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Ep. 59, p. 975, sqq

2. De ce (jui précède, on voit ce que recherche Dorner i toc. cit. quand il expose (m'en étudi<-int Eutychès on n'a pas pensé ii assigner au Soigneur, même apr6s son humanité, un tilro uniiiue, gnU-o auquel 1! est le che( de la véritable humanité et représente la véritable humanité.

tout différent du nôtre, à quoi sert la jouissance de l'Eucharistie et quels effets pourrions-nous en attendre? Du reste l'Eutychianisme ruine le dogme de la Rédemption de la même façon que le Docétisme et l'Apollinarisme, puisque le Christ n'est plus consubstantiel à nous, s'il ne prend une nature parfaitement humaine. Il n'est donc plus nécessairement associé à nous ; il n'est plus le véritable Homme- Dieu ou le second Adam et le père spirituel du genre humain; il n'a pas sanctifié d'abord dans sa personne et divinisé ensuite une nature humaine parfaite, mais une nature étrangère à nous. Ses exemples de vertu n'ont pas d'importance pour nous. Quant à la proposition soutenue par tous les Pères que ce que le Logos n'a pas pris, il ne l'a pas racheté, les Monophysites n'en font aucun cas.

En ce qui concerne les autres articles de foi ruinés par Eutychès, par exemple l'idée de Dieu, saint Léon remarque que Dieu dans cette hérésie est considéré comme immuable au point de vue panthéistique ou que le Logos, comme dans l'erreur arienne, doit être regardé comme un être différent de Dieu et créé. La doctrine orthodoxe rejette aussi bien l'une et l'autre hypothèse, elle soutient l'immutabilité et la majesté infinie du Logos divin môme dans l'Incarnation et dans la souffrance et la mort de l'Homme-Dieu. Car le Logos dans l'Incarnation n'a pas eu à quitter le ciel mais s'est seulement manifesté sous une forme nouvelle et a pris une nature humaine consubstantielle à la nôtre*.

Le pape Léon adressa des lettres dans tous les sens pour assurer la victoire de l'orthodoxie. La mort subite de l'empereur Théodose survint le 28 juillet 450, fort à propos pour celle-ci, car sa sœur Pulchérie, femme très instruite et bien attachée à la foi orthodoxe, qui saisit les rênes de l'empire,

1. Ep. 59, 3, p. 978 : Venit autem non locali accessu, nec motione corporea tamquam praesens futurus, unde abfuisset, aut illinc recessurus, unde vcnisset, sed venit per hoc, quod erat visibile et commune cernentibus dt'clarandus, humanam scilicet carnem atque animam in visceribus virginis malris accipiens, ut manens in forma Dei, formam servi sibimet et similitudinem carnis peccati uniret, per quam non minueret divina humanis, sed augeret humana divinis.

donna la pourpre avec sa main à un officier de valeur, partageant ses sentiments religieux. Ils ne songèrent plus désormais les deux qu'à étouffer l'hérésie dans l'empire et à rétablir l'unité de lu foi, ils poussèrent à la convocation d'un concile général à Nicée et le fixèrent même le 17 mai 451 en vertu de leur commune autorité impériale au l"-r septembre de cette année. Saint Léon ne se montra pas tout d'abord, favorable à cette date, notamment pour mi concile à tenir en Orient ; car il redoutait un retour du Nestorianisme et une lutte intempestive de l'évêque de Constantinople pour reprendre la préséance sur les autres patriarches.

D'ailleurs en raison du court délai assigné, et des misères et des guerres de l'Occident il ne pouvait pas attendre que les évêques latins y prissent une grande part. Cependant il finit par se rendre ; il nomma ses légats et attribua à l'un d'eux, à l'évêque Parchasinus de Sicile la présidence du concile. Peu de temps avant l'ouverture, le concile fut transféré de Nicée à Chalcédoine. Les décrets dogmatiques de ce synode sont des plus importants pour la chrislolûgie.

