenu participant d'une manière parfaite de notre sang et de notre chair. (Hébr. II, 14), (f. s. - G" Si (lueUju' un ose dire que le Logos divin est Dieuou le Seigneur du Christ et ne reconnaît pas plutôt qu'il est à la fois un seul et même Dieu et homme attendu que le Logos qui s'est fait chair suivant les paroles de la sainte Ecriture, a. s.l° Si quelqu'un dit que le divin Logos a seul opéré dans l'homme Jésus et (jue la gloire du Fils unique lui ait été ajoutée comme quelipie chose d'étranger, a. s. 8" Si quelqu'un ose dire que l'homme pris par le Logos Dieu doit être adoré avec lui, être honoré et reconnu comme Dieu, en temps que distincts l'un de l'autre — car co sens est propre à la particule avec (rjv) qui lui est toujours ajoutée — et qu'il n'honore pas l'Emmanuel d'un seul culte et ne luiadress«>