‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 55 sur 166 · La formation du monde est présentée par les Pères non · texte numérisé non relu

La formation du monde est présentée par les Pères non

i. Bas., In Hex hom. Il, 4, 5. Cf. Jo. Damasc. De orth. fide IV, 20. — 2.0rat. cat. c. 7(Mig[!e,P. G. XLV, 3?). — 3.Cf. ALh. Or. c gentes.c. 39. — 4. Cyr. Alex.. C. Jul. II (Mi.i^ne LXXVI, 396 sq.): Elra, Ttû; yevtitt, xal ïreirciYju.EVY'. cpûat;, rt ital tô cpôeîpeoôai ^eïv irâvTvi te y.al irxvTti)? é'ttcito àv, /caiâ ye, çrj|j.'., Toù; Èvc'vTaç -ïi cpyaei Xo'you;, èvEpyflaEtî -à tcû ©ecû;... Eî Bs tpûaEuç, ùç écpriv, [j.£-y*X6~p£7rcD;, ÈVc'fi-j'Si* te xat ^ùvautç, x,a.l tïôv t'^ç y.TiGEw; STrejCEiva {/.STpwv, TÔ S'r.fA'.o'JsyEÏv èatt ôeottoettw;, tÎ to T'A; ivuTaTa) <pO<;£w; à^iwaa x.aTaaûpoudi, xat Tcî: e'v "^viiazi y.al oOcsa S'wpoîivTai y.a-à TÔ a-jToT; ^c/ccùv. Cf. Joa. Damasc.,

De orlh. fide II, 3. '

seulement comme une œuvre de Dieu, mais comme une création ex nihilo. Ainsi il y avait donc pour eux une double erreur à réfuter d'abord que le monde n'avait pas été formé par Dieu au moyen d'une matière éternelle, puis que le monde ne découlait pas de Dieu par voie d'émanation. Chez les pliilosophes païens, la croyance à une matière éternelle avait été 1res répandue, et du mode de création propre à la main des hommes on avait conclu à une formation du monde par Dieu. Mais les Pères anténicéens avaient depuis longtemps mis eu pleine lumière l'absurdité de cette croyance. Elle était contradictoire en elle-même et plaçait en outre Dieu le Créateur tout puissant sur la même ligne que l'artisan humain. <« Car, pour le dire en un mot, ainsi que s'exprime saint Athanase *, Dieu ne saurait être appelé Créateur s'il n'a pas créé même la matière dont tous les êtres sont formés. Les hérétiques inauguraient un Créateur du monde à côté et en dehors de Dieu; ils montrent en cela leur graudaveug lement ». 3. Si la création ex nihilo impliquait déjà que les choses finies n'émanaient pas de l'essence de Dieu, cette différence fut surtout mise en lumière pendant les controverses de l'Arianisme. Quand plus tard, en eflfet, les Gnostiques nièrent la création ex niJiilo et n'admirent que l'émanation d'essence, les Ariens procédèrent à l'inverse; ils n'admirent pour Dieu qu'une manifestation par voie de création ex niJdlo et nièrent la production par l'essence. La doctrine de l'Eglise attribuait à Dieu l'une et l'autre. L'une relativement à la production <ies personnes, l'autre relativement aux êtres finis. La différence de l'une et l'autre devait seulement être rigoureusement marquée ; on disait de la génération qu'elle dérivait nécessairement de la nature ou de l'être de Dieu { principium quo) et -de la création, qu'elle avait son principe dans la volonté de Dieu et plus exactement dans la volonté libre de Dieu. « Le Fils n'est donc pas une créature, dit saint Athanase *, car s'il était quelque chose de créé, il n'aurait pas dit : « Il m'a eu-

