Cette exécution du plan de la création a été toujours
1. Basil., In Hex, hom. 1, 2. Cf. C. Eun. V (E'J. Maur. 1, 307). - 2. Cyril, Alex., C. Jul. II (Mij,'ne, LXXVI, 584) : Xpovw 8ï aâUcv scaî èv '*PZ,'(i >4*''>tûc7i "pb; Y»'v£otv, Tïêotspîî^Ei TT.v xtÎo'.v, w; 'e; eux. ovtwv èv$vr,Yu-j'vr,v jwct» pcûXr.a'.v ÔEcù ttoo; ys. tc eivai t&ù ÔTrep 'sart x.. t. À, — 3. Greg. Naz., Orat. 38, c. 9 : 'E-el Si tù)4 yipxsi t»! à-j^aôoTr.Tt toùto, to xivsîffflai ao'vov tt Éaurii; 6Eto2'a, àÀX' E^ei yjô'iivai tô à*ya6ov xat c^iûoxt, w; TrXstcva etvat Ta ijto-^t7f,ûu.s^oL, TCÙTo -vap ty;; à/.oa; %•/ à"|'x6dTïiTo:, irpwTcv jasv e'vvcsï tx; à-jf sÀixà; 5'jvâasi; xal cupavi'.'j;- x.al tô èvvoy,u.a sp-^'^v f,v, Ao-jw o'Ju.iTXr,poûaïvcv xxl llveùjxaTt TsXeicûaevcv.
Cf. Joa. Damage, De orth. fide II, 2. '
assignée au Logos comme conclusion de la doctrine de la sainte Ecriture, dans le premier chapitre de l'Evangile de saint Jean, ainsi que cela paraît dans le passage de saint Grégoire que nous venons de citer. iJans cette affirmation, saint Albanase va plus loin encore, quand pour démontrer aux Ariens la divinité de la seconde personne, il cherche à établir que, grâce à la création et à la sage organisation du monde, nous connaissons tout d'abord la divine sagesse et par elle ou par le Logos, le Père*. Mais les Pères, comme nous l'avons montré, ne laissent pas de faire remarquer que cette doctrine de la création par le Logos est dans la plus étroite connexion avec le dogme de la Trinité et avec celui de la Rédemption par le Logos fait homme; que Ja manifestation extérieure de Dieu dans la création des choses finies supposait une manifestation de Dieu par lui-même, une fécondité et une communication de l'Etre divin dans la vie immanente de Dieu et, pour cela, elle était accomplie par celui en qui cette manifestation et cette fécondité de Dieu trouvait son expression, c'est à dire par le Fils qui, en tant qu'image la plus parfaite de Dieu, avait formé les créatures faites à cette image et les avait restaurées après leur altération par le péché.
7. Sur l'époque de la création, le rapport du monde matériel ■et du monde spirituel, la fm immédiate du premier, Origèae avait soutenu que la création spirituelle avait été la première et que le monde matériel n'avait d'autre fin que de servir de lieu d'expiation pour les esprits tombés ; aus?i le monde matériel subissait toujours les vicissitudes du monde spirituel. Chez les Pères grecs de l'époque patristique, ces idées apparaissent encore du moins de temps à autre, quoiqu'ils fassent Toir ce qui dans ces idées est en contradiction avec le dogme.
Saint Basile, par exemple, déclare qu'avant le monde présent, il en a existé vraisemblablement un autre, comme il convenait aux esprits purs dont la création doit être considé-
i. Athan., Orat. C. gentes, C. 40 : Et ^è ÀsyM /.xl (rccpîa x.al ÈTTiaTr'aTi ajvET- Tcûtcv eux àXÀov Ttvà Ti Ao'ycv Etvai tcû 03:3. Cf. C. 45.
rce comme antérieure. Ce monde lui paraît même avoir été intemporel et éternel. Le monde terrestre actuel a été spécialement organisé pour l'homme, afin qu'il y trouvât un lieu de séjour commode et que, en le considérant et en l'étudiant par son intelligence, il pût exercer ses hautes facultés intellectuelles et acquérir des connaissances spirituelles ^ « Il faut bien considérer, dit-il, que le monde n'a pas été imaginé par hasard et sans but, mais qu'il doit servir aune fin déterminée et être d'un grand avantage pour toutes choses; car il est l'école des âmes raisonnables et le lieu où la connaissance de Dieu y est acquise parce que les êtres doués de raison, sont amenés par la considération du sensible et du perceptible à la connaissance de l'invisible ».
Que les divers chœurs des Anges aient été créés avant le monde matériel présent, c'est là une opinion que saint Basile a pu soutenir sans contredire la doctrine de la révélation; mais qu'il leur ait réservé un autre monde éthéré qui était encore toujours matériel, c'est là une croyance aussi peu fondée que celle qui prétendait que l'ordre actuel du monde avait été éternel. Mais, vraisemblablement, par ses paroles il prétend seulement nier que cette organisation antérieure au monde ait pu aboutir, par le changement surprenant, ininterrompu et rapidement progressif, au monde terrestre actuel. Pour le reste, il ne partage" nullement les vues fantaisistes d'Origène sur le monde actuel, considéré comme lieu d'expiation pour les esprits tombés ; en même temps, il rejette son complication allégorique des eaux qui sont au-dessus et au-
1. Basil. In H'Xaem. hoin. I, 5 : '^Hv yoEp Tt, w; loty-ev, xaî wpô roù xdafxou
TOUTOU, 8; T^ (aèv ^tavcîa r,{Awv èaii ÔewpYirdv, àviOTopifiTov 8i xaTeXsîtfôïi, '^là tÔ xol; £ÎaaYO(i.svoiî ett xat w,7ïîotç xarà tt.v puciv àvsîriTTiSeiov xv Ti; irpsjpoTs'p» TA; Toù xo'(ju.ou YEvECEw; •/.x'icTo.oii xaï; {(7ïëp)coa|ji.îci; S'uvâjAsoi lïps'jrcjffa, :ô û-spX" povoç, r; aîtovîa, ri àt^to;' S'Y!(JMcupyr,(i.XTa 8i èv olÙ-t, ô twv oXuv x-rîoTin; xaw ^nu-icopyô; ctTiizéXtai, cpw; vcxtov irps— ov ttî [;ia/iapioTTiTi twv «piXoûvTwv tÔv icupiov, Ta; Àc-vixià; "xx'- àcoaTcu; «p'Joei;, xat tiôlom ttjv twv v.^r,TÛ)v 5'taxdop.r,atv, Sax rît* Tip-ETÉpav S'iâvciav ÛTTEppaîve'., ùv cùS'à Ta; ôvou.aaîa; E^EupaTv ^uvaTcîv... ote Js son XoiTïCrv y.al TÔv >c,do}<.Gv TC'jTcu ÈirEiaay^flxva tûT; cuat, irpcy.-j'oujXÊ'vw; p.Èv ^i5'ao>;aXEÏ6v xat iTaifÎÊUTr,ptcv twv àvûpw-îvtov i|)-jj(iLv" ETTSiTa piE'vTCi