ATTRIBUTS DE DIEU
gulier de la terre autour du soleil et autour d'elle-même est devenu l'étalon général pour la mesure du temps. Ni en Dieu, ni dans son action il n'y a de mouvement successif, pas plus qu'il n'y a de mesure pour le déterminer. Il est infiniment supérieur à toutes les choses finies. Pour lui on ne peut donc pas prendre de mesure dans les choses extérieures aux choses divines, car il embrasse toutes les choses et ii les a toutes enfermées dans une certaine limite, même la force de notre raison, qui peut bien s'étendre jusqu'aux frontières de celui qui est sans limite, mais qui ne peut que reconnaître son incompréhensibilitéetson exemption de toute imperfection. Ecoutons là-dessus saint Grégoire lui-même : « La nature divine, dit-il, n'est pas comprise dans le temps, mais le temps est fait par elle. La créature se meut d'un point du temps connu et déterminé vers un but déterminé pour elle par des intervalles temporels, de sorte qu'on peut trouver, comme dit le sage Salomon, que le commencement, la fin et le milieu marquent la succession des phénomènes propres aux créatures. Mais l'être souverain et heureux, qu'aucun instant du temps n'accompagne, n'a rien en quoi il puisse être mesuré ou corn pris. Tout ce qui est soumis au devenir est, au contraire, par la volonté de la divine sagesse, circonscrit par ses limites, de manière à figurer, de la façon qui lui convient le mieux, dans l'harmonie de l'univers. Si donc l'étude parfaite de toutes les choses créées reste impossible à la faible intelligence hu maine, il n'en est pas moins hors de doute que tout est com pris dans la puissance du Créateur et se meut dans les limites du monde. Mais la cause créatrice qui contient en soi la nature des choses créées, n'a elle-même aucune limite qui l'entoure ; elle s'impose même à toute intelligence qui veut pénétrer jusqu'à l'origine de la vie divine et dépasse de beaucoup tout l'effort tenté en vue d'arriver en quelque sorte jusqu'aux frontières de l'illimité. Tout effort et tout élan de l'esprit en dehors de ces limites n'aboutissent qu'à lui faire reconnaître l'incompréhensibilité de l'objet de ses recherches. Ainsi lalimite de l'élévation et de l'effort de la connaissance humaine se trouve dans le temps et dans ce qui existe dans le temps. Ce
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qui s'étend au delà reste incompréhensible, impénétrable à notre connaissance et séparé de tout ce qui tombe dans io domaine de l'intelligence humaine.
Il est évident, à mon avis, mOme pour un observateur superficiel, que le Créateur de l'univers a, pour ainsi dire, créé le temps et l'espace, comme le lieu qui devait contenir les choses futures. C'est là qu'il a appelé les choses à l'existence. Car tout ce qui est créé et produit a son existence dans l'espace et dans le temps. Mais cet être éternel qui n'a besoin d'aucun autre et qui embrasse tout n'est ni dans l'espace ni dans le temps; il est avant l'un et au delà de l'autre d'une manière inexprimable. Seule la foi le conçoit comme existant en lui-même. Il n'est pas circonscrit par les temps, il ne se développe pas dans le temps, il n'existe, il ne subsiste que par lui-même, et en luiil n'y a ni passé, ni présent. Car ni à côté de lui, ni en dehors de lui, il n'y a rien dont l'écoulement puisse constituer pour lui du passé ou du futur. Ce sont là simples qualités des choses créées, devant l'espérance et la mémoire, selon notre division du temps dans la vie périssable. Aux yeux de cette puissance absolue, souveraine, pour laquelle tout est toujours présent, tout, même ce qui est futur, doit être en raison de son intelligence infiaio, contemplé comme existant déjà ou comme étant présent * » . Dans le même passage saint Gré;?oire n'admet pas plus \m temps sans commencement qu'un espace infini ; au contraire Dieu à entouré toutes choses finies de limites déterminées et les a enfermées dans l'espace et dans le temps comme dans leur réceptacle. Il est bien possible de reculer le temps par la pensée et de concevoir l'idée d'un temps possible sans commencement, tout comme on peut par la pensée étendre l'espace réel et limité jusqu'à lui enlever toute borne. Mais on n'acquerrait pas encore ainsi l'idée de l'éternité, celle-ci exclut de plus toute différence du passé et du présent, tout développement temporel. Or, le temps réel a toujours uu commencement, et ne peut être conçu comme en étant