A. Orat., De inc. Verhi, c. 5. Cf. Cyr. Alex. C. Jul. II (Mi;no LXXVI, S83). — 2. Orat. c. Arian. II, 56.

gendre », les choses créées sont quelque chose d'extérieur au Créateur; et ce qui est engendré n'est point extérieur, comme une œuvre produite, mais provient du Père et est particulier à sa nature. Entre le Père et le Fils, il y a donc une étroite connexion, tandis que les créatures ne se rattachent à Dieu que d'une manière extérieure, par un acte libre de sa volonté, c'est à dire qu'elles peuvent naître ou périr sans que l'Être divin ait à subir de ce chef accroissement ou diminution. Saint Athanase marque expressément cette liberté de la volonté en Dieu, comme un pouvoir de choisir entre créer et ne pas créer et c'est à cela qu'il rattache * la nature contingente de toutes les choses finies. Il attribue même à Dieu le pouvoir d'organiser librement le monde de telle façon ou de telle autre et de créer d'autres mondes à côté de celui-ci : « Car, dit-il, parce qu'il n'y a qu'un seul créateur, il n'est pas nécessaire qu'il n'y ait qu'un seul monde. Dieu pouvait encore créer d'autres mondes. Mais parce qu'il n'y a qu'un seul monde créé, on ne doit croire nécessairement qu'à un seul créateur^ ».

Il est donc évident que saint Athanase n'a pas voulu identifier en tout la liberté de la volonté en Dieu avec son essence, mais a admis entre elles des différences •/.%-' i-wix-». Dieu est libre dans toutes ses opérations extérieures, parce que cellesci sont de nature contingente et ne font pas encore partie par elles-mêmes de l'essence divine.

Saint Basile partage ces vues sur la liberté de la création du monde et il nie tout aussi bien qu'il y ait une connexion nécessaire entre Dieu et le monde. Pour lui le mot c< créa », dans le premier verset de la Genèse, signifie simplement que le monde n'est pas une partie de Dieu, que l'être et la puissance de Dieu ne sont pas enfermés dans le monde, mais que la puissance du Créateur est infinie, qu'il aurait pu créer

K. Cf. plus haut, §. 9, les passages cilés de l'Or. III, 61 seqq. — 2. Alhan., Orat. c. gentes, c. 39 : Kal oùx, ôti et; èonv ô ^ripcup^oç, ^i« TcÛTo y.al si; èaTiv o /.offfic;* r.^ûvaTO yôcp "*' âÀXcu; }40(7[i.c'j; -rroiTioai ô ©eo';. 'AXX' OTi tT; tGTtv é xoou.c; 6 ^ôvoiaevcç, kyi'f/.ri /.xi TÔv toÛto'j ^rijj.icupY^"' ^"'* tikiteÛeiv tivat.

beaucoup d'autres mondes à côté de celui-ci et que ce dernier, qui a été créé seul, l'a été en toute liberté. « De même qu'uu potier peut, avec le même art, créer d'innombrables pots sans épuiser son art ni sa puissance, de même le Créateur de ce monde possède une puissance créatrice qui n'est point enfermée en ce monde, mais qui s'étend dans l'infini ; il a appelé toutes les choses créées à l'existence par le seul acte de sa volonté * » .

Le caractère absolu de Dieu et son infinie supériorité audessus du monde sont donc sauvegardés et ils se sont manifestés, quand il a créé en toute liberté. Saint Basile devait donc contester aussi expressément toute connexion essentielle entre le monde et Dieu : « Et parce qu'il y en a eu plusieurs, dit-il*, qui ont admis que le monde a existé de toute éternité à côté de Dieu et n'a point été créé par lui, mais qu'il existe, comme pour venir en aide à sa puissance, une sorte de matière informe et qu'ainsi d'après eux le monde aurait eu Dieu pour cause mais non pour auteur agissant en pleine liberté et se rattacherait à lui comme l'ombre au corps et l'éclat à la lumière; aussi l'écrivain sacré a-t-il depuis longtemps repoussé cette erreur par ces mots : « Au commencement Dieu créa. » Dans ces paroles il a été sans doute exprimé que Dieu n'a pas donné l'être au monde sous l'action de la nécessité, alors, en effet, le caractère fini et l'imperfection du monde rejailliraient sur Dieu; au contraire. Dieu, comme un habile artiste, l'a créé avec liberté et l'a organisé par son intelligence de la façon la plus parfaite.

4. A ce que nous venons de dire, se rattache une autre différence entre la production et la création ou une notion plus précise et vraiment caractéristique de la création^ à savoir qu'elle a eu lieu dans le temps, qu'elle n'est pas éternelle, qu'elle a du moins reçu son commencement dans le temps. Saint Athanase, comme nous l'avons vu plus haut, fut amené directement par les Ariens à mettre en relief ce point de doctrine, et il ne soutint pas seulement que le monde

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