Mansi XI, 683 sqq
ERREURS MONOTHÉLYTES 617
quand les députés y revinrent avec les actes du concile. Mais son successeur Léon II, déféra aux désirs des Pères et approuva les décrets du concile dans une lettre à l'empereur ^ . Ilanatliématisaitdonclui aussi tousies hérétiques, Arius, etc.. ^tmême les auteurs de la nouvelle hérésie, Théodore de Pharan, Cyrus,Sergius etHonorius,en faisant remarquer que ce pape n'avait pas éclairé ce siège apostolique parla doctrine de la tradition apostolique, mais qu'il avait permis par une profane négligence quelafoiimmaculéefûtsouillée {quihanc apostolicam seclem non apostoUcae traditionis doctrina lustracit sed profana iiroditione immaculatam fidem subvertere co7iatus est (d'après le grec subDerti permisit) et omnes qui in suo errore defaneti sunt)-. Qu'Honorius eût souillé l'Eglise romaine, comme le porte le grec ''quand on rapporte à7-àov, non à la doctrine de la tradition apostolique, mais à l'Eglise {h.yjY,rTix), Léon ne le dit pas; la traduction donnée d'après le texte latin rend même son approbation en termes différents pour le pape Honorius. En effet dans une lettre au roi d'Espagne Ervig Léon après l'énumération des hérétiques écrit : « En même temps (j'anathématise) aussi Honorius qui laissa souiller la règle immaculée de la tradition apostolique qu'il avaitreçuedesesprédécesseurs*(gMù'm??iaculatatn apostoUcae traditionis regulain quam apraedecessoribus suisaccepit maculariconsensit). De môme dans unelettre aux évèquesd'Espagnel'anathème prononcé contre Honorius est justifié par ce fait qu'il n'a pas étouffé à leur naissance la flamme de l'hérésie comme il convenait à l'autorité apostolique, mais l'a favorisée par sa wégYigQWCQ [negli-
\. Ibid. 726 sqq.
2. Le texte grec — le texte latin n'en est qu'une traduction ultérieure — porte : "Onriz t«jt/,v tvjv K7roiTT0/txr,v £-/z/v;i7iai/ oùx iivîyjl.rjY,'jZ St5«iTxa).t« àTzofjroix-AYiq -«^okSotew; âyvt7«t, à/),à Tyj iSsÇr/Xw irpo^oiicf. y.iv.f)r,-vcii ry.v a(7;rt).ov Tracê/oj^/iO-s -/. t. /.
3. Dœllinger [Papi^ifabeln p. 138) traduit le passage cité : « parce qu'Honorius n'a pas rclairé l'Eglise romaine avec la doctrine apo-tolique, mais a admis (jue celle (jui avait été pure jusque là fût souillée par l'erreur, par une erreur impie ». De même Grisar, dans le Wetzer et Weltes Kirchen lexicon VI (2'^^ éd.). 248. — 4. Mansi XI, lÛoO sqq.
gentia confovil)^ Lo Liber Dlurnus RRPP, formulaire à l'usage de la chancellerie papale, composé à cette époque dans l'église de Rome, reçut dans les mômes termes l'anathème porté contre Honorius : il avait, était-il dit, donné son assentiment et ses encouragements aux erreurs des Monothélites {qui pravis corum assertionibus foinentum impendit). Le pape Léon a donc précisé l'anathème porté sur Honorius et indiqué le seul sens, que d'après le contenu de ses lettres il pouvait comporter : à savoir qu'il avait erré non dans sa croyance, mais par négligence, par connivence ou par adhésion à une expression fautive; parune appréciation erronée de l' état de choses, parune crainte excessive des divisions, portépréjudice à lafoi et encouragé l'erreur. Honorius avait été condamné, ainsi que l'écrit l'Empereur dans l'édit d'approbation du concile, comme auxiliaire de l'hérésie
(ô Tr,ç aîoîTîojj (Tj'jy.ipzzr,-, «tjvSoou.o;, Sioatoir^;) et COmme S'étaut
contredit ^
Le septième et le huitième concile général (887) renouvelèrent l'anathème sur Honorius après lecture d'une lettre où le pape Adrien II (867-87"2) supposait qu'Honorius avait été déjà anathématisé* parle pape Agathon au moins indirectement. Quelle signification avait cet anathème pour la doctrine de l'infaillibilité du pape, nousle verrons dans la quatrième partie delà présente histoire (V. plus bas § 88).
.^ 51 La Christologie de saint Jean Damascéne
Quand nous regardons au déclin de la Patristique les multiples essais et les grands travaux tentés et entrepris pour éclairer les plus profonds mystères du Christianisme, nous ne devons pas seulement nous étonner de l'intérêt toujours nouveau que la chrétienté a pris à ces exlraordi-
1. Ibid. p. 1057. — 2. VA. Migne CXV, p. j2. — \\. ManM XI, 709. — 4. Ibid. XVI, 12().
naires questions intellectuelles. Ce qui nous étonne davantage c'est le succès avec lequel les défenseurs de ces mystères insondables ont sus'en rendre maîtres parl'intelligence et la parole. De ces travaux, en tant qu'ils concernent le dogme de rincarnation,saint Jean Damascène nous présente une courte récapitulation dans son troisième livre «surlafoi orthodoxe».
1. Dans un examen rétrospectif des hérésies précédentes il nous indique les divers éléments delà personne du Christ et leur réunion, quand il dit dans le second chapitre : « Dès que la chair a existé, le Verbe de Dieu fut cette chair, et en même temps une chair animée, participant à la raison et à la plus haute intelligence supérieure. Nous ne disons donc pas qu'un homme a été honoré de la divinité, mais que Dieu s'est fait homme. Celui qui en effet était complètement Dieu est devenu un homme complet, non pas certes qu'il ait été changé dans sa nature, ni qu'il ait reçu simplementla forme apparente de l'incarnation ; car avec lachair qu'il a reçue de la sainte Vierge et qui était animée par un esprit raisonnable et intelligent et qui prit existence en lui, il s'est uni d'une façon hypostatique, sans mélange et changement, sans division, sans que la nature de la divinité ait été transformée, sans qu'enfin il ait formé, parla nature divine et la nature humaine qu'il a prise, une nature composée.
2. Mieux encore, Jean Damascène n'entend pas représenter r union hypostatique comme absolument équivalente à l'union du corps et de l'âme dans la nature humaine. Sans doute on peut,d'après lui, dire en une certaine manière que l'homme individuel est composé de deux natures, d'un corps et d'une âme, mais nous parlons d'une seule nature humaine qui existe chez plusieurs hommes ; à laquelle chacun participe et dans laquelle ils se ressemblent tous. De cette idée du genre que nous exprimonsparlemot nature, d'une union de la divinité et de l'humanité en une nouvelle nature humanodivineil ne peut être question dans le Christ ; il est uniquement l'Homme-Dieu*. Il entend bien appeler la personne de