‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 147 sur 166 · Afansi X, 709 sqq · texte numérisé non relu

Afansi X, 709 sqq

2. La meilleure et la plus complète édition est celle de Combefls, 2 vol. in-f°, reproduits chez Migne, P. Gr. XC, XCI,

le suivre dans sa lutte contre l'erreur et dans sa démonstration du dogme, pour voir iiuel prolit a tiré de ces luttes le développement de la vérité dogmatique.

1. Sergius dans sa lettre n'avait pu alléguer en faveur du Monothélisme qu'un petit nombre de preuves positives ; il n'y avait guère là que des passages ambigus de divers écrits des Pères. Dans le nombre figurait d'abord un passage de la quatrième lettre à Caius, chez Denys l'Aréopagite; il était là question d'un seul nouveau mode d'opérations humano-divin (xatvv; xai (iic/.M^piy.r, svépysiu). Le mot nia ne se trouve pas chez Denys ; il avait été ajouté par les hérétiques. Les paroles citées ne prouvent rien cependant en faveur du Monothélisme. Saint Maxime les rapproche de la teneur du texte où saint Denys dit immédiatement auparavant : « Il n'opère pas des choses divines à la façon de Dieu, car il n'était pas simplement Dieu ; mais il opérait le divin avec sa nature, — car il était Dieu par nature — et enmême temps avec le corps qui lui était uni hypostatiquement. De même il n'accomplissait pas les choses humaines à la façon des hommes, car il n'était pas un homme ordinaire, mais il les accomplissait avec sa nature humaine — car il était homme par nature et en même temps sous l'autorité de Dieu ». Denys distingue donc expressément dans ce qui précède l'activité divine et l'activité humaine et par le mot humano-divine il entend seulement exprimer l'union combinée des deux dans l'unique personne*.

Dans sa discussion avec Pyrrhus saint Maxime revient sur ce passage et montre que Denys a songé à un mode d'opérations nouveau, non par la quantité ou par le nombre, mais par la qualité seule et en vérité par la nature humaine dans laquelle l'élément essentiel de la nature reste sans changement. Le mode d'opération de la nature humaine devint nouveau par suite de son union hypostatique avec le Logos et par le fait de la compénétration des deux natures qui en résulte {rr,ç sic m-rilK; Tzs^tyr^MpiTsa; Tfôv^ûTswv), mais s'il s'était

1. Max Ep. ad Nicandrum (éd. Combeiis II, 52, Migue XCI, 101 aqq.j.

DÉFENSE DU DYOTHÉLISME 5^5

produit un mode d'opération absolument nouveau, il faudrait qu'une nouvelle nature ait été prise et que l'intégrité de la nature divine et de la nature humaine eût été délaissée^

Un seul des Pères, saint Cyrille d'Alexandrie, parle du mode d'opération du Christ comme d'un mode unique (piî«v ffu'/ysvij 8t' àpipotv hépyeiav) et il l'appelle mode d'opération résultant des deux natures, parent des deux et manifesté par le Christ notre Seigneur. Saint Cyrille lui-même ne parle pas d'une unité physique du mode d'opérations, mais d'une union des deux modes d'opérations, dont il entend marquer la différence par l'addition St'àpt^orv (des deux) c'est-à-dire produit par le Logos et par la nature humaine. Le mot (r^tyysvvi n'implique pas en soi une parenté de même espèce ; ainsi saint Grégoire de Nazianze^ dit de notre corps qu'il est parent de notre àme (tô avy^svkç o-aptov) et saint Cyrille^ dit du Saint-Esprit qu'il est parent de notre âme, comme l'eau est parente de notre chair*. « Le mode unique d'opérations parentes produit par les deux natures est donc le mode qui désigne l'union des deux natures et le mode d'opérations de nature différente ; car ce mode se rapporte aux deux parties par lesquelles et dans lesquelles existait l'unique Logos fait homme, et il est produit par les deux, grâce à la volonté efficace de Dieu (le Logos) et à la coopération du saint corps du Christ^ », Dans sa discussion avec Pyrrhus, Maxime interprète saint Cyrille dans le même sens : celuici aurait simplement voulu montrer que l'activité divine du Logos était toujours restée la même soit avant soit après l'Incarnation au sein de la chair, comme au dehors, si bien donc que le mode d'opération résultant des deux avait été en soi, en tant qu'humano-divin, parent de l'activité divine^.

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