‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 109 sur 166 · Ep. 17 {Migne LXXVII, 120). — 2. Ep · texte numérisé non relu

Ep. 17 {Migne LXXVII, 120). — 2. Ep

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voulait pas la lui enlever — cette union morale (<rjv%t« nyi- Ttxvi) avec le Logosdevait lui appartenir exclusivement; mais alors l'union avec Dieu devait être supprimée pour les autres. C'est bien ce que nous voyons dans les fragments des écrits de cet hérétique que saint Cyrille nous a conservés. Quand il veut démontrer que le Logos n'est réellement pas un homme, mais s'est incorporé seulement un homme il allègue le passage de l'épître aux Hébreux (11, 17) : « Il devait devenir en tout semblable à ses frères alin de devenir compatissant et un grand prêtre fidèle devant Dieu pour expier les péchés du peuple ». Ces paroles, l'Apôtre, pense Nestorius, ne pouvait les entendre que de l'homme pris par le Logos, non du Logos lui-même, car le Logos n'avait pas de frères, et il n'était pas grand-prêtre. « Le divin Logos, demandait-il, avait-il donc des frères qui lui fussent semblables pour la divinité? » Saint Cyrille prend occasion de ceci pour montrer tout au long l'état de parenté avec le divin Logos où nous mettent la grâce et la haute dignité du chrétien sanctifié. En réalité le Logos divin s'est fait homme et comme nous est né d'une femme, afin que nous puissions avoir part d'une façon analogique à sa naissance du sein du Père. Ce Logos engendré de toute éternité par le Père est né avec nous selon la chair afin que nous puissions acquérir de Dieu en esprit son genre de naissance, pour que nous ne fussions plus enfantés de la chair,mais transformés en êtres surnaturels et que nous devenions enfants de Dieu par la grâce. Qu'est-ce donc que cette image de l'homme céleste ? N'être sur aucun point l'esclave des passions ; vivre sans péchés, n'être soumis ni à la mort ni à la corruption, posséder la sainteté, 4a justice et tout ce qui leur est semblable, posséder cela, voilà qui est le fait d'une nature divine et immortelle ; car elle est élevée au-dessus de tous les péchés et de toute souillure, la sainteté et la justice même. Voilà à quoi nous élève le Logos divin quand, par son esprit, il nous élève à la nature divine. Le Fils ne transforme donc en ^u nature divine rien des choses créées; cela est impossil>l(\ mais cette ressemblance divine est imprimée sur tous ceux

qui sont associés à sa nature divine et participent à l'Esprit- Saint, et cette image de l'inexprimable divinité brille dans les âmes des saints *■ ».

Le Nestorianisme aurait pu en venir tout aussi facilement à nier pour les hommes en général le besoin de rédemption et à borner toute l'action du Sauveur à nous communiquer la divine révélation à la façon d'un prophète de l'Ancien Testament, à nous montrer le chemin par lequel nous pouvions nous racheter nous-mêmes et mériter une union de plus en plus intime avec le Logos,

D'après ce qui vient d'être dit on voit assez clairement en quelle étroite union se tiennent le Nestorianisme et lePélagianisme. Une étude complète de l'un et l'autre système aurait dû réunir les deux hérésies. Une pareille étude fut rarement entreprise dans l'antiquité au sujet des opinions hérétiques : on s'attache en 'général à des dogmes pris à part et on laissait les autres de côté.- Parmi les Pélagiens il y en eut en réalité qui consentirent à admettre l'influence de leur doctrine de la grâce sur la christologie, et ils professèrent, soit avant, soit après, quelques doctrines nestoriennes. Leporius, moine franc, gagné au Pélagianisme, avait déjà avant Nestorius assigné la passion du Christ à l'homme exclusivement ^. Julien d'Eclane vint également du Pélagianisme au Nestorianisme ; d'après lui le Sauveur s'était en eJBfet borné à nous donner des exemples de vertu, et il pensait qu'il rendrait ceux-ci d'autant plus propres à provoquer notre émulation qu'il en ferait des actes purement humains, et supposerait chez le Seigneur la lutte contre la concupiscence et lui ferait acquérir la vertu par un chemin pénible en triomphant de notre penchant vers le mal. C'était bien là du Nestorianisme^.

6. Comment le dogme de la sainte Eucharistie était compromis par Nestorius et n'était conçu, d'après ses principes,

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