V. llofélé. Hist. des Conc. II (2' Ev
bole de Nicée, au troisième concile général d'Ephèse et à la doctrine des Pères. Le principe fondamental toujours affirmé par l'Eglise de l'invariabilité et de la substance de la foi fut donc ainsi retourné ici par les hérétiques et dénaturé de façon à rendre impossible tout développement dogmatique ; ainsi au lieu de l'identité et de l'invariabilité substantielle de la foi, on affirme seulement l'immutabilité de la lettre et on accrédite des changements et des altérations essentielles dans le fond même du dogme. La proposition du concile de Constantinople : «Nous reconnaissons deux natures, même après l'Incarnation » fut rejetée ; par contre on admit celle de Dioscure : « Anathème à quiconque après l'Incarnation parle encore de deux natures ».
Dès ce moment la lutte est entre le Monophysisme et le Diophysisme; le nom d'Eutychès ne reparaît plus; la grande question est maintenant de savoir si saint Cyrille et le concile général d'Ephèse ont enseigné l'un ou l'autre.
En attendant, les discussions prirent au sein du conciliabule une tournure des plus violentes. Les évêques Flavien et Eusèbe furent déposés, Eutychès réintégré dans la communion de l'Eglise. Les légats du Pape protestèrent contre ces décrets ; Dioscure n'en contraignitpas moins violemment à les souscrire plusieurs évêques qu'il avait intimidés par des soldats. Flavien en appela sans doute au siège apostolique ; mais il fut maltraité d'autant et mourut bientôt des coups qu'il avait reçus ^
Cependant l'empereur Théodose II confirma le décret de ce concile. Par contre un concile romain, tenu sous le pape Léon, les rejeta et celui-ci continua à faire bien des efforts pour convaincre la famille impériale et les évêques de partout du danger des erreurs euthychéennes. Une s'agissait pas en elfet d'une querelle subtile de théologiens, mais d'une importante question defoiqui devaitêtre reconnuepar tous les enfants de l'Eglise.