H. E., IV, 9, - 2. Alhan., Ep. ad Serap., I, 4, sqq
Fils et est reconnu avec le Logos comme Dieu et opère ce que le Père opère par le Logos >, comment celui-là pourraitil être appelé créature par d'autres que par celui qui manque de piété même pour le Fils * ? En faveur de cette doctrine, saint Athanase n'allègue pas seulement les saintes Ecritures, mais même la doctrine des Pères avec laquelle s'accorde la foi de l'Eglise ; et c'est ainsi qu'il reconnaît, à la fin de la première lettre à Sérapion, avoir exposé ce qui lui a été livré par les Pères d'accord avec les saintes Ecritures.
Que le Saint-Esprit fût aussi une personne divine, distincte du Père et du Fils, saint Athanase le prouvait expressément contre les Sabelliens. C'est à peu près de la même façon que saint Basile démontre la parfaite et véritable divinité de l'Esprit-Saint, dans son ouvrage sur l'Esprit-Saint et dans le troisième livre contre Eunomius ; saint Grégoire de Nazianze agit de même dans son trente-unième discours. Ils réfutent l'un et l'autre les objections des Macédoniens. Ceuxci prétendaient :
1. Que la sainte Ecriture employait toujours pour le Père, le Fils et le Saint-Esprit des termes différents et de là on devait conclure à une différence essentielle en Dieu. Du Père, il était dit que tout venait de lui [i^ narpôc), du Fils que tout était parhii (S'ià Tévïlbv), du Saint-Esprit, que tout était en lui (èv TTVEÛfxari). Par là, le Père était désigné comme Créateur, le Fils comme l'instrument de la création et le Saint-Esprit comme son lieu et son temps. Il ne pouvait être difficile pour les Pères de réfuter ces assertions. Ils remarquaient que ces particules sont employées promiscue et notamment qu'elles sont dites toutes du Fils (Rom,, XI, 36). En supposant même que cet usage fût absolument constant, il ne résultait de là rien qui prouvât une différence essentielle de l'Esprit-Saint
1. Ibid. I, 31. Tb Tcîvuv (Aï) ov )ctîct(x.(X, àXX' tivwjjlsvov tm Yîw w; ô ïtô; Tivcoia Tô» IlaTfî, TO ouvJo^aî^oaevcv llaTpl xal \\îù icai OecXcYcûusvov fiera tcû Aoycu, è'v£p"fcD<< TE aTvep ô DaTTip ^tà tcû ïlcD Èpyâî^sTai ttû; ô Xe'Ycov xTiama cû/. ivTi«pu; ei; aÙTÔv TÔv ïîbv àaeoEt. Le Concile de Conslaiitinople a adopté des expressions semblables pour exprimer la divinité et la personnalité partiiulière de l'Esprit-Saint.
vis-à-vis du Père et du Fils. La préposition « èv » convient seule pour marquer le rapport des êtres vis-à-vis de l'Esprit- Saint ; ceux qui sont sanctifiés ont en effet en lui une communauté surnaturelle entre eux et avec Dieu, et la sanctification et la perfection leur viennent en lui. Les Pères remarquent eux aussi* cette distinction des prépositions pour les diverses personnes divines, mais seulement pour indiquer une certaine différence personnelle des divines hypostases dans leur manifestation au dehors. Ils n'omettent pas d'ajouter que la manifestation et l'action de Dieu au dehors n'eu sont pas moins uniques, par suite de l'unité de l'Etre 2.
2. Les Macédoniens attachaient une grande importance à ce que l'Ecriture sainte ne désignât pas le Saint-Esprit comme objet de notre adoration.
Pour saint Grégoire de Nazianze, ce fait n'avait aucune importance. La théologie a dû, dans le cours des siècles, admettre plusieurs termes, et les Ariens en avaient même emprunté plusieurs à la doctrine de l'Eglise, qui ne se trouvaient pas encore dans la sainte Ecriture, mais qui se présentent comme des conséquences nécessaires de la doctrine scripturaire, par exemple, les expressions : non engendré, sans commencement (àYe'wïiToç, «vap^oç). C'est par une déduction semblable que pour saint Grégoire le Saint-Esprit est digne, lui aussi, d'adoration, car cette adoration découle de sa divinité même. Il consent même à admettre que la divinité du Saint-Esprit n'a été bien clairement proclamée qu'après son envoi au jour de la Pentecôte, car depuis ce temps il s'est montré clairement comme Dieu dans sa manifestation à l'humanité. « L'Ancien Testament, dit-il, nous a fait connaître clairement le Père, obscurément le Fils ; le Nouveau ^ nous a montré le Fils et indiqué seulement la divinité du Saint- Esprit. Mais maintenant le Saint-Esprit habite en nous et se fait connaître clairement par nous. C'est que, il était dangereux, alors que la connaissance de la divinité du Père n'était
4. Cf. Cyrill. Alex. Adv. Nest., IV., c. 1 (Migne, LXXVI. 4 72). — 2. Cf. Ibid., c. 2 (p. 180). — 3. Greg. Naz., Orat., 31, 26.
pas encore bien établie, d'enseigner celle du Fils et, par surcroît pour ainsi dire, celle du Saint-Esprit, quand celle du Fils n'était pas universellement reconnue... Je crois donc que la divinité du Saint-Esprit est un de ces articles qui ont été éclaircis plus tard {dii-rma. Tpavou[iïvïiv et; 5(rrEpcv), lorsque après l'Ascension de Notre-Seigneur, la reconnaissance de cette divinité fut devenue par ce miracle mûre et universelle ».
