Basil., G. i;u». I
dir«cte et absolue. L'essence de Dieu, d'après les Pères, c'est l'êlre absolu ou simplement l'être au sens positif où il appartient à lui et rien qu'à lui^ La qualité d'être impro.luit, d'être sansdevenir, peuLaiD^^i être attribuée, toujours xxT'wrfvotav, à la svib^tance de Dieu ; mais elle n'en donne pas une définition adéquate. C'est bien -ce que dit saint Basile : « Que la substance (de Dieu) soit sans devenir, je puis bien le soutenir, mais non que la qualité d'êtrr improduit constitue la substance* », c'est-à-dire s'étende tout aussi loin qu'elle.
6. Saint Basile pouvait mettre les hérétiques dans l'embarras en leur demandant par quel moyen nous pouvions ai'river à une parfaite connaissance de Dieu. De l'idée générale de Dieu telle qu'elle se forme spontanément dans tous les h' mmes (ùt TTî xoivYiî eùvoîa;) OU uc pouvaifc tirer une intuition parfaite de l'essence, car cette idée nous montre bien que Dieu est, mais non ce qu'il est, ou en quoi consiste acua essence.
La notion la plus précise de l'idée de Dieu, nous la devons à une fidèle contemplation de son œuvre ; mais Bunomius ne saurait même pas en parler, car pour lui le mande n'est pas l'œuvre immédiate de Dieu. Elncore moins peut-on tirer dessamtes Ecritures cette parfaite connaissance de Diau : celles-ci enseignent eixpresaémeat l'incompréheQ^ibilité de Dieu (Psalm. CXXXIX, (3. Is. LUI, 8. Rom. Xi, L^3).
En somme, Eunomiurf perdait tout moyen d'an'iver à une connaissance naturelle de Dieu, du moment qu'il se refusait à voir dans le monde la révélation directe de Dieu. Dans sa théorie de la création, le Saint-Esprit a créé le monde présent ; lui-même a été créé par le Fils, qui est à son tour la créature du Père. Tout ce que cette doctrine permettait à Eunomius, c'était de soutenir que des œuvres de la Création il était possible de remonter à la substance et à l'essence du Saint-Esprit, de celles-ci à l'être du Fils» et du Fils à la substance du Père ou Dieu suprême. Mais dans
4. Greg. Naz., Orat. 2S, c. 9 (éd. Maiir). — i. Basil. /. c. 1, 44. Cf. Greg. Nyss., C. Eun. XI! (Migae,XLY, 920).
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te ite cette série de déductions, il n'y avait plus de lien. Saint Basile fait remarquer qu'on ne saurait encore, d'après les créatures et leur manière d'être, connaître parfaitement la substance du Créateur. Des œuvres ou remonte tout d'abord à la puissance et à la sagesse du Créateur, mais on ne saisit pas par elles toute la puissance de Dieu. Elle ne s'est pas en effet manifestée tout entière dans le monde fini, encore moins s'y est-elle épuisée. Si Dieu avait employé toute sa puissance dans la création, comme il l'a fait sans doute dans la production du Fils par l'être du Père, ou pourrait conclura immédiatement de la création, comme du Fils on conclut à l'e&seiice du Père. Mais Eunomius n'admet pas une pareille production par l'essence, et, dans la création, la puissance de Dieu a dû mêmi .-^e restreindre ; en tout cas, elle ne s'est pas manifestée dans sa plénitude, puisque beaucoup d'autres moiides encore sont possibles. Cependant, en admettant qu'on pùL, d'après les œuvres, connaître immédiatement la substance de l'ouvrier, ou conclure de la ressemblance désœuvrés à celle des auteurs, il fallait que le Fils et le Saint-Esprit fussent semblables ou égaux au Père, puisque leurs œuvres sont semblables ou égales, du moins dans l'hypothèse d'Eunomius. Mais alors il résultait de là une conclusion dont Eunomius ne voulait à aucun prix^
7. Ce qui empêcbait encore de prendre, autrement qu'avec une apparence de vérité, l'agénésie pour l'essence de Dieu, c'est qu'on y comprenait l'absence de devenir et qu'on identifiait la racine ifEwotu fje produis) avec ^ipopai (je deviens). Et si l'on prétendait encore, par cet attribut essentiel, exclure le Fils de la catégorie du divin ou de l'essence divine, il fallait entendre par agénésie l'absence de production, la simple relation du Père et du Fils, ce qui revient à prendre l'idée d'agénésie dans un sens tout différent ; car avec la filiation le Logos reçoit la qualité d'être produit; par contre, il partage avec le Père la qualité d'être sans devenir *.