Ibid. [Comb. II, 166; Migne XCI, 297 sq
pour que nous fussions affranchis de toutes les passions*. S'il en est ainsi, il résulte encore de là que la nature humaine ne pouvait se montrer en contradiction avec Dieu, que les mouvements de la nature n'impliquaient aucun caractère démesuré, aucun désordre, que dans le Christ enfin, ni le péché, ni aucun désir contradictoire de l'esprit et de la chair ne pouvaient trouver place dans la nature humaine. Saint Maxime s'exprime- donc sur les paroles bien connues d'Honorius dans les termes que voici : « Il (le Seigneur) ne montre pas ainsi qu'il n'a pas eu de volonté humaine naturelle (Honorius n'a pas dit exactement cela), mais qu'il n'a eu, quant à la chair, aucun mouvement naturel des membres et quant à l'esprit aucun mouvement en contradiction avec la volonté divine ou en désaccord avec la raison connue, ce qui est le cas chez nous ».
5. Mais qu'advient-il de la volonté humaine et libre du Christ ? S'il est certain que la nature humaine se distingue d'un être sensible tout particulièrement par la raison et parla liberté de la volonté {aùrsçoûaioç y.Lvn7tç), ce caractère destructif de la nature humaine ne peut être exclu de celle du Christ. De plus, l'étroite connexion du dogme de l'Incarnation avec la doctrine de la Rédemption, parle tout particulièrement en faveur de l'intégralité de la volonté humaine dans le Christ. En effet, d'après un principe universellement admis, cela seul a été guéri qui a été pris par le Sauveur*. Si nous avons transgressé avec une libre volonté les commandements de Dieu ; nous avons aussi besoin de guérison pour notre volonté libre et cette guérison ne pouvait se produire, si la volonté libre n'avait pas été prise avec la raison et les deux principes essentiels d'activité ^