‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 111 sur 166 · Cyr.C. Nest. II · texte numérisé non relu

Cyr.C. Nest. II

Le langage en usage chez les Latins mêmes au sujet de ce dogme s'était déjà entièrement établi. Tertullien pose déjà l'unité dans la personne {persona) et la dualité dans les natures {natura) et saint Hilaire comme saint Augustin avaient lait prévaloir absolument cette façon de parler.

Il n'en était pas ainsi dans l'Eglise grecque. Combien de temps n'avait-il pas fallu pour arriver à fixer les termes où(xta et ùTTÔo-Tao-tç (être et hypostase)? Quel mot devait-on choisir pour désigner l'unité dans le Christ? Car il y avait encore d'autres termes qui avaient à peu près le même sens t^vdiç et TTjo&VwTrov (nature et personne). Le mot -KpoauTtov n'avait pas été admispour les personnes divines, parce que les Sabelliens l'avaient entendu, en un autre sens, d'une manifestation temporelle ou d'un rôle accepté.

L En ce qui concerne le terme ^vaiç il désigne comme le terme oùo-ta l'essence ou le caractère commun à tous les êtres de même espèce, avec cette seule différence qu'il est employé principalement pour les choses finies, formées ou engendrées [fvoj) et même pas autant dans un sens abstrait pour l'idée de genre ; mais plutôt pour la désignation de l'essence existant dans des individus concrets.

Saint Cyrille ne se préoccupe pas de donner une idée plus précise des termes être et nature ; il emploie ces mots prowiscue dans le même sens*, quoique lemot^ûo-tç, même chez lui, soit moins employé pour une seule entité divine que pour les deux natures dans le Christ-. Mais pour désigner en général le point de vue de la dualité dans la personne du Seigneur, on ne rencontre pas chez lui le terme deux natures (SOo (j/vo-et;); il se faisait scrupule d'admettre deux natures, parce que Nestorius entendait par ce terme, deux natures ou deux personnes existant séparément et en soi.

Page 1