Cyr.C. Nest. II
Le langage en usage chez les Latins mêmes au sujet de ce dogme s'était déjà entièrement établi. Tertullien pose déjà l'unité dans la personne {persona) et la dualité dans les natures {natura) et saint Hilaire comme saint Augustin avaient lait prévaloir absolument cette façon de parler.
Il n'en était pas ainsi dans l'Eglise grecque. Combien de temps n'avait-il pas fallu pour arriver à fixer les termes où(xta et ùTTÔo-Tao-tç (être et hypostase)? Quel mot devait-on choisir pour désigner l'unité dans le Christ? Car il y avait encore d'autres termes qui avaient à peu près le même sens t^vdiç et TTjo&VwTrov (nature et personne). Le mot -KpoauTtov n'avait pas été admispour les personnes divines, parce que les Sabelliens l'avaient entendu, en un autre sens, d'une manifestation temporelle ou d'un rôle accepté.
L En ce qui concerne le terme ^vaiç il désigne comme le terme oùo-ta l'essence ou le caractère commun à tous les êtres de même espèce, avec cette seule différence qu'il est employé principalement pour les choses finies, formées ou engendrées [fvoj) et même pas autant dans un sens abstrait pour l'idée de genre ; mais plutôt pour la désignation de l'essence existant dans des individus concrets.
Saint Cyrille ne se préoccupe pas de donner une idée plus précise des termes être et nature ; il emploie ces mots prowiscue dans le même sens*, quoique lemot^ûo-tç, même chez lui, soit moins employé pour une seule entité divine que pour les deux natures dans le Christ-. Mais pour désigner en général le point de vue de la dualité dans la personne du Seigneur, on ne rencontre pas chez lui le terme deux natures (SOo (j/vo-et;); il se faisait scrupule d'admettre deux natures, parce que Nestorius entendait par ce terme, deux natures ou deux personnes existant séparément et en soi.