‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 127 sur 166 · A. Mai VII, 28o sciq · texte numérisé non relu

A. Mai VII, 28o sciq

2. C'est à fort que Dorner {loc. cit.) troiivo insnffisanlr cotte façon d'argDinenter et dit (p. 170) : « 11 a été déjà remarqué qu'ils tombent par là en contradiction avec leur doctrine antérieure de la dillérence essentielle des deux natures. Car, si nous concevons cette communication do puissance sans mesure, la naJure humaine possède comme son bit-n et co n>me son être véritable et le plus véritable les attributs divins (|ui constituent l'être divin u. Une nature linie créée ne devient jamais, mémo par une communication de puissance sans mesure, quehiue

chose (l'absolu, pas plus qu'en les additionnant on en multipliant le temps» on n'obtient l'éternité.

ÉMIETTEMENT DU MONOPHYSISME 551

cependant l'opposition d'une fraction des Monophysites, les Aphthartodocètes et qu'il ait enseigné la corruptibilité du corps du Christ. Ceux qui insistaient particulièrement sur ce point furent nommés les Phthartolâtres. Pour Sévère, en dépit de son Monophysisme, il prétendait faire subsister encore dans une nature humano-divine les propriétés du corps comme celles de la divinité, de telle façon cependant qu'il restât possible au Logos même à tout moment de recourir à une illumination. Le parti opposé, à la tête duquel se trouvait Julien, évêque d'Halicarnasse, le parti des Julianistes ou des Aphthartodocètes, enseignait au contraire que la partie corporelle du Seigneur avait été mise en partage, dès l'Incarnation, d'une vie indestructible et qu'il avait été élevé par sa nature au-dessus de toutes les privations et nécessités physiques. D'après leur sentiment, le Seigneur avait donc dû, pour souffrir, recevoir par amour la possibilité même de souffrir puisque son corps en était de soi incapable. Un parti alla même jusqu'à nier le caractère créé du corps du Christ et à lui attribuer le titre d'absolu et d'incréé, ce fut le parti des Actistètes. Les orthodoxes se tenaient ici aux côtés de Sévère et plusieurs combattirent plus tard expressément l'opinion des Aphthartodocètes ; parmi eux Léontius de Byzance* au iv* siècle, saint Jean Damascène- et saint Fulgence'.

L'étude du corps du Christ devait soulever de semblables débats sur l'âme humaine de Jésus. Ainsi ce fut le diacre Thémistius d'Alexandrie* qui, après la mort de Sévère, soutint l'ignorance du Seigneur dans son âme humaine et fonda le parti des Agnoètes ou des Thémistiens. Sans doute cela avait été enseigné par la plupart des Pères antérieurs, quand ils voulaient expliquer contre les Ariens les passages de saint Marc (XIII, 32) ; les Agnoètes invoquaient même saint Marc (V,9), saint Matthieu (XX, 32, XXI, 19), Luc (II, 52, VIII, 30), Jean (XI, 34). Mais saint Hilaire avait déjà donné de cespassa-

i. De seclis act. 10 {Migne LXXXVI, 1259).— 2. De orth.III, 20.

Page 1