Actio 12. Mansi XI, 526 sq
LE MONOTHÉLISME 573
un parti de Monophysites, celui des Sévériens ou des Théodosiens comme on les appelait à Alexandrie, et cela grâce à une profession de foi monothéliste. Cette profession de foi*, que Cyrus envoya à Sergius avec la nouvelle de la réunion heureusement effectuée, était orthodoxe sur la plupart des points ; il anathématisait le Nestorianisme, gardait les expressions Gyrilliennes de deux natures, d'une nature incarnée, sans adopter l'erreur des Monophysites ; mais, le monothélisme était enseigné dans le septième article. « Si quelqu'un ne reconnaît pas, lit-on à la fin de cet article, que cet unique et même Christ et Seigneur, opère aussi bien les choses divines que les humaines par une activité humano-divine, comme l'enseigne saint Denys, qu'il soit anathème^ ».
Par hasard se trouvait alors à Alexandrie un moine aussi savant que pieux, Sophronius de Palestine. Celui-ci désapprouva le symbole et agit autant qu'il put auprès de Cyrus pour en empêcher la publication, parce que la croyance à un seul mode d'opérations était contraire à la doctrine des Pères, notamment à la lettre de saint Léon, et menait au Monophysisme. Mais Cyrus était adroit, il expédia Sophronius à Constantinople en le chargeant pour Sergius d'une lettre dont Sophronius ignorait comment elle se rapportait à la terminologie en question. Mais avec l'opposition de Sophronius, l'affaire du monothélisme éclata davantage au grand jour. Sergius put voir l'écart qui existait entre le langage de l'Eglise et les termes qu'il recommandait, et craindre une condamnation à Rome. Il se laissa donc fléchir par Sophronius qui le suppliait à genoux^ de renoncer à une terminologie hérétique; et il le chargea même de dire à Cyrus de ne plus parler d'une seule opération et de laisser tomber cette expression pour un bien de paix. Bientôt après
i. Ibid. p. 564 sqq.
2. Ibid. p. 565 : Kat tov «ùtov eva ^pimov -/.kI mou èvspyouvri/. rà Beoirpen^ •/.al xvOprJmfja. ptâ 6e«v5^6txr/ èvîpyeicf, v.cf.rà tov èv â-yiotç Aiovùdtov ce, e.