‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 56 sur 166 · Bas., In Hexaem., hom. I, i. — 2. Ibid., c · texte numérisé non relu

Bas., In Hexaem., hom. I, i. — 2. Ibid., c

n'existait pas de toute éternité, mais encore qu'il n'avait pu être créé de toute éternité. Le premier point est, ou le sait, un dogme ou une doctrine expresse des saintes Ecritures ; quant au second, il ne fut pas admis au moyen âge, notamment par saint Thomas, car la raison ne pouvait démontrer péremptoirement l'impossibilité d'une création éternelle. Saint Athanase est d'un autre avis. Sans doute il avoue que la puissance de créer est inhérente à Dieu de toute éternité. Il nous serait plus difficile, par voie de synthèse ou si nous prenions en Dieu notre point de départ pour notre considération des choses, d'établir la vérité de l'opinion qui affirme que, même pour Dieu, il serait impossible de créer un monde de toute éternité. Si Dieu a reconnu, voulu, pourrait-on dire, le monde de toute éternité, qu'est-ce qui empêche d'admettre qu'il ait pu le créer même de toute éternité? Cependant saint Athanase ne peut se faire à cette idée : « Quand même, dit-il, il eût été possible pour Dieu de créer, les choses existantes ne pouvaient être de toute éternité, car elles viennent de rien et elles n'étaient pas encore avant qu'elles ne fussent. Mais ce qui n'était pas encore avant d'être venu à l'existence, comment cela pourrait-il être contemporain d'un Dieu éternel*? ». Ici le saint docteur recourt à un important principe de théologie, à savoir que dans toute notre connaissance de Dieu, nous ne devons pas seulement suivre la voie de la synthèse, mais aussi celle de l'analyse, si nc-'-s voulons échapper au danger de ne voir qu'un côté des choses. Notre connaissance des choses divines, nous la devons à la considération du monde et elle peut, sans aucun doute, nous conduire à la conviction que le monde doit avoir eu un commencement; aussitôt que nous acquérons la certitude que nous avons beau remonter le cours du temps, nous n'arrivons jamais à l'éternité et cette considération exige toujours un commencement réel du temps. Telle était du moins la pensée de saint Athanase.

Sur la réalité d'un commencement du temps ou sur le ca-

^. Allian., Orat. c. Arian., I, 29.

raclère temporel de la création du monde, les Pères sont d'accord. Saint Basile l'enseigne dans le passage cité plus haut *. Saint Cyrille d'Alexandrie, quand il attaque l'erreur païenne de l'éternité de la matière, ajoute en interprétant les paroles de la Genèse : « Par le temps et par le commencement qui appelle les choses à l'existence, il désigne la création comme parvenant du néant à l'existence de par la volonté de Dieu ». Car il ne nomme pas Dieu l'artisan ou le décorateur d'un monde déjà existant, qui aurait façonné, comme il pouvait, un monde dépourvu de forme et lui aurait assigné des attributs déterminés, comme une grandeur déterminée; mais comme celui qui, par une puissance mystérieuse et inexprimable, a appelé à l'existence le monde encore plongé dans le néant*.

5. Le but final de la création du monde se confond avec la fin générale que Dieu poursuit dans toutes ses manifestations, c'est sa propre gloire. En tant que souverainement sage, il ne peut agir sans but ; et en tant que souverainement parfait, il se doit à lui-même de vouloir sa propre gloire comme le plus grand des biens. Ce n'a pas été assez pour Dieu, comme s'exprime saint Grégoire, de jouir de son bonheur dans la contemplation de ses perfections; il a voulu que sa bonté et sa perfection s'étendissent encore et que même des êtres finis y pussent participer et obtenir leur bonheur par participation au sien.

C'est pourquoi il a pensé d'abord aux puissances angéliques et célestes, et cette pensée est devenue l'œuvre accomplie par le Logos, achevée^ par l'Esprit-Saint.

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