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PÈRES ANTIEUTYCHÉENS 557
se faisaient des idées erronées quand ils les niaient et qu'ils ne distinguaient pas les qualités de la nature de celles de la personne.
A. Parmi ces théologiens de l'Eglise grecque qui luttèrent avec le plus grand succès contre les diverses sectes nestoriennes et monophysites et qui préludèrent aux décisions du cinquième concile général, la première place revient à Léontius de Byzance. Sur sa vie nous savons le peu qu'on peut déduire de quelques passages de ses écrits. D'après cela il serait né entre 480 et 490 à Byzance ou en Scythie d'une famille honorable... Après s'être voué à la vie religieuse, il fut, étant moine, entraîné dans l'hérésie nestorienne, mais il fut bientôt ramené à de meilleures idées par la fréque ntation de théologiens instruits et dès 519 il devint un des p lus grands défenseurs de la foi orthodoxe. Il mourut peu avant le cinquième concile général vers 543 ^
1. Un des résultats des querelles nestoriennes et monophysites fut de fixer le sens des termes nature ^i personne dans la Ghristologie et, à ce point de vue, Léontius eut pour l'Eglise grecque une action décisive en un certain sens-. Il prend pour point de départ le sens originel de ces expressions, d'après lequel la nature comprend l'être et ce qui appartient à l'espèce ou le genre ; l'hypostase au contraire implique en outre l'existence en soi (tô -/«ô' £«ut&v eîvat) de l 'individu et les qualités (iSioptara) de l'individu (différentes des propriétés de la nature). Une hypostase peut donc, pour la nature, être la même qu'une autre ; ainsi Pierre et Paul ont sous le rapport de l'espèce, la même nature humaine, mais numériquement les hypostases sont différentes de la nature. L'hypostase peut aussi être composée de natures différentes qui ont entre elles un être commun, sans qu'elles
1. Sur sa vie il y a des renseignements plus étendus chez Loof : Léontius de Byzance, dans les u Texten nnd Untersnchunge » sur l'ancienne littérature chrétienne de Gebhardt et Harnack, 1887.
2. Ses écrits ont été publiés chez Migne P. gr. LXXXVI et parmi les écrits incontestablement authentiques flgurent les Triginia capita adi\ Seiertuii; C. Nesloriutu et Eut.
ajoutent ainsi un complément à leur propre être*. Cela se produit dans la réunion du corps et de l'âme en une hypostase humaine et dans celle de la nature humaine et de la nature divine en une hypostase d'Homme-Dieu, d'une manière analogue mais non identique. Par là on voit clairement pourquoi Léontius nomme parfois le corps et l'âme les deux natures de l'homme-, quoiqu'il parle aussi, conformément au langage à bon droit usité, d'une seule nature humaine à laquelle tous les hommes participent et grâce à laquelle ils sont ô|xooûTto£. Léontius donne absolument la même explication dans Vécviixidversus argumenta Severi % quand il assimile la f(j<ji<; à l'oùo-ta et donne comme caractéristique de l'hypostase la singularité, l'existence en soi et les propriétés personnelles.
Par là toute hypostase est en même temps une seule nature, mais toute nature n'est pas une hypostase. La nature peut aussi subsister dans une autre hypostase et nullement la sienne propre, et elle n'est pas alors un simple accident, mais quelque chose d'existant, se substituant dans une autre hypostase, comme par exemple la nature humaine du Christ
était un £vy7ro'T-«TTOv £v Toj )>oyw * .
2. La consubstantialité de la nature humaine du Christ et de la nôtre est une supposition qui s'impose pour l'œuvre rédemptrice du Christ, comme l'avaient déjà démontré de la façon la plus péremptoire, les anciens Pères, par exemple saint Irénée. Léontius repousse donc l'opinion des Aphthartodocètes qui attribuaient au Christ un corps déjà incorruptible sur cette terre. Le Fils de Dieu a pris, à cause de nous, une nature capable de souffrance, d'une façon surnaturelle, sans doute, dans la virginité incorruptible de la mère de Dieu, et il a souffert en toute liberté, d'abord parce qu'il était au pouvoir du Fils de Dieu ou d'écarter ou de subir la douleur, ou parce que l'Homme -