Après avoir, dans la quatrième session, reçu comme règle ; de foi les symboles de Nicée, et de Constantinople, les! écrits de saint Cyrille adoptés à Ephèse et la lettre du Pape Léon à Flavien, les Pères s'occupèrent dans la cinquième session de dresser une profession de foi. Une commission présidée par l'évêque de Constantinople, Anatolius, en avait préparé une qui souleva quelques contradictions en assemblée générale. On y disait bien que le Christ était composé de deux natures ; mais il y manquait l'affirmation des deux natures dans le Christ même après leur réunion. Une nouvelle commission fut donc nommée ; et elle >e présenta devant l'assemblée avec un symbole qui reçut un assentiment général.

Celui-ci aussi se référait au symbole de Nicée et de Constantinople, aux lettres de saint Cyrille et aux écrits du saint archevêque Léon de Rome et il était dit : ei Le suint

concile est opposé à ceux qui cherchent à diviser le mystère de rincaniation entre deux Fils, il exclut de la sainte communion ceux qui osent tenir la divinité du Fils unique comme capable de souffrir et il résiste à ceux qui imagi-" nent un mélange et une confusion des deux natures dans le Christ ; il exclut aussi ceux qui soutiennent que la forme d'esclave que le Fils nous a prise est d'une essence céleste ou différente en quelque façon delà nôtre, et il anathématise ceux qui prétendent que avant la réunion il y a eu dbux natures du Seigneur et une seulement après la réunion. A la suite des saints Pères nous enseignons tous à l'unanimité un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ parfaitement Dieu, et parfaitement vrai Dieu et vrai homme, constitué par une âme raisonnable et par un corps de même nature que le Père pour la divinité, de même nature que nous pour l'humanité; en tout semblable à nous^ excepté pour le péché, engendré avant tous les temps pour la divinité ; mais enfanté dans ces derniers jours, quanta son humanité parla Vierge Marie, mère de Dieu, pour nous et pour notre salut ; manifesté en deux natures^ sans confusion, sans transformation, sans division ni séparation ; en même temps la différence des natures n'est point contestée à cause de l'union ; chacune garde plutôt ses qualités particulières et toutes les deux se réunissent en une personne ou une hypostase. Nous ne reconnaissons pas un Fils séparé et divisé en deux personnes, mais un seul et môme Fils unique, le Logos de Dieu notre Seigneur Jésus-Christ ; comme les prophètes l'ont déjà annoncé de lui, comme il nous l'a lui môme enseigné et que le symbole des Pères nous l'a livré. Comme donc nous avons marqué cette distinction

1. Le texte grec actuel porte, il est vrai, ix Sùo jjùjswv, mais l'ancieaae traduction latine lisait : in duabus naturis. Ceci, est bien d'après ce qui a été dit précédemment sur l'expression de deux natures, la vraie leçon. Même les raisons extrinsèques (V. Héfélé, Hist. des conc. II (2' Ed. 470, 471), sont en faveur de la leçon originale, h Sùo <pù-7z7i; elle se rencontre en effet chez plusieurs écrivains grecs qui font l'histoire du concile de Chalcédoine.

avec le plus grand soin et la plus complète exactitude, le saint concile général a décidé que personne ne puisse présenter, souscrire, soutenir ou enseigner une autre foi ».

Emiettement du Monophysisme; sa décomposition en plusieurs fractions hérétiques

Le concile de Chalcédoine ne mit pas fin aux querelles monophysites. En Occident les décrets dogmatiques du concile trouvèrent partout bon accueil. Ici les termes de deux natures et d'une personne avaient depuis longtemps prévalu dans le langage usité, ils ne soulevèrent jamais d'opposition sérieuse. Au contraire dans l'Orient de langue grecque la terminologie n'était pas constante, on devait même craindre de la part des Alexandrins que le parti issu du Nestorianisme et composé d'Orientaux et d'Antiochéens ne considérât les décisions de Chalcédoine comme une victoire sur Cyrille. De là le mécontentement des Egyptiens et d'un grand nombre de moines, qui pourtant désapprouvaient

