V. ÉléféJé, Hisi. des conc. 2* éd. 352, sqq
sa naissance*. A sa naissance éternelle s'adjoignit dans la plénitude des temps la seconde naissance du sein de la Vierge sans que la première ait été diminuée ou se soit accrue en quelque chose. Il devait être en tout semblable à nous à l'exception du péché et prendre une nature consubstantielle à la nôtre, s'il voulait nous racheter^.
Sans doute on entend dire à l'ange dans son invocation à la très sainte Vierge Marie :« Le Saint-Esprit surviendra en vous et la force du Très-Haut vous couvrira de son ombre . Néanmoins la nature humaine du Seigneur est consubstantielle à la nôtre. Le Saint-Esprit adonné au sein de Marie sa fécondité; et en même temps le Logos a pris d'elle-même son corps qu'il a animé d'une âme raisonnable au moment même où il devenait homme ^ ».
Saint Léon est tout aussi exact quand il vient à formuler le dogme contre lesNestoriens etlesEutychéens', eu égard à la réunion du divin et de l'humain dansleGhrist.il enseigne contre Eutychès la dualité des natures même après la réu-
1. Ep. 28 (éd. Bail. I, 807) : Conceptus quippe est de Spiritu Sancto Intra uterum matris virginis,quae illum ila salva virginitate edidit, quemadmodum salva virginitate concepit.
2. Ibid. : Non enim superare possemus peccati et mortis auctorem, nlsi naturam nostram ille susciperet et suam faceret, quena nec peccatum contaminare, nec mors potuit detinere.
3. Ep. 28, 2 (éd. Baller. I, 812) : Sed non ita intellegenda est illa gèneratio singulariter mirabilis et mirabiliter singularis, ut per novilalem creationis proprietas remota sit generis. Fecunditatem enim Virgini Spiritus Sanctus dédit, veritas autem corporis sumpta de corpore est; et aedificante sibi sapientia domum, Verbum caro factum est et habitavit in Dobis, hoc est, in ea carne, quam assumpsit ex homine, et quam spiritu vitae rationalis animavit.
4. Ibid. c. 3, p. 813 : Salva igitur proprietate utriusque naturae et substantiae, et in unam coeunte personam, sucepta esta majostate humilitas a virtute infirmitas, ab aeternitate mortalitas ; et ad resolvon lum condicionis nostrae debitum, natura inviolabilis naturae est unita passi» bili, ut quod no<îtris remediis congruebat, unus atijuo idem mediator Dei et hominum, homo J. Christus, et mori posset ex uno, et mori non posset ex altero... Assumpsit formam servi sine sorde peccati, hnmiina augens, divina non minuens ; (juia exinanitio illa, (jua se invisibilis visibllem praobuit, et creator ac Dominus omnium rerum unus voiuit esse mortalium, inclinatio fuit miserationis, non defectio polestatis.
nion et l'inaltérabilité des [propriété essentielles des deux natures {salva proprietate utriusque naiuraey contre Nestorius l'unité de la personne (i*n« persona). Lanature divine notamment n'est nullement changée et encore moins dépravée; car son essence, puissance et majesté n'ont rien perdu de l'Incarnation mais se sont approchées de nous par sa miséricorde et son amour. C'est bien la nature humaine quia été élevée, quoique n'étant pas changée substantiellement, c'est elle qui a été prise sans péché. Tous les mouvements de la chair ont toujours été contenus sous la direction et la domination du Logos divin et ainsi le moindre souffle du péché ne pouvait effleurer la vie de l'Homme-Dieu. Il est vraiment remarquable combien le pape Léon sait afi'aiblir l'idée d'un changement qui serait survenu dans le Logos par l'Incarnation, en rappelant que les qualités morales manifestées n'impliquent nullement un changement pour Dieu; pas plus que Tètre de la nature humaine n'a été absorbé par cette haute dignité ^ Cependant le Fils de Dieu a contracté avec la nature humaine une union telle, qu'il a en réalité partagé toutes les conditions de l'humanité et supporté lamort^. Mieux encore, notre Père de l'Eglise réfute à l'avance le monothélisme, comme s'il avait prévu cette conséquence des erreurs monophysites, et il ajoute dans ses explications que chaque nature ne garde pas seulement ses propriétés, mais
1. Ep. 28, 4, p. 818 : Sicut enim Deus non mutatur miseratione, ita homo non consumitur dignitate.
2. Ep. 28, 4, p. 818 : Sicut enim Deus non mutatur miseratione, itahomonon consumitur dignitate.
3. Entre autres idées que se fait Dorner {Entwick. Gesch. II, 146) des décisions du concile de Chalcédoine où la lettre de saint Léon est particulièrement sanctionnée, il s'imagine que la différence entre le divin et l'humain est placée en ce que les deux, s'ils se réunissent, se mêlent et l'humain doit être soumis au divin qui se comporte vis-à-vis de lui comme la puissance absolue à l'égard d'une force finie, et cela parce que cette différence ne peut être conçue comme contractée moralement. Or, cet arrangement moral est expressément marqué du côté de la nature divine ; mais la doctrine de ce Père de l'Eglise ne reconnaît pas que dans l'Incarnation une personne humaine puisse librement, de propos délibéré s'engager, dans une union avec Dieu, car elle ne peut professer le Nestorianisme.
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conserve et manifeste môme ses propres opérations, sans doute sous la coopération de l'autre et dans l'unité de la personne*.
Par contre Eutychès qui combat la consubstantialité du corps du Christ avecl e notre tombe forcément dans les errements des Docètes ; il en vient à nier la souffrance et la mort du Seigneur et sa résurrection, à renverser toute la foi. Saint Léon suppose en général qu'Eutychès est d'avis d'accorder au corps du Christ la forme humaineseulement, mais non une existence réelle -.
A la fin il s'explique l'assertion d'Eutychès sur la dualité des natures avant la réunion, comme un retour à l'erreur d'Origène, pour qui le Seigneur apporte du ciel avec lui une âme humaine préexistante, alors que la doctrine de l'Eglise était que l'âme humaine avait été créée et prise au môme moment '.
Le concile convoqué à Ephèse par les empereurs se tint dans l'intervalle, il fut ouvert le 8 aoùt449 parle patriarche Dioscure. Celui-ci profita de l'occasion pour relever, de la façon la plus violente, l'autorité du siège d'Alexandrie illustré par saint Athanase et encore plus par saint Cyrille, à rencontre de l'évêque de Constantinople. auquel le second concile général avait attribué la première place après celui de Rome. L'écrit confié aux légats romains par le pape Léon pour le concile d'Ephèse ne fut pas lu, pas plus du reste que la lettre de Flavien dont il a été déjà question *, ou plutôt toute la discussion dogmatique porta, sur la proposition de Dioscure, sur la question de s.avoir si le terme de deux natures dans le Christ était ou non conforme an sym-
1. Ep. 28, 4, p. 818 : Agit enim utraque forma cum alterius eommunioDc, quod proprium est ; Verbo scilicet opérante quod Vorbi est, et carne exsequente, quod carnis est, Unum borum coruscat miraculis, aliud succumbit injuriis. — 2. Cf. Ep. 36.
3. Kp. 3(>, 3, p. 881 : Ârbitror enim talia loquentem hoc habere per* suasuin, i|uod anima, (|uam Salvator adsumpsit, piMiis in oaelis sit coniniorala, (|uam de Maria vir^ine nasceretur, euutque sibi Verbum io utero copularet.