LA RÉDEMPTION
fait rapprochement de Dieu et de rhomme, Dieu, le Très- Haut, devenu visible sous une enveloppe de chair humaine. Car le Fils est en tout égal au Père; qui entend le Fils sait qu'il entend le Père^ Nous pouvons d'autant moins maintenant nous fier à une révélation plus parfaite que nous reconnaissons dans le Fils le principe des manifestations extérieures de Dieu et comme la plus parfaite image du Père.
7. Indépendamment de la plus parfaite révélation, notre pleine rédemption du péché et de la misère exige la manifestation du plus grand exemple de vertu, de façon que pour l'avenir nous n'en ayons pour ainsi dire pas de meilleur à attendre. De ce côté encore l'Arianisme détruisait totalement l'idée delà Rédemption, en tenant le Logos révélé dans le Christ pour une créature, pour un être changeant, qui avait dû conquérir la vertu comme les hommes, par la lutte et par l'effort. Qui nous garantit que le plus haut degré de vertu a été atteint ici ? A ceci saint Athanase oppose selon la doctrine orthodoxe les exemples de vertu du Christ entant que Dieu fait homme, et il insiste sur ce fait que grâce à l'immuable sainteté de Dieu qui s'est manifestée dans la chair, notre rédemption n'a pas été seulement inébranlablement assurée, mais que de plus le plus parfait modèle de vertu a été placé sous nos yeux '. Sans doute les Ariens pouvaient se réclamer de plusieurs passages des saintes Écritures où étaient en apparence attribués à notre Seigneur une connaissance limitée et un développement successif même au point de vue moral; mais
\. Ibid., C. 14 : 'A ^'è XaXeî ô ôso';, irpd^YiXcv on Sik toO Ao'-jfO'j XaXeî xal i ^lâXXou. 'G Jg Ao'-^o; o6 >c£y,(opi(j[i.e'vG; toù -*Tpb;, cû^à àvd|*oioi;, xal ^évc; TTijoùoix; Toû iraTpb; Tu-p(ocvwv, â êpfâl^eTai, Totûta tsû Twarpo; eartv sp*^*, itai aîav ttoiû, rnv ÎTiu.iC'jpyav xal à JîJuaiv ô TU;, Taûra tcù ivarpoî sotiv tô Jo<nî. Kat ô éwpoxwç Tov ïio'v, oiâ'ev, oTi ToÛTcv ewpaxwî eux àyjeXov, o\>èï u.c'!iovâ Ttv* twv à-pfiXuv, oiJè 5X(i)î Ttvà Tûv xTtoa«T(ov, 'aXX' aÙTOv âûpauce to'v iraTcpa. — 2. Alhan. Orat. I, 54 : 'EtvïiÎiti "ifàp tûv -jîvtiTûv tô «pûai; l'orî TpeirTvl' )4at ci (ièv irapàêYioav. oî ii Trapwcuaav, wtnrep stpr-ai. -n Te itpi^i; aÛTÛ)v où/c sctti Peêotîa, àXXâ ToXXôxij ivS't'x.eTai TÔv vu' d^aôbv {ii.«T« Taûra tpéTCeoôai, xac gTepcv i^îvioôai, »; tôv àpti Stxatov x^ixov fnx' ôÀîifiv eusîOrvar 5ià toî5to notXiv àrpsTïTou XP"*'^^» '^* 'ô àiu- TotêXtiTov T»iî TOU Xb*][cu B'.y.xi'ja'jrr,; ej^uaiv jîxo'va xaî TÛitov itpôç ipirn» oî âvôawnrot. Cf. I, 35.
ici saint Athanase s'attacha comme nous allons le voir dans un autre endroit à bien distinguer les deux natures et à expliquer ainsi les attributs on apparence contradictoires.
8. A première vue, il est bien étonnant que saint Athanase trouve un rapyrochement entre le sentiment religieux: et le dogme de l'absolue divinité du Rédempteur. 11 pense, -a effet, que le cœnr humain doit se sentir porté spontané .lent à rendre un cuiie à celui qui l'a ?auvé du péché et de la misère et à le reconnaître comme Dieu et Seigneur, Il en voyait encore la preuve dans le langage même des Ariens qui, pour ménager ce sentiment chrétien, n'exprimaient qu'obscurément et par figure leurs opinions sur l'état de créature qu'ils assignaient au Fils et qui lui attribuaient, en même temps que le nom de D ieu, un culte divin. De la part des Ariens, c'était pourtant là faire acte de véritable polythéisme païen ; car, à l' exemple des païens, ils vénéraient comme Dieu une simple créature. Supposons, en efiét, que Dieu eût donné à un être créé la vocation et la puissance d'opérer la rédemption de l'humanité, il prêtait ainsi occasion aux apothéoses païennes, il égarait * les hommes dans le polythéisme. Mais il avait prévenu cela en se réservant à lui-même la rédemption comme il s'était réservé la création. Par contre, l'Arianisme détruit, comme nous l'avons dit, tout sentiment religieux et renouvelle, à la façon du polythéisme païen, le partage du cœur humain dans sa tendance vers Dieu : « Nécessairement les aveugles doivent, dit saint Athanase*, quand ils adorent le Dieu qui n'est pas devenu tel, se brouiller avec celui qui l'est devenu et quand ils s'arrêtent aux êtres créés entrer en lutte avec l'incréé. »
Les hérétiques prétendaient, il est vrai, reprocher atlx orthodoxes qu'ils adoraient deux dieux ' qui ne l'étaient pas devenus. Mais ni doctrine de la révélation ni l'Église ne connaissaient deux dieux, car la divinité du Père est aussi celle du Fils. Le Fils de Dieu apparu dans le Christ est par nature égal au Père et engendré par lui; si bien que l'honneur