1. Mansi VU, 116 : Tct; ts yàys eti ùl&v S'joiSarô Tf,i oixavofiioci èiv.<sT:â.v kr.tyii.poOai ix\j<jzr,pi<jv 7r«/5«TarT£Tat, y.u.\ T0Ù5 T.c/Sr,rfy toû fi.ovo-/VJOitz, /syecv TOZ/icSyraç r/;v

fleCT>JT«, TOO TÛV iscHv à7TWÔâ(T«t (jV/.).CyOU , Xai TO«î êTTJ T&V SÙO p'JffêWV TSCl X^tTTSÛ

xp&aiv >î siyx^ctv itiivooutsiv ôai6i7ta.Ta.i' xv.'t roiii oiipayio'j i) trépKi Ttvèî ùncipy^siv svji'as Tr,v èf K/tûv yr,f6st<7av «ÙTû toO Soùj.ou /Ji0p^r,v Ttv.pot.'not.iovTX.i sÇs/aùvcc • x«i T0Ù4 Sùo fièv Ttpb Tf,i évwffecoç oùittiç, toO xi/piou f/.'j6s'jovT«.i, ftca.v Sk yusrà tï;v hcociv àvaTt/ar- TOvrecç, oaïKÔe/iKTiÇEi, 'Endfisvoi roivuv zoîi âyi'ot; ttotxpà.itv Iva x«i tôv aùrèv ifjio'/.oytrj i)ièv TÔV xùpiov YifiSiv 'I>3<r5ùv X|OioTÔv avfji^ùvui ânxvrsi €x5«5àaxo/têv, tî/ôjsv tov aùrov kv 6£0T>;t« xal ré/tiov tov kÙtcv kv à.v6poiT.c-:r,Ti, 6ïôv àjrfi&i xoù «yOpoiTtov iùrfjùi:, rôv aÙTÔv, èx ^v^f^i ).0'/ix^i XV.I aùp-uroi, é/iOCi>ïtov roi "nonpi xarà rr,v 6s6rr,zv. xx'i c/xo- Oijatov rèv avrbv r-ifiiv xaxU t»;v ccvdptaliGTr/rv., xrxxù Trotvra ôuotsv hf-ïv, X^P'i àu.upTiv.i' TToô a<6J»wv fxiv ix zoO TSKTpài ysvvrfizvrK xxtx txv OzdTr,ra, sn' Sî-j^otTyjv 0£ Tciv riusp'jjv ràv avTov Si' r,ixà.i xv.i 5t« t'/;v rii/.irép«.v auTyipiav sx Mapioci Tf,i 'not.pBivnM Tf,i Ouroxyj xarà rr,v àv^pcoTrcTïîTa, kva. xod zbv vxnbv \piJTdv, vibv, xùpiov, /lovoysv/;, ix S'jo f^i'jiv

à(TV/;fliTWÇ, àTOêrTWÎ, àSlKipirUi, à.X(t)pi7TCiii yvUpiÇb/JLSVOV OÙSa^UOÛ Tf,i TÛV ^[j^iOlV

SioLi-opAi àvr,prifjLivrii Siài Tv;v é'JU7iv, suS^o/iivr.i Si fi6uJ.ovTf,i iSibrrirOy kxa.7sp<xi j.jts?o^, x«i £('; iv irpodoiTTOv xoci ft-ioty ùnoTrxsiv rjvrpsxo<j^t;i, oùx ti'j Suo ■npoibiTttx. ^ai^Ùo.usvoK >5 SiKtpoiJpsvbv, ôdy é'va xaî tov Minbv vibv xa« ftavoytvijy dtbv ioyow, xùpiov 'Injo^Ov Xjsca-TC'v, xa.ûci.Tiip civadiv oi ltpoff,Tut nepi ocùroû, xa« ainbi vi/ji«; i xùpio; 'lij^^ùi Hpiarbi if«7ra(5»u« x«c tô tûv TtXTipuv rifiïv nocpoiSiSùixt aùfxQoXov x. t. à.

ÉMIETTEMENT DU MONOPHYSISME 545

tout autant l'erreur d'Eutychès. On ne peut notamment excuser les moines de s'être ingérés tumultuairement dans les querelles de la foi et de s'être attachés opiniâtrement à une formule particulière, sans avoir acquis l'intelligence nécessaire de son rapport étroit avec l'ensemble des dogmes.

A la tête de ces Monophysites au sens étroit se plaça après la fin du concile un moine alexandrin du nom de Timothée. Il se rendit précipitamment en Palestine, y provoqua une révolution parmi les moines, fit avec leur aide, chasser le patriarche Juvénal de Jérusalem et se fit élever lui-même sur ce siège, rendu ainsi vacant par la violence. Cependant Juvénal fut rétabli par l'Empereur (453) et Timothée fut chassé.

