‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 144 sur 166 · Mansi XI · texte numérisé non relu

Mansi XI

DÉFENSE DU DYOTHÉLISME 589

chent cette question à l'ensemble du dogme et il s'en est référé pour les termes à l'hérétique Sergius et par là, contre son intention, il a donné en Orient un appui au Monothélisme. De fait les chefs de la nouvelle hérésie s'appuyèrent tout de suite sur la lettre d'Honorius et se vantèrent de leur accord avec le chef suprême de l'Eglise. Cela produisit en Occident d'autant plus d'émoi que la tendance monophysite qui avait son expression dans le Monothélisme n'avait eu aucun succès ni à Rome, ni ailleurs. On n'en voyait que mieux combien Honorius avait agi imprudemment dans sa réponse, et sans tenir compte de tous les aspects de ces points embrouillés, il s'était laissé entraîner à une décision qui, à cause de son rapport intime avec l'infaillibilité du Pape, a été jusqu'ici interprétée dans les sens les plus divers par les historiens et a été mise à profit par nos adversaires.

§ 49 Défense du Dyothélisme par saint Sophronius et saint Maxime

Comme saint Athanase contre l'Arianisme, saint Cyrille contre le Nestorianisme, saint Léoncontrele Monophysisme, Sophronius et Maxime s'élevèrent contre le Monothélisme.

A. Sophronius avait assisté à la première apparition publique de l'erreur à Alexandrie ; il avait pu ainsi l'attaquer à ses débuts *. Quoique tout d'abord ses efforts auprès deCyrus et auprès de Sergius eussent été vains, sa voix obtint plus de retentissement et d'importance, quand il eut été élevé en 634 sur le siège patriarcal de Jérusalem ; il attaqua alors publiquement le Monothélisme dans sa lettre synodale {epistola synodicd) qu'il avait soumise au concile tenu à Jérusalem même; et il soutint la doctrine des deux volontés physiques et des deux opérations. Il traite là aussi de la Trinité, mais tout spécialement et exactement du dogme de l'Incarnation.

1, Mansi X), 462 sqq.

Tout d'abord sont établies l'unité de la personne et la dualité des natures, le Christ est désigné comme h xai 8ùo au sens du quatrième concile, et c'est à ces principes dogmatiques établis qu'est demandée la lumière nécessaire pour l:i solution des questions en suspens. S'il n'y a dans le Christ qu'une personne ; il n'y a aussi qu'un agent qui a accompli les choses divines et humaines. Mais de la dualité des natures il résulte naturellement une dualité d'opérations ; car c'est par celles-ci que ces deux natures se font connaître el se manifestent comme telles. Cependant l'opération de l'une des deux natures n'est pas séparée de l'autre, ni mêlée à l'autre ; car un seul et même être est à la fois Dieu et homme et la nature humaine n'est séparée de la divine, ni dans son être ni sans son action : « Comme donc chaque nature garde toute pure dans le Christ ses qualités, chaque forme opère de concert avec l'autre ce qui lui est propre. Le Logos opère ce qui est du Logos, en commun avec le corps, et le corps opère ce qui est du corps en union avec^le Logos et, à la vérité, dans une hypostase, avec exclusion de toute division, car sans se séparer elles opèrent ce qui leur est commun, de façon que nous ne pouvons concevoir leur séparation * ». En tant que principe de la personne, le Logos participe à l'énergie de la nature divine comme à celle de la nature humaine," en ce sens qu'il n'y a qu'un agent et que deux modes d'opérations qui appartiennent à une personne unique^, mais le principe propre de l'énergie c'est la nature, et c'est pourquoi il y a deux énergies dans leChrist. Dece que nousvenonsde dire surl'action combinée des deux natures dans le Christ résulte une particularité dans le mode d'opération de la nature humaine. Le Logos avait pris la chair en toute liberté et il devait égale-

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