Ep. 39, p. 177. sq
ciel et des hauteurs nous ne disons pas cela pour faire entendre qu'il aurait apporté avec lui son saint corps du ciel ; mais nous suivons saint Paul pour qui le premier homme tiré de la terre était terrestre et le second, venu du ciel.» Il ajoute ensuite qu'on ne peut parler ainsi que parce que le Logos fait homme devait être considéré comme une personne et, à ce titre, désigné même dans sa nature humaine comme un homme venu du ciel, quoiqu'il eût pris cette nature humaine dans le sein de la Vierge. Le saint docteur avait Lien admis une élévation et un perfectionnement de la nature humaine dans le Christ et appelé divin le corps du Seigneur surtout après sa résurrection; il lui attribuait aussi, à cause de l'union hypostatique, des droits à l'adoration, mais il avait supposé partout qu'il était consubstantiel au nôtre et il avait cherché à démontrer tout particulièrement la maternité divine de Marie.
Au concile de Constantinople, Eusèbe de Dorylée vint déposer une plainte contre Eutychès. L'archimandrite dut être cité à diverses reprises et, lorsqu'enfin il parut devant l'assemblée, il s'obstina à nier les deux natures dans le Christ sous prétexte que ni les saintes Ecritures ni les Pères n'en parlaient ; il fut pour cela déposé et excommunié. Il eut aussitôt recours à l'évêque de Rome, accusa le concile et Elavien, son évèque, de l'avoir, malgré son appel au siège apostolique, déposé sur la tai)le, chassé de la communion de l'Eglise. Flavien avait fait connaître au pape Léon les décrets au Concile et lui en avait communiqué les actes. Mais avant que cette lettre ne fût arrivée à Rome, Léon écrivit le 18 février 449 à Favien, à propos de la plainte d'Eutychès et lui demanda un rapport lidèle. La réponse de Flavien — ce fut sa seconde lettre — suivit de près; elle contenait un exposé encore plus exact de l'erreur et déclarait que l'assertion de l'hérétique sur l'intimation de son appel au Pape était fausse'.
1. Dans l'encyclique de Léon, p. 20 (éd. Balior. I. 781, .<sfp|.).
La lettre dogmatique du pape Léon, le conciliabule d'Ephése et le symbole du IV concile général de Chalcédoine (451)
La lettre de Flavien mentionnée au paragraphe précédent annonce qu'il était question en ce moment de la convocation imminente d'un concile. En effet, à la cour impériale on avait pris parti pour Eutychès et le 30 mars 449 les deux empereurs Théodose II et Valentinien III publièrent un décret de convocation pour un concile général qui devait se tenir à Ephèse au mois d'août de cette année. Ils envoyèrent ce décret à la plupart des métropolitains du royaume. Dans un autre décret, publié également avant l'ouverture du concile l'empereur Théodose désigna Théophile, patriarche d'Alexandrie, comme président du concile' et déclara qu'on prendrait comme règle fondamentale le symbole Nicée et des décrets du troisième concile général. Cette décision devait manifestement profiter aux Eutychéens. Ceux-ci prétendaient, en effet, pour leur justification que la doctrine des deux natures ne se trouvait pas encore chez les Pères, qu'elle était nouvelle et sentait le Nestorianisme.
Le pape Léon reçut, lui aussi, une invitation au concile, mais il s'excusa sur le trouble des temps et nomma trois légats qui tiendraient sa place à Ephèse et porteraient en même temps ses lettres à Flavien, au concile et à Pulchérie.
La première lettre de Flavien déjà signalée est la plus importante de celles qu'écrivit Léon. Le IV^ concile général déclara qu'elle contenait l'exposé fidèle de la foi de l'Eglise. Léon commence par démontrer, à l'aide du symbole apostolique, fjue le Fils eonsubstautiel au Père, a pris notre nature dans lé sein de la Vierge Marie sans altérer en quoi que ce soit sa virginité, soil dans sa conception, soit dans