‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 130 sur 166 · Cfr. V^^alch. Ketz. Hist. 8, 796 sqq · texte numérisé non relu

Cfr. V^^alch. Ketz. Hist. 8, 796 sqq

relies monophysites. Le monophysite Jean Ascunages professeur à l'école de philosophie de Coiistantinople fit passer la synonymie des notions de personne et de nature j usque dans la Trinité et il soutint qu'il fallait admettre ici trois natures comme trois personnes. Un autre membre important de cette secte fut Jean Philoponus qui enseigna en outre des erreurs sur la résurrection, et un peu après vers 600, Etienne Gobarus. Mais la secte trouva peu d'écho chez les Monophysites et elle fut plutôt soutenue par le patriarche d'Alexandrie, Damien, qui à son tour tomba dans une autre erreur celle des tétradites en voulant attribuer à l'essence de Dieu une existence particulière distincte de celle des personnes.

Finalement une nouvelle fraction, celle de Nobites, fut fondée encore par un philosophe Etienne Niobès d'Alex-» andrie ; elle rejeta la différence établie par Sévère entre l'humain et le divin, sous prétexte qu'il y avait là une inconséquence, du moment que ces deux parties étaient incompatibles avec l'unique nature humano -divine qu'on disait être dans le Christ*. Si on voulait soutenir la différence des deux natures même après leur réunion, il fallait aussi admettre deux natures. Deux monophysites instruits Probus et Jean Barbut passèrent plus tard vers 590 de cette secte à la foi orthodoxe, parce qu'ils voyaient très bien ce qu'il y avait de faux dans la position intermédiaire prise par Sévère, mais ils ne voulaient pas encore accepter les conséquences du monophysisme rigoureux, la suppression de l'humanité ouïe docétisme; ils avaient ramené plusieurs des égarés du patriarcat d'Antioche.

Mais malgré les luttes intestines des partis sur leur propre camp, malgré toutes les persécutions des Empereurs Justinien I et Justin II, les Monophysites se maintinrent en Syrie, dans le patriarcat d'Antioche en Arménie et en Egypte. En Syrie fut élevé en 541 sur le siège épiscopaJ d'Eldesse le moine Jacob Baradaï qui rassembla les hérétiques dispersés, leur donna des évoques et des prêtres et •devint le second père de la secte, si bien que les Monophysites de Syrie s'appelèrent, de son nom, Jacobites.

PÈRES ANTIEUTYCHÉENS 555

Des termes de natnre et personne chez les Pérès antieutychéens, en particulier chez Léontius de Byzance et chez Boéce

Le profit que le développement du dogme tira de ces luttes que nous venons de raconter ne fut pas considérable. Sans doute le nombre des écrivains qui combattirent les erreurs sous leurs différentes nuances fut assez élevé*, mais beaucoup d'entre eux ne figurent pas parmi les Pères de l'Eglise quelque peu célèbres ; dans ce qui suit nous ne reviendrons que sur un petit nombre, à savoir Léontius de Byzance, saint Maxime et saint Jean Damascène.

Mais il est un point de doctrine que nous devons examiner de plus près en raison des explications de tous genres qu'il a provoquées ; il s'agit de la différence des termes nature et personne dfixji:, ■j-riTzcrTi;). Pour les Monophysites ces deux idées étaient identiques, tout comme pour les Xestoriens quoique ceux-ci eussent abouti à un résultat tout opposé. Pendant que les uns concluaient de la dualité des natures à la dualité des personnes, les autres déduisaient de l'unité de la personne, l'unité de la nature. Dans les controverses précédentes sur la Trinité, la seule différence attachée à ces deux termes c'est que la nature était le genre universel auquel venaient se joindre les qualités particulières (i^iyA iSt'Vara) quaud il s'agissait pour une nature de devenir une hypostase et d'acquérir une existence distincte. Le concept d'existence distincte fut pendant ce temps négligé. A la première opinion se rattachèrent même les Monophysites.

Pour eux en général la nature en tant que genre universel ne pouvait exister sans qualités particulières. C'était là une vérité expressément soutenue par la philosophie, notamment dans la théorie aristotélicienne de la connaissance, et

1. Walch. Historié (1er Ketzereien, 8, 827 sqq. en cite 34, arec leurs écrits polémiques.

généralement reçue. Mais les Monophysites conclurent de là que la nature, pourvu qu'elle fût revêtue de ses qualités, ne pouvait exister en général qu'à l'état d'hypostase. Le dogme interdisait donc, pensèrent les Monophysites, d'admettre dans le Christ deux hypostases ; on devait nécessairement s'en tenir à une hypostase : ainsi il n'y avait dans le Christ qu'une seule nature, à savoir une nature humanodivine.

Les divers écrivains ecclésiastiques ne pouvaient tenter que des efforts infructueux, s'ils admettaient que le Christ n'avait pas pris en réalité de nature individuelle, mais seulement la nature humaine générique. On pourrait tout au plus prendre pour base l'idée que le Christ, le Seigneur, en tant que second auteur et chef de l'humanité rachetée contenait, pour ainsi dire, en lui-même toute l'humanité si bien que ce qui s'est passé en lui a rejailli sur l'humanité, et a tourné à son profit.

C'est de cette façon que s'expriment Anastase le Sinaïte', Ephrem l'Antiochéen', Marins Victorinus^, Théodore d'Abucara*, tous inexactement ^ Cette façon déparier était toujours inexacte et les Monophysites n'avaient point à se dédire. Ils entendaient les expressions des Pères en ce sens que le Fils de Dieu se serait, à leur avis, unil'élément général de l'homme ou de la nature humaine. Mais alors, il est vrai, aucune incarnation ne se serait produite. Mais ce n'était pas là le sens dans lequel il fallait entendre le langage des Pères. Avec saint Grégoire de Nysse^,,ils parlaient plutôt d'autres principes philosophiques et ils admettaient, conformément au futur réalisme exagéré du moyen âge, l'existence d'une nature humaine générique en soi. Mais même sur les particularités individuelles de la nature humaine ils

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