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CHAPITRE II

LE DÉVBLOPPBMENT DE LA DOCTRINE TRINITAIRB ▲ L'ÉPOQUÏ PATRISTIQUE

Saint Athanase. — Lutte contre l'hérésie arienne.

A l'époque patristique comme avant le Goncile de Nicée, parmi les dogmes relatifs à la théologie au sens étroit du mot, la doctrine trinitaire fut le fil conducteur auquel se rattacha tout le reste du développement dogmatique. Alors conmie jadis dans la lutte contre l'incroyance et l'erreur, elle fut le Palladium à la défense et à la consolidation duquel l'Eglise dut employer la plupart des travaux intellectuels de ses fils les mieux doués. Nous avons suivi l'épanouissement de ce dogme dans notre première période jusqu'au moment où au premier concile œcuménique les Pères flétrirent dans un symhole exact et précis et par des formules heureusement choisies la doctrine d'Arius comme une hérésie blasphématoire ; ils créèrent ainsi pour l'avenir la terminologie exacte du symbole chrétien. Mais la lutte contre l'arianisme n'en fut point terminée. Il restait à réfuter les principes dont il était parti, -à repousser les objections qu'il avait soulevées contre la doctrine mystérieuse de l'Eglise sur la Trinité, à réduire à néant les raisons qu'il avait invoquées à l'appui de ses assertions, à montrer comment les nouvelles erreurs étaient en contradictioa avec l'esprit du christianisme et tout le contenu de la foi, à démontrer à nouveau la doctrine de la consubstantialité du Fils et du Père, à la consolider et à faire saisir son intime connexion avec tout le christianisme. C'est à cette tâche que

s'employa tout d'abord saint Alhanase, le grand évêque qui fut rornement du siège palriarcal d'Alexandrie.

Déjà à Nicée où il avait accompagné comme diacre son évêque Alexandre, il s'était fait remarquer dans les discussions par la pénétration de son esprit, et par ses profondes connaissances théologiques. El^vé bienlOt après, l'année suivante (326), sur le siège épiscopal d'Alexandrie, il consacra toute la" force de soiû egprit, son activité de plusieurs années à combattre la dangereuse héiré*ie d'Arius. Et qui aurait pu mener avec plus de succès cette tâche à bonne fin ? La rare perspicacité de son intelligeoce le mit en mesure de percer à jour avec une précision mathématique tous les sophismes artificieux des hé^étiqu^ ; gcâ-ce à l'acuité de son regard, il poursuivit ses adversaires, sur leurs chemins tortueux, jusque dans leurs derniers retranchements ; avec l'extraordinaire profondeur de son esprit il put saisir la connexion la plus cachée qui existait entre le christianisme et le dogme si attaqué de la consubstanlialité du Fils et du Père; avec $a force inflexible de volonté et la vigoureuse énergie de sa foi, il brava tous les dangers et toutes les persécutions, il devint uae colonne sur laquelle plusieurs autres purent s'appuyer et se dresser. Placé par Dieu sur un chandelier élevé, il fit luire au loin sa lumière. Appelé à porter le drapeau de rQrtb.0doxie, il le préserva des moindres taches, alors que tout craquait et s'effondrait autour de lui et que le christianisme semblait succomber sous les coups de l'erreur. Gomment a-t-il accompli cette tâche? c'est ce que nous allons montrer ici, en faisant voir tout d'abord comment il a su mettre à au la fragilité et les contradictloûs des principes fondamentaux de Tarianisme *.

1. Pour rendre quelque peu plausible sa conception d'un Logos-créature, mais cependant supérieur au monde, Arius avait pris pour point de départ, avec les Guostiques et le philosophe Juif Phi Ion, le principe dualiste que le D*eu suprême ne pouvait etitref ou au^^'iu contact immédiat avec le luoiuUe

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