Saint Grégoire paraît vouloir admettre ici dans un sens très large un développement dogmatique. Il ne dit pas cependant que la divinité du Saint-Esprit n'ait été enseignée qu'après le temps des Apôtres, comme une révélation nouvelle, la foi dans cette vérité et la connaissance qui en provient ont été établies, confirmées et perfectionnées par la miraculeuse apparition du Saint-Esprit au jour de la première Pentecôte. Que saint Grégoire n'ait pas youIu soutenir autre chose, cela résulte assez clairement de ce fait qu'à la fin du passage ici rapporté, il tire des saintes Ecritures la preuve de la divinité du Saint-Esprit.
Dans cette façon d'envisager le dog me de la divinité du Saint-Esprit, il faut cependant expliquer pourquoi saint Basile, saint Grégoire et autres ont admis dans la communion de l'Eglise des gens qui se refusaient à attribuer expressément au Saint-Esprit le titre de Dieu sous prétexte qu'il ne lui était point donné dans la sainte Ecriture. Ils pensaient en effet que, en reconnaissant les trois personnes essentiellement égales et l'unité de l'être divin, ils reconnaissaient déjà implicitement la divinité du Saint-Esprit. « Reconnaissez la trinité de l'unique divinité, dit saint Grégoire de Nazianze, ou si vous le voulez de l'unique nature et ensuite nous demanderons pour vous au Saint-Esprit le mot « Dieu ». Mais d'autres, à cause de cette condescendance, accusaient saint Basile de pusillanimité et saint Grégoire l'en défend encore tout particulièrement à cause de cette conduite*.
3. Les Pneunatomaques argumentent souvent d'une façon tout arienne. Le Saint-Esprit, disont-ih, doit être engendré
\. Ep./ô8.
OU non engendré. Dans le premier cas il est un second principe absolu ou un second Dieu à côté du Père ; dans l'autre, il est engendré par le Père et alors il est le frère du Fils ou est engendré par le Fils et alors il est le petit-fils du Père. Toutes ces conceptions, à les entendre, sont en opposition avec la doctrine de la sainte Ecriture et ayec une idée de Dieu vraiment raisonnable. Le Saint-Esprit n'est donc pas Dieu. A cela saint Grégoire de Nazianze réplique qu'en dehors de la qualité d'être engendré ou non engendré, il y a en Dieu d'autres modes d'existence et un autre genre d'origine, à savoir la simple procession [U-ô^vjokÎ) qui est justement attribuée au Saint-Esprit* en saint Jean (XV, 26).
Mais en quoi consistait la différence entre la procession et la génération ; c'est là une question qu'il ne lui est pas plus possible d'expliquer clairement que celle de l'essence de la génération. Et pourtant c'est de cette différence que dépendent les propriétés personnelles de l'Esprit-Saint et sa différence d'avec le Père et le Fils. En général, tous les Pères étaient d'accord pour reconnaître que le Saint-Esprit ne procédait pas de Dieu par la voie de génération, mais, suivant le mot de saint Basile « comme le souifle de sa bouche' » . Mais saint Grégoire ajoute aussitôt que ces paroles doivent s'entendre métaphoriquement et que le Saint-Esprit était aussi appelé l'Esprit du Christ parce qu'il était uni à son être. Le Saint-Esprit est donc au troisième rang parce que dans la voie de la connaissance du Saint-Esprit nous arrivons au Père par le Fils; de même qu'en sens inverse la bonté essentielle et la majesté royale du Père parviennent à l'Esprit-Saint par le Fils ^.
Quant à saint Athanase, il discute cette même objection des Pneumatomaques dans sa première lettre à Sérapion et il répond simplement que la sainte Ecriture appelle le Saint-Esprit non le Fils du Père, mais uniquement l'Esprit du Père*.
\. Cf. Hergenrœlher. Lehre von der gosttl. Dreieinigheit, p. 220. — 2. Bas., De spirit. s. c. § 18 : 0'j-/,â>; zx Tzi^-a. i/. -cû Ôîcû, àXX' û>; è/. tcû ôioû ■jrpcE/.ôov où YEvvr.TÛ»; w; c ïî^î, àÀX' û; Trjyax (7Tîu.aTo; aÙTOÛ. — 3. Ibid. —