Ep. oO (iligne LXXVII
la doctrine trinitaire, affecté par les Gappadocieiis à la Trinité. On était parti alor.s de l'emploi de ce mot réservé à l'individu par opposition à l'espèce. Ainsi l'hypostase comprend, si on fait abstraction de l'existence en soi qui n'est pas toujours clairement marquée, quelque chose de triple en soi : l'essence de l'être, ses qualités particulières et l'existence ou la participation à l'être. Le mot tt/jôtwttov désigne chez saint Cyrille tout à l'ait la même chose. On se demandait donc : doit-on pour le Sauveur admettre deux hypostases et deux 7rpôaw7r« ou simplement une hypostase et un r/jôawrov ? SI toute uature individuelle et réelle est une hypostase, on ne voit pas pourquoi on ne pourrait admettre deux hypostases dans le Christ. Saint Cyrille ne donne pas une exacte définition de l'hypostase. Cependant il parle ordinairement d'une hypostase et d'un tt/joVwttov dans le Christ et il fait consister l'erreur de Nestorius en ce qu'il admet dans le Christ deux hypostases et deux :roôaw7r«i. Quelquefois cependant Nestorius assure admettre^ l'unité du tt^oôo-wttov, mais saint Cyrille ne croit pas à sa sincérité, car Nestorius alors n'a en vue que l'unité de la personne humaine du Seigneur^.
3. Saint Cyrille distingue plus exactement la doctrine orthodoxe du Nestorianisme, quand il appelle. l'union de la nature humaine et de la nature divine une union par hypostase (x«e ûrô(TTa(Ttv)'. Ce terme fut aussi adopté plus tard par les Pères du quatrième concile et c'est lui qui, dès lors, servit à caractériser l'union dans le Christ comme la rencontre des deux natures en une hypostase ou personne. Ce mot devint aussi le Schibboleth contre le Nestorianisme et le Monophysisme. Cependant saint Cyrille n'a pas encore pris ce terme dans ce sens, ni ne lui a donné cette portée., Il s'explique en effet, à la suite des attaques qu'il souleva du
1. Cyi'. Ep. 17, p. 116 : 'Evt Tsr/a^Ov TT/ssTOJTrw rà; iv TOti Eùay/g/ioj; Traïaî ùyv.9îréov pwvà;* ÙTrorrâTii ixiec, t>ï toO ).er/0'j ^g^ocpxdi/Àîvr;. Cf. Ep. 39, p. 180; 40»
1%. Analh.3. 4. Apol. c. Theod. (Migne LXXVI, 401, 409). Adv. Nest. II. 1. De recta lide ad Theod. c. 25.
2. Ep. 5, p. 52. — 3. Ep.50, p. 276. — 4. Ep. 4, p. 46; 17, 75, p. 117.
côté de Théodoret dans son Apologeticus, en ce sens que ce mot devait seulement servir à désigner l'union du divin et de l'humain comme une union essentielle^ par opposition à une union simplement morale ^
4. Saint Cyrille n'emploie pas seulement pour la nature humaine du Seigneur le mot d'hypostase (vTrôorToo-tç) dans le sens de nature^ ('fio-t;) ; il parle même d'une seule nature de l'Homme-Dieu, alors que suivant le langage usité plus tard dans l'Eglise, on ne pouvait enseigner que deux natures et une seule hypostase. Par là sa façon de s'exprimer manquait d'exactitude, et il fournissait aux Monophysites l'occasion de se réclamer de son autorité. Il était en effet très frappant que saint Cyrille présente aux Nestoriens l'union du corps et de l'âme dans l'homme comme un type de l'union hypostatique dans le Christ^ Tout aussi essentielle que celle du corps et de l'âme était l'union de la divinité et de l'humanité dans le Christ. C'est pourquoi cette union est appelée chez saint Cyrille (evwTt; yyTtx-î ou ht^iiç vmtx y-jTtv)*. Dans l'homme, il ne résulte pas seulement de cette union une hypostase, mais simplement une nature et une substance ^ Etait-ce la même chose pour le Christ? Saint Cyrille ne consent pas volontiers à admettre deux natures dans le Christ ; mais sa seule raison c'est queNestoriusenferaittout aussitôt deux natures séparées et existantes par elles-mêmes''. Il s'empare donc d'une expression qui plus tard soulèvera bien des controverses ; il reconnaît une seule nature incarnée dans le Logos". En un endroit* il allègue en faveur de cette expres-