‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 156 sur 166 · Ibid. (Comb. II, 194; Migne XCI · texte numérisé non relu

Ibid. (Comb. II, 194; Migne XCI

donc pas comme un instrument inanimé : au contraire le Logos fait homme voulait et opérait même en tant qu'homme avec sa volonté humaine et son mode d'activité humaine.

Suite de l'histoire des erreurs monothélites ; décrets du concile de Latran (649) et du sixième concile général (680)

Peu à peu s'accrut le nombre des défenseurs de la foi orthodoxe; ce ne furent pas seulement quelques théologiens et évoques comme saint Sophronius et Maxime que nous venons de nommer, ce furent les conciles qui firent entendre leur voix en faveur du Dyothélisme. Nous le savons pour les conciles de la province ecclésiastique de l'Afrique du Nord, dans les quarante années du vif siècle. Le patriarche Pyrrhus s'était rendu à Rome avec saint Maxime et il avait remis au pape Théodore une profession de foi orthodoxe ; mais il retomba dans l'erreur à Ravenne et il fut de nouveau excommunié par le pape. Celui-ci adressa aussi au patriarche Paul de multiples sommations pour le gagner à la foi orthodoxe. Mais pendant ce temps, Paul avait jeté complètement le masque et déterminé l'empereur Gonstans II à prendre une mesure semblable à celle qu'avait prise Héraclius, à l'instigation de Sergius. C'est ainsi qu'en 648 fut publié sous forme d'un édit impérial le décret de foi nommé Typus, composé par Paul; il y était interdit, sous menace de graves peines, de discuter sur la question d'une ou de deux volontés, d'une ou de deux énergies. En même temps il y était ordonné que VEcthesis était remise en vigueur et devait être observée.

Ce tyjous ne se distinguait par rien d'essentiel de r£:c^^e5e5 elle-même. La seule différence qu'il y eut dans le texte c'est que VEcthesis Qïi&eigwdÀi l'unique volonté du Christ etinterdisait les termes d'une ou deux opérations tout en recommandant l'unique activité, tandis que le typus proscrivait

très sévèrement toute dispule sur l'unité et la dualité de volontés et d'opérations.

Quand la nouvelle de ce typus parvint à Romele pape Théodore était mort le 13 mai 649 et Martin !«' lui avait été donné pour successeur. Celui-ci, ancien apocrisiaire à Constantinople, avait appris à connaître les intrigues qui s'y tramaient. Il n'avait rien de mieux à faire que de réunir un grand concile à Rome pour mettre en pleine lumière la foi orthodoxe ; ce fut le concile de Latran de 649 ; il siégea du 5 au 31 octobre dans le palais pontifical ; cent cinq évêques y prirent part.

Les délibérations furent ouvertes par un discours du pape qui exposa en toute exactitude la question controversée ; on lut les documents, les passages des Pères en contradiction avec les hérétiques furent soigneusement examinés, et à la fin une profession de foi fut dressée qu'accompagnaient vingt anathématismes '. Ce symbole est une répétition de celui de Chalcédoine* avec l'addition de ces lignes relatives au Monothélisme.

Credimus et duas ejusdem, sicut naturas unitas inconfuse, ita et duas naturales voluntates, divinam et humanar)i, et duas naturales operationes, divinam et humanam, in approbatione perfecta et indeininuta eufidem veraciter esse perfectum Beutn et hominem perfectum, eundem atque unutn Dominumnostrum et Deum J. Chr. utpote volentem et operantem divine et humane nostram saluiem.

Les anathématismes ajoutés contiennent exactement formulées des propositions relatives au dogme de la Trinité et de l'Incarnation ; ils proclament ^ (3® anath.) la constante virginité de IslàVi^antepartum^in partu, postpavtum\\\s répètent (Anath. 10 sqq.)ladoctrine des deux volontés et des

1. Héfélé (Hist. des Conc. III, 522 sq.) rapporte in extenso et exactement les actes de ce concile.

2. Il ressort du symbole composé en latin au concile de Latran, que les Pères lurent dans le texte de Chalcodoine qu'ils avaient sou$ les yeux,

3. Sophronius dit la même chose dans son synodicon (Mansi XI, 486), V. Les Anathématismes chez Benz. Ench. p. 78.

opérations physiques et condamnent Théodore de Pharan, Gyrus d'Alexandrie, Sergius de Constantinople et ses successeurs Pyrrhus et Paul comme chef des Monothélites *. D'anathème contre Honorius il n'y a pas trace dans les décrets du concile. Mais vouloir, comme on le fait, tirer de ce silence une preuve delà condamnation au moins indirecte d'Honorius, sous prétexte qu'un anathème a été prononcé contre Pyrrhus qui avait prétendu s'autoriser d'Honorius et s'inspirer de lui, c'est s'appuyer sur une induction sans valeur. On est bien plutôt en droit de tirer une conclusion contraire. La lettre d'Honorius, sa défense par Jean IV^ par saint Maxime et par le secrétaire particulier du Pape après que Pyrrhus se fût réclamé de lui, n'avaient pas pu rester inconnues des Pères présentsparmi lesquels figuraient même quelques Orientaux. Dans l'allocution par laquelle il ouvrit l'assemblée, le pape Martin rappelle les efforts de ses prédécesseurs qui avaient tenté, soit par lettre, soit par les représentations orales de leurs apocrisiaires à Constantinople de ramener à la vérité les hérétiques en question ; et il ne dit pas qu'Honorius ait fait exception à la réglée D'autres Pères du concile de Latran s'expriment encore plus clairement sur l'infaillible autorité de l'Eglise romaine, par exemple Etienne de Dor qui rapporte l'exhortation que faisait saint Sophronius de se tourner en hâte vers le siège apostolique où se trouveraient les fondements-' delà foi orthodoxe. Sergius évêque de Chypre, appelle dans salettre au pape Théodore l'Eglise romaine firinamentum a Deo fixu7ii et imfnobile *. Comment les Pères auraient-ils pu encore tenir Honorius pour un hérétique déclaré ? Non, tout ce qu'on peut conclure de leur silence, c'est qu'ils avaient reconnu qu'il s'était mépris sur une question pratique ; là était son tort.

Les décrets furent souscrits par les évêques présents et publiés par le Pape.

Martini" devint donc ainsi le troisième vaillant champion

1. Mansi X, llol sqrj.- 2. Ibid. 879 — 3. Ibid 89j.— 4. ILid. p. 014.

de la foi orthodoxe, mais il ^eut désormais, lui aussi, à subir les persécutions de Goiistaiis II. L'exarque Théodore Calliopa vint à Rome en 653 à la tête d'une armée ; il avait ordre de l'empereur d'arrêter le Pape parce qu'il avait été élevé sang son autorisation à la tête de l'Eglise. Ainsi en advint-il, le Pape fut saisi dans l'Eglise du Latran, conduit au port, embarqué et amené, après une longue traversée, à Constantinople au mois de septembre de l'année suivante. Il y fut jeté en prison, accusé d'avoir pris part aune révolte et traité très durement. A la fin il l'ut embarqué pour la Ghersonèse; il succomba le 16 septembre 655, avec la gloire du martyre, aux souffrances et aux privations d'une très dure captivité.

Dans l'intervalle le patriarche Paul était mort et il avait pour successeur Pyrrhus qui était élevé pour la seconde fois sur la chaire patriarcale. Celui-ci fut remplacé par Pierre qui rétablit l'union de l'église de Constantinople, au moins avec les apocrisiaires romains, sur la commune acceptation d'une volonté hypostatiqueetde deux volontés naturelles. Mais le pape Grégoire l"n'approuva pas cet accord, pas plus que saint Maxime^ contre qui on dirigea des poursuites à Gonstantinople, comme contre Martin 1er. Ge saint, après avoir été envoyé en exil en diverses contrées, et avoir supporté avec deux de ses élèves les plus cruels supplices, mourut de la mort du martyre à Golchis, le 13 août 662.

G'est seulement avec la mort de l'Empereur en 668 que l'orthodoxie vit s'élever des jours meilleurs. Son fils Gonstantin Pogonat qui lui succéda sur le trône se détacha du Monothélisme du moins en cessant de le protéger. Les patriarches successeurs de Pierre évitèrent aussi dans leurs lettres pastorales de recommander l'erreur. Enfin en 678, l'Empereur dans une lettre au pape Donus fit connaître sa volonté de convoquer un concile pour mettre un terme aux querelles religieuses. La lettre ne parvint pas à Donus,

1. Des rcnsoignomonts sur lo sort tiiii lui fut fait alors se trouvent dans ses lettres chez Cuiul). 1, p. XXlX-l.XX. Maitui XI, 3 sqq.

mais à sou successeur Agathon qui eutra dans les idées de l'Empereur et fit tenir à Rome un concile préparatoire d'évêques occidentaux pour désigner les députés à envoyer au concile général de Gonstantinople conformément aux désirs de l'Empereur.

Beaucoup d'évêques furent présents (125) quelques-uns même des pays d'Occident occupés par les Barbares, tels que l'Espagne, la Gaule, l'Angleterre ; car Agathon avait désiré pouvoir témoigner de l'accord de toute l'église occidentale. Ici encore apparut la grande circonspection avec laquelle les Papes entendaient régler les controverses religieuses et diriger le développement du dogme, et tout autant l'influence pratique de l'Eglise catholique qui faisait intervenir toute la chrétienté et toutes les nations qui la constituent dans la solution des questions soulevées par le temps et qui savait ainsi les intéresser au travail du progrès intellectuel.

Le concile choisit quelques députés et le Pape de son côté envoya des légats à Gonstantinople. Agathon leur remit pour l'Empereur et pour ses fils associés à l'Empire une lettre et en même temps un écrit synodal des Pères assemblés.

Dans la première le Pape présente un court exposé de la foi en forme de symbole, il y affirme la doctrine des deux volontés physiques et des opérations du Christ*, dont les premières ne formaient notamment ni deux volontés en lutte ni même séparées en deux personnes, mais étaient très intimement unies. A cette occasion, il ne manque pas de faire remarquer que l'Eglise romaine avait toujours professé cette foi, qu'elle ne s'était jamais écartée de la tradition apostolique et que dans l'avenir conformément àlapromesse du Seigneur, elle garderait jusqu'à la fin cette foi intacte. Et le Seigneur n'avait pas seulement promis au prince des

i. Mansi XI, 239: Cum duas autem naturas duasque naturales voluntates etduas naturales operationes conlitemur in uno Domino noslro J. Ch.r, non contrarias eas nec adversas ad alterutrum dicimus nec tanquam scparatas in duabus personis.

Apôtres, Pierre, que sa foi ne faillirait point ; il lui avait donné encore la mission de confirmer ses frères dans la foi. A cet égard les successeurs de Pierre, ses prédécesseurs, n'avaient pas négligé, depuis que les évêques de Constantinople avaient cherché à déshonorer l'épouse sans tache du Christ par des innovations hérétiques, de les avertir et de les conjurer qu'ils eussent à renoncer à l'erreur ou au moins à se taire, pour éviter de produire des divisions dans l'Eglise avec leur doctrine sur l'unique volonté ou l'unique énergie du Christ ^ Alors le Pape en vient à démontrer la doctrine dyothélisteil se réclame du dogme de l'intégrité de la nature divine et humaine dont le dyothélisme dérive

1. Ibid. p. 242, 243: Haec est enim verae fidei régula, quam et in prosperis et in adversis vivaciter tenuit ac défendit haec spiritalis mater vestri tranquillissimi impeiii, apostolica Christl ecclesia ; quac per Dci omnipotentis gratiam a tramile apostolicae traditionis numquam errasse probabitur, nec haereticis novitatibus depravata succubuit, sed ut ab exordio fldei Christianae percepit ab auctoribus suis aposlolorum Christi principibus illibata fine tenus permanet, secundum ipsius Domini Sahatoris divinam pollicitationem (Luc. 22, 32).. . l'nde et apostolicae memoriae meae parvitatls praedecessores, dominicis doctrinis instructi, ex quo novitatem haereticam in Christi immaculatam ecclesiam Constantinopolitanae ecclesiae praesules introducere conabantur, numquam neglexerunt eos hortari atque observando commonere, ut a pravi dogmatis haeretico errore saltem tacendo désistèrent, ne ex hoc exordium dissidii in unitate ecclesiae lacèrent, unam voluntatem, unamque operationem duarum naturarum asserentes in une Domino nostro J. Chr. 11 est plus que vraisemblable qu'Agathon par les mots « non négligentes ut saltem tacendo désistèrent », songe à Honorius lui-même et peut-être, sans s'arrêter expressément à sa lettre, entendait faire voir (ju'il le jugeait comme son prédécesseur Jean IV. Cela s'accordait en même temps, au mieux avec l'affirmation de la pure tradition de l'Eglise romaine, qu'il déclare établie par le Seigneur, non seulement comme la gardienne, et la dépositaire de la tradition apostolique, mais aussi comme le docteur infaillible de toutes les églises et le juge dans les questions de foi; et il remarque bien dans l'espèce que l'Eglise romaine est absolument d'accord avec son chef, le successeur de Pierre, qui seul a reçu les promesses divines. En aucun cas, Agalhon ne peut au moins avoir visé une hérésie possible et formelle du pape. Au contraire, celle affirmation si nette de l'infaillibilité du pape, expressément reconnue par une grande partie des évê(iues d'Occident ot d'Orient, ne permet pas de croire qu'ii Rome, on ait attribué au pape Honorius, autre chose ((u'une méprise sur une ([uestion pratitjue, comme l'avait déjà fait l'apôlre Paul en face de l'apôtre Pierre.

nécessairement comme une conséquence, et il cite alors plusieurs preuves positives tirées de la sainte Ecriture et des écrits des Pères. La plupart de ceux-ci ont été déjà invoqués chez saint Maxime en faveur de la doctrine orthodoxe. Parmi ces Pères sont nommés saint Ambroise (De fide ad Grat. II, 3 et c. 19 super Luc. 22,42), saint Augustin (G. Maxim. II, 20), saint Athanase, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, Jean Chrysostome, Cyrille d'Alexandrie (Thesaur. X, 3) et saint Léon. Par contre on ne trouve de témoignages en faveur des erreurs monothélites que chez les hérétiques tels qu'Apollinaire, Séverin, Théodose, Sergius, etc.

Le second écrit remis aux Légats et signé par tous les membres du concile de Fiome contient également une profession de foi, et se rattache aux canons du concile de Latran de 649.

Dès que les députés furent arrivés à Constantinople et eurent remis les instructions du Pape à l'Empereur, celui-ci n'eut rien de plus pressé que d'insister auprès des patriarches Georges de Constantinople et Macaire d'Antioche pour la prompte convocation des métropolitains et des évoques de leur ressort. Bientôt arrivèrent aussi les représentants des patriarches de Jérusalem et d'Alexandrie, si bien que le synode se rassembla à Constantinople en novembre 680 et prit aussitôt le titre de concile œcuménique. La question controversée fut examinée sous toutes ses faces, tous les arrangements invoqués en faveur du Monothélisme par le chef des partisans, Macaire d'Antioche, furent pesés avec soin; les pièces en discussions furent lues et examinées sous le rapport de l'authenticité et de l'intégrité, et on reconnut ainsi que la lettre du patriarche Mennas déjà citée par Sergius avait été interpolée à l'époque du V^ concile ainsi que deux lettres du pape Vigile qui contenaient des témoi-

1. Mansi, XI 637 : K«i S-Jo çpyo-txâ; b{)/r,miç rirot Qelr,iJiCiTK èv ujtm, -/.kl

gnages en faveur du monothélisme. Dans la dix-huitième session, le 16 septembre 681, le décret de foi rédigé sous forme de symbole fut signé par tous les cent soixante-quatorze assistants. Après la répétition du symbole du concile de Chalcédoine on lit à la fin : « Nous enseignons dans le Christ aussi deux volontés naturelles et deux énergies naturelles sans séparation et sans changement, sans partage et sans mélange, conformément à la doctrine des Pères et même deux volontés naturelles qui ne sont point opposées l'une à l'autre (à Dieu ne plaise), comme l'ont dit les hérétiques impies, mais en telle façon que la volonté humaine obéit, sans résistance, sans contrariété, mais en toute soumission à la volonté divine et toute puissante. La volonté humaine ne devait pas, il est vrai, se mouvoir spontanément, mais se soumettre à la volonté divine, comme l'enseigne le sageAthanase. De même donc que sa chair est appelée et est la chair du Dieu Logos, de même la volonté naturelle de sa chair est devenue la volonté du Logos comme il le dit lui-même : « Je suis descendu du Ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé ». Il nomme ici la volonté de sa chair, sa volonté propre puisque la chair était là son bien propre. De même que la chair sainte et sans péché du Christ n'a pas été supprimée par sa déification, mais est restée dans ses limites et dans son espèce, de même sa volonté divine quoique divinisée n'a pas été supprimée ; elle reste entière comme le dit Grégoire le théologien : sa volonté n'est pas contraire à Dieu ; elle est plutôt complètement divinisée. Nous enseignons encore qu'il y a en notre Seigneur Jésus-Christ deux énergies naturelles, sans séparation, sans division, sans changement et sans mélange ; ù savoir l'énergie divine et l'énergie humaine, comme le dit Léon : (iAgit enim t«^rr/(?i<e/br?n«, etc. Si nous n'admettons pas que Dieu et sa créature'aient la même énergie, c'est pour ne pas transformer la créature dans l'essence divine et ravaler les qualités de la nature divine jusqu'à celles de la créature. De même que les miracles, nous attribuons les souflrances à un seul et même individu, même avec la distinction des

natures, par lesquelles il existe et dans lesquelles il subsiste, comme le déclare saint Cyrille. Nous croyons donc à deux natures en une personne, et nous reconnaissons dans une personne unique les différences de nature dont chacune opère de concert avec l'autre ce que leur propriété particulière veut et opère. Nous reconnaissons donc deux volontés naturelles et deux énergies travaillant de concert au salut du genre humain ».

A cause de l'anathème prononcé contre le pape Honorius, les décrets du sixième concile général intéressent spécialement un autre dogme, celui de l'infaillibilité du pape.

Que le Pape ait commis une fauLc — et dans quelle mesure — par sa lettre à Sergius, nous l'avons déjà montré. Le pape Jean IV avait, il est vrai, peu après la mort d'Honorius et du vivant même du copiste de sa lettre essayé d'expliquer dans un sens orthodoxe les termes embarrassés de son prédécesseur ; saint Maxime a,vait même, à diverses reprises saisi l'occasion d'écarter des paroles du pape toute signification hérétique. Au concile de Latran de l'année 649 il n'avait pas été question d'Honorius ; on ne s'en occupa pas davantage au concile romain de 680. L'écrit du pape Agathon n'en fait mention qu'indirectement et en termes qui ne font pas absolument supposer chez lui une terminologie équivoque ou une erreur matérielle dans la foi. Cette lettre dut être assez connue à Rome et dans tout l'Occident ; ici le Monothélisme n'avait pu s'implanter. Mais à Constantinople on ne se laissa pas enlever des mains ces paroles du pape qui semblaient favorables à l'erreur. Encore au quatrième concile œcuménique le porte-parole des Monothélites s'y référa et demanda que la lettre lut lue publiquement. Ainsi en fut-il, et le concile s'exprima à ce sujet en ces termes dans la treizième séance ' : «Après avoir Iules lettres de Sergius de Constantinople à Cyrus de Phasis et au pape Honorius et celles de ce dernier à Sergius, nous avons trouvé que ces documents contredisent les dogmes aposto-

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