Ibid. ass. 32 {Migne LXXV
il n'a rien exclu de ce qui appartenait à l'essence de l'homme, de même le fer ne perd rien de sa nature quoique toute sa masse s'unisse au feu. Il reçoit les propriétés du feu parce que par cette union il devient comme du feu ; il garde cependant aussi sa pesanteur, il coupe et ne perd rien de sa nature ni de son énergie naturelle ; quoiqu'il soit uni au feu jusqu'à ne former qu'un seul corps et qu'il opère dans un état impossible à séparer ce qui correspond à sa nature (couper, par exemple) comme ce qui lui advient par suite de son union (brûler) '» . « Ce qui, dit-il ailleurs^ a naturellement la raison en partage a aussi la volonté. Si comme tout homme il avait une volonté naturelle, il voulait bien avoir aussi tout ce que, en tant que Dieu, il avait donné d'essentiel à la nature humaine lors de la création. Il n'est pas venu, en effet, pour enlever son caractère à la nature qu'il avait créée comme Dieu et comme Logos ; il est venu pour diviniser tout à fait et absolument la nature qu'il s'était unie hypostatiquement sous le bon plaisir du Père et sous la coopération du Saint-Esprit, avec tout ce qui lui appartient essentiellement à l'exception du péché. Conformément à sa nature, il a donc voulu, en tant que Dieu, tout ce qui était divin par nature et du Père avec lequel il a une seule volonté ; et de même il voulait naturellement comme homme tout ce qui était humain et n'était point opposé à la volonté du Père, étant donné qu'il veut écarter toute illusion de son incarnation. Rien de ce qui est naturel, pas même la nature ne peut être opposé à l'auteur de la nature ».
Avec la volonté naturelle humaine et divine il a dû y avoir aussi dans le Christ un double mode d'opérations, puisque la nature se manifeste comme telle dans le double mode d'opérations ; seul l'être mort, et le néant sont dépourvus d'activité''. Comme donc la nature humaine du Christ n'a pas seulement en propre le pouvoir naturel de
1. Max. Deduabus unius Christi Dei nostri voluntatibus (Comi». H, 102 ; M igné XCI, 189).
2. Tomus ciogmaticus ad Marinumdiaconum(Comft. 11,39; Vfij/nf XC1,77).