Les Monophysites cherchèrent également à s'emparer du siège patriarcal d'Alexandrie. Après la mort du pieux empereur Marcien (457), Timothée surnommé Aeluros (le chat) et Pierre Monge (l'enroué) se placèrent à la tête des mécontents et provoquèrent une révolte dans laquelle le patriarche légitime Proterius fut mis à mort et Timothée Aeluros, élu patriarche. Mais le nouvel empereur le bannit bientôt après, avec l'approbation de presque tous les évêques du concile de Ghalcédoine et il provoqua l'élévation d'un autre Timothée, dit le Sage, sur le siège vacant d'Alexandrie.

A Antioche, le monophysite Pierre le Foulon, amena le patriarche Martyrius à renoncer à ses fonctions, et il fut élevé lui-même sur le siège vacant. C'est lui qui donna lieu à la querelle dite des Théopaschites en ajoutant dans leTrisagion après le mot Fils la phrase : « qui a été crucifié pour nous ». On peut bien admettre en un certain sens la communication des attributs de la nature humaine à la divine, si on envisage d'une manière abstraite l'Homme-Dieu et non la nature divine seule, comme sujet de ces souffrances, mais chez les Monophysites cette addition servait à attribuer la souffrance à la nature humaine et à la nature divine prises en soi. Cependant à Antioche aussi, l'évêque orthodoxe fut bientôt rétabli par l'empereur Léon I^r. Plus tard en 519,

cette addition fut défendue par les moines scythes, comme un schibolelh contre le Nestorianisme et contre l'Eutychianisme.

Des jours favorables pourles Monophysites se levèrent dès 475, avec l'usurpateur Basilisque, qui obtint de 500 évêques une adhésion à un anathème contre les décisions du concile de Chalcédoine. Sans doute liasilisque fut chassé peu après par Zenon, mais celui-ci se laissa conduire par Accacius, le patriarche de Gonstantinople et Pierre Monge, patriarche d'Alexandrie, à publier en 482 un édit, l'hénoticon dans lequel l'anathème était bien prononcé contre Nestorius et Eutychès et les anathéinatismes de Cyrille approuvés, mais où étaient évités les termes de deux ou une seule nature et le symbole de Nicée et de Gonstantinople reconnus avec cette adhésion : Quiconque pense ou a pensé autre chose que ce qui a été proclamé soit à Chalcédoine, soit en quelque autre concile, qu'il soit anathème. Plusieurs évoques, parmi eux les patriarches de l'empire romain d'Orient en tête, acceptèrent l'hénoticon, mais ce ne furent pas seulement les orthodoxes, mais aussi les Monophysites rigoureux qui ne furent pas contents de cette demi-mesure et ils fondèrent à Alexandrie un parti indépendant du patriarche, les Acéphales ou sans tête.

Le pape Félix III, s'employa en faveur des orthodoxes auprès de l'empereur, et il prononça l'excommunication contre Acacius, c'était le premier schisme entre Rome et Gonstantinople, il sera détruit en 519. Dans l'intervalle les dissensions et les luttes continuaient entre les orthodoxes et les diverses fractions des Monophysites. Ainsi lorsque à Antioche, le patriarche Flavien se fut déclaré pour les orthodoxes, Xenajas, évoque d'Hierapolis, un monophysite zélé, provoqua une révolte contre lui, le chassa de son siège et y fit asseoir le moine Sévère (511), qui devint vers 520, le chef d'un important parti, les Séveriens».

i. Angelo Mal a publié dans la Nova coll. Scrip. vet. tom. VII, plusieurs fragments de ses écrits qui se trouvent déjà dans Migne LXXXVI .

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Sa doctrine devait tenir le milieu entre le monophysisme rigoureux et ia foi de Chalcédoine. il était en effet, partisan de l'hénoticon • il pensait avec plusieurs que le concile avait abandonné la doctrine de Cyrille, et il prétendait n'avoÎT en vue que le rétablissement de l'a-utorité du grand docteur Alexandrin. Il rejeta donc l'expression : < en deux natures i> , et voulut que le Seigneur eût été constitué par deux natures. Après leur réunion, on devait encore bien distinguer les qualités respectives de chaque nature, à savoir les qualités propres du corps humain, de celles de la nature divine, si bien qu'on pouvait parler d'une pluralité de natures dans le sens des qualités essentielles ; cependant il ne voulait pas admettre deux natures, parce qu'ici la notion de nature était entendue en un sens particulier et il impliquait alors néces sairement l'idée d'hypostase ou de personne ou d'être subsistant en soi (o->rtà «Sto5WT«ro,-) * . On s'arrêta donc à cette dernière idée; car pas plus chez Séverîn que chez les autres Monophysites on ne trouve confondues les idées de nature et d'hypostase. Sévère pensait qu'il ne pouvait se produire une manifestation particulière de chaque nature qu'au sens où elle avait été exprimée dans la lettre du pape Léon et adoptée par le concile de Chalcédoine, à savoir que si chaque nature subsistait par elle-même et formait un foyer distinct d'opérations propres à elles". Une double espèce d'opérations supposait donc une dualité de natures, comme Nestorius l'avait admis. Sévère veut donc n'admettre qu'une série d'opérations humano-divines (QsavSptxi;! èvàpysttz) tout comme une seule nature humano-divine et là dessus les

1. A ce sujet, saint Maxime dit dans an écrit sur les modes d'opération et sur la volonté (Edit. Comteûs, t, II, 20, Migiie XCI, 44): JVestoriu.s imagina la conformité dans les tendances des volontés (du Logos et de l'Homme Jésus) pour séparer les deux natures l'une de l'autre, mais Sévère inventa ia distinction des propriétés naturelles et des qualités pour confondre les deux natures.

2. Fragment de Sévère, chez À. Mm VU, 71 ; 'H crû»o5«s XK>y.<?5«>voç nai AstiT» . - . Ovo «yffctç hzL ^MrTrvj -/.xi Siio to-jtwv È>îoy5ia; OM'ji.usjoi ftErà tj^v TOOKOTOv é'vwTi», 5o:*.iwj mof)t^fx.~it,mHr>i'7KV^ wg "zrrt ê*« XpitTTÀv etj Svo Trpôtojttk xKTKpisjoîtTonrtTç, (r) 'jT.p hepysi ttote ywtrt? O'jpj xr^svrûvx.

Sévériens s'autorisaient d'une conférence religieuse tenue en 533 par Justinien sur les écrits de Denysl'Aréopagite, qui enseignait absolument la même choses Celui-ci n'a pas cependant parlé, comme nous le verrons, au sens des Monothélites ultérieurs, d'une seule espèce d'opérations dans le Christ, mais signalé les opérations humaines du Logos aprèrincarnation comme des opérations différentes de celle des autres hommes, ou bien toutes nouvelles et en vérité humanos divines; et c'est par cela qu'il explique sa dualité et non son unité.

Avec ce que nous venons de dire, la controverse se transportait sur le terrain même du Monophysisme et ici il n'était pas toujours facile de répondre aux objections soulevées, car ici il ne servait plus de rien de tracer la ligne de démarcation la plus exacte entre la nature et la personne.

Sévère alléguait ordinairement l'union de l'âme et du corps. Comme ici une nature résultait de l'union de deux substances différentes, il fallait admettre la même chose dans le Christ.

Cependant si acceptable que puisse paraître à première vue la théorie que nous présente Sévère d'une nature humanc-divine, ses arguments perdent toute importance

1. Mansi VIII, 820 C, 82t D. Harduin, Act. Conc. II, H62 C, 1163 C. Héfélé, Hist. des conc. II (2' éd. 748 sqq.). L'authenticité des écrits du prétendu Denys l'Aréopagite ne fut point reconnue ;"» la conférence par les orthodoxes, comme par exemple Hypatius d'Ephèse, par la raison que les anciens Pères, y compris saint Athanase et saint Cyrille, et spécialement Eusèbe Pamphile, dans son catalogue des anciens écrivains ecclésiastiques, n'avaient pas connu les écrits de l'Aréopagite. Cependant, plus tard, d'autres défenseurs de la doctrine orthodoxe, Léontius de Byzance [de Sectia, actio 3), Anastase le Sinaïte et en particulier saint Maxime, admirent l'authenticité de ces écrits et les défendirent contre les interprétations des Monophysites et plus tard des Monothélites. Ce dernier composa des scholies sur les écrits de l'Aréopagite, leur témoigna beaucoup de vénération et contribua beaucoup à accroître de plus en plus leur crédit au moyen Age et à faire de ces écrits le fond de la théologie mystique, il est donc souvent cité comme une autorité, môme par saint Thomas. Vraisemblablement ces écrits ont pour auteur un Denys de l'église d'Alexandrie où les tendances mysti(|ues prédominaient au iv siècle, et ils appartiennent à la lin du iv' siècle ou au commencement du v siècle.

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après un examen plus attentif. Si la nature humaine doit continuer à subsister encore avec ses propriétés essentielles, elle doit aussi garder son propre mode d'opération, car c'est en cela que la nature humaine se manifeste comme telle ; mais il ne résulte pas de là que le principe dirigeant de ce mode d'opérations (le principium quod) doive résider dans la nature humaine elle-même, ou qu'elle ne puisse pas subsister en Dieu comme hypostase. La nature est accompagnée de son mode d'opération; mais qu'elle doive exister en soi et qu'elle ne puisse habiter dans le Logos comme dans son support personnel, ce sont là de simples affirmations de Sévère que n'accompagne aucune preuve.

L'analogie qu'il tirait de l'homme ne prouvait rien davantage. Le corps envisagé en tant que partie de la matière informe n'est pas une substance en soi, mais seulement une substance potentielle qui s'unit à l'âme pour former une nature, ou une substance ou une personne humaine. L'union hypostatique dans le Christ est par contre beaucoup plus intime que cette dernière union ; car dans le Christ les attributs d'une nature peuvent être communiqués à l'autre et cette union est même, au moins du côté delà nature humaine, inséparable et indissoluble, tandis que l'âme et le corps peuvent être encore séparés l'un de l'autre. D'autre part cette union doit être distinguée de l'union du corps et de l'âme en ce que, dans l'Incarnation, ce n'est pas une nature imparfaite comme celle qu'est pour nous le corps séparé de l'âme qui s'unit à une nature parfaite, mais deux natures parfaites qui s'unissent de manière à former une unité personnelle.

Et Sévère n'emploie pas un argument moins faux quand il prétend qu'en admettant un mode d'opération spécifiquement humain, il ne faut pas seulement supposer une nature humaine, mais aussi une hypostase humaine. Le mode d'opération humaine nous devons, il est vrai, le rapporter tout d'abord, dans le Christ, le Seigneur, à sa nature humaine, comme âu princiinum quod ; il faut donc chercher un foyer central, et une hypostase ou une substance et ici, sur le terrain

spirituel, une personne; seulement il ne s'ensuit pas de là que ce principe central doive résider dans la nature humaine. Il n'est nullement incouipatible avec la nature humaine que son support personnel soit dans le Christ; en d'autres termes que nous rapportions cette activité et ce mode d'opération dans le Christ au Logos pris comme liypostase.

Sévère voulait donner comme preuve du mode unique d'opération dans le Christ sa marche sur la mer, parce qu'ici il se manifeste une action qui n'est ni purement humaine, ni pui'ement divine^ Les paroles du pape Léon affirmant que le corps opérait dans le Christ ce qui était du corps scandalisaient, car il se produisait là une activité supérieure à la nature humaine.

Mais les Pères orthodoxes ne niaient pas l'élévation, le perfectionnement, ni même la déification de la nature humaine surtout après la résurrection de la chair, mais Us soutenaient tout cela sans se croire tenus à admettre une transformation de l'être de la nature humaine et un accroissement de la divinité et de l'humanité en une seule nature. Diverses privations et imperfections qui avaient été absolument incompatibles avec l'Homme-Dieu lui avaient été complètement enlevées et il lui avait été accordé des perfections particulières de la nature humaine. Mais par là même elle restait encore une nature toujours finie et humaine, incapable de recevoii' l'absolue perfection de Dieu ^

Il est surprenant que Sévère, bien qu'il admit une seule n ature humano-divine composée dans le Christ, ait soulevé

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