Ad Reginas I, 12 (iligne LXXVI
Cette unité du Sauveur est déchirée par Nestorius et par la même tendance unitaire de l'àme vers Dieu. Ce que saint Athanase reprochait aux Ariens, à savoir qu'ils présentaient au cœur liumain un double objet de vénération et d'amour ; c'est-à-dire le Dieu Très-Haut et le Logos créature ; saint Cyrille le reproche aussi mais en une sftilre façon au Nestorianisme. Celui-ci, en effet, présentait comme objet de vénération et d'adoration le Logos divin et le Sauveur né de Marie, comme deux personnes infiniment différentes par nature et unies seulement par le dehors. Ce n'est pas le Christianisme qui nous réduirait à l'adoration d'un sauveur humain séparé du Logos divin ou à l'anthropolâtrie ; il adresse toute notre âme à Dieu qui, dans la plénitude des temps, s'est fait homme et a accompli l'œuvre de la Rédemption dans la nature humaine devenue sienne*. De même qu'il n'y a qu'un Dieu, qu'une foi, qu'un baptême ; il ne doit y avoir aussi qu'un Sauveur, qu'un Christ^. Seul, le Nestorianisme ne voit pas de l'idolâtrie à prétendre élever le Fils de Marie, à cause de son union relative avec le Logos divin, au-dessus de toutes les créatures et à le tenir pour digne d'adoration comme Dieu même. Mais alors tous les Justes sont dignes d'adoration et égaux à Dieu. On peut même objecter aussi aux Nestoriens qu'ils font de la Trinité une quaternité et qu'ils sont pourtant incapables de faire entrer ce quatrième facteur en union étroite avec Dieu*.
4. Le Nestorianisme méconnaît aussi la portée du dogme de l'Incarnation en tant qu'il anéantit la bénédiction divine qui, par ce moyen, se répand sur la vie humaine et sur toutes ses diverses phases. Il y a quelque chose d'ineflablement élevé en ce que Dieu même est passé par tous les moments de la vie divine ; s'y est mêlé personnellement et les a tous sanctifiés. Il a été conçu, porté dans le sein mater-