Ibid., c. «7. Cf. Bas. Ep. 135, 3. - t. Bas., C. £un. I
ATTai3UTS UE DIEU- S7
devons croire d'une foi divine, qu'ils revendiquaient pour la raison, même après la chute, la faculté de connaître l'existence de Dieu, et dans une certaine mesure ses attributs*
1. La connaissance de l'existence de Dieu est pour saint Basile une connaissance naturelle, antérieure à la foi divine, ou toujours supposée par elle. En effet, quand, à propos des motifs de la vérité divine nous voulons vérifier de science certaine le contenu de la révélation, il nous faut d'abord avoir en nous la connaissance de l'existence de Dieu. Saint Basile se pose la question de la priorité de la science sur la foi ou de la foi sur la science, et il décide que la foi théologique doit être précédée d'une connaissance de l'existence de Dieu qui s'acquiert* par la contemplation des créatures. Il n'y a pas là compréhension de l'essence de Dieu, comme le veulent les Eunomiens; ce que nous en avons n'est qu'une connaissance très imparfaite, qui admet divers degrés et résulte des divers aspects des choses finies. Saint Basile parle en ce sens d'une connaissance de Dieu très variée que l'âme tire de la connaissance de sa propre nature créée, ou de celle des merveilles du monde visible ou encore d'une autre qui se perfectionne par la contemplation de ses commandements, ou se transforme en quelque sorte en science expérimentale par un commerce intime avec Dieu dans la grâce et dans l'amour'. Pour lui, il ne sait rien d'une idée de Dieu innée et soi-disant parfaite, s'il lui arrive de parler d'une idée de Dieu' commune à tous les hommes, il n'entend pas par là une connaissance immédiate de Dieu, mais celle que donne la considération des créatures; il emploie*, en effet, ce mot èvvci* avec le même sens dans le passage cité de sa lettre 235.
Saint Athanase nous a indiqué la connaissance de nous
4 . Bas., Ep. 235, I : 'Ei 8i -ni wefl ôeoO m<rrsi ÂifÛTcu |iiw w fr»oia, i mai
Toû, 3ti eoTt ôto'î' TaÛTTiV Ji ôc Tûv Jriaio'jppaaTiv auv9t-yc[A£v. — 2. Ep. 236, 3: *AXXà ffoXXaxwî Ti ytûaii, à; ecpaasv. "H te fàp toû xtîox'^to; tj*«; ffûvï«t«, km Tûv 6av»u.aatuv aùx'-û xciTavor.at; jca'i r, rr.sr.ai; tû»v svtoXûv, xal Ti oUiîoxn; Tj irpà« ouJTov. — 3. C. Eun. 1, 1 1. — 4. C'est dans le même sens que saint Gré" goire de Nazianze parle des twoiat «puaocoi, de l'idée naturelle de Dieu.
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mêmes ou de la comiaissance de noire propre nature comme le chcniiii (jui uuiis couduit à la cOQuaissauce de Dieu ; le ii.èiiie procédé se retrouve indiqué chez saint Basile, car lui aussi voit dans l'homme un microcosme : * i^i, dit-il, tu jettes les yeux sur toi-même*, tu n'as plus besoin v^e conclure de la btructure du moi.d î à l'architecte, tu verras eu toi-mèue comme dans un p'^ti!: monde, la graud-î sagesse de ton Giv- 1teur. De l'àrae iiii.Tialérieile qui t'appartient apprends c lo Dieu aussi est i.i.orporel et qu'il n'est altuché à aucun lieu, etc. »
Nous trouvons les mêmes principes dans saint Grégoire de Nazianze. De même que saint Basile insiste souvent sur l'argument des causes fmales, par exemple dans ses homélies sur l'Hexaméron, ainsi saint Grégoire nous présente le développement de cette même pensée : « De même que celui qui regarde un luih bien construit, son organisation et sa sU'uctuie bien conditionnées, ou entend sa musique, ne pense qu'à ceUii qui l'a fabriqué, ou le joue, alors même qu'il ne le connaît pas de sa personne, de même celui là nous paraît facile à connaître pour nous qui a fait, qui meut et conserve ces choses, alors même que notre esprit est incapable de le saisir * » . Partout pour saint Grégoire de Nazianze comme pour les autres Pères la considération du monde, à la lumière de la raison que Dieu nous a donnée, est le chemin qui mène l'homme à connaître l'existence de Dieu. Ceci est vrai non seulement pour la nature visible extérieure, mais aussi pour le monde intérieur de notre esprit, et saint Basile indique même la preuve morale de l'existence de Dieu au moins en raccourci, quand dans ce même discours il ajoute (chapitre 16) : « Ainsi nous conduit la raison, qui est iaaée en nous, et qui est de Dieu, et la première loi inscrite dans notre cœur dépasse toutes les choses que nos yeux aperçoivent et elle va jusqu'à Dieu ».
A la vérité, sans être déposée toute faite dans notre Ame
4. U^s., tlom. 111 (m tUud. : Attende tibi), c. "i (éd. M»ur, 11, t3). — 2. Grég. Nat., Ot-at. Î8, c. 8.
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parla nature, cette coaaaissaiice naiurelie peut être acquise par chacun en toute facilité. Elle se présente comme spontanément Il faut, dit-il, être tout à fait inintelligeat pour ne pas arriver à elle en suivant la preuve naturelle^ ». Sans doute, indépendamment de cette science naturelle noire saint docteur reconnaît aussi une connaissance de Dieu plus parfaite, connaissance qui nous est assurée pu- ia foi ou est communiquée à chacun par de particulières illuminations dVn haut. « Ce qui dans cette vie mortelle parvient jusqu'à nous n'est qu'un petit ruisseau ou un faible rayon de cette grande lumière. Quand donc quelqu'un a connu Dieu, ou qu'il est désigné dans les Saintes Écritures comme le connaissant, il doit être coosidéré seulement comme l'ayant connu davantage ou comme ayant reçu une plus grande part de la claire lumière que celui qui a reçu moins de lumière divine^ ».
Les mêmes principes se retrouvent chez saint Grégoire de Nysse. La considération du monde, à l'aide de notre raison, doit conduire tout homme à la connaissance du plus sage et du meilleur des architectes, et mener du moins l'homme à aspirer de toute son àme à l'union avec Dieu. Dans son explication mystique de la vie de Moïse, voici la signification qu'il prête à l'ascension de Moïse sur le sommet du Sinaï, au son des trompettes, à la nuée impénétrable. « Il me semble, dit-il, que cette trompette céleste est, en un sens allégorique, le guide de ceux qui s'avancent sur un chemin non fait de main d'homme. La belle ordonnance des merveilles du ciel proclame la sagesse qui se fait jour dans les êtres difï'érents et raconte la présence de Dieu dans ce qui se montre à nous, et cela d'après la parole du psaume 18 : Les. cieux racontent la gloire de Dieu. Là, c'est en efl'et la trompette qui fait retentir le son de la doctrine, pour parler comme un des Prophètes : Dieu a fait retentir sa trompette sur les hauteurs. Mais celui qui perçoit ce son avec un cœur pur et avec attention à la parole intérieure, celui-là sera conduit, je crois, de la considération des choses à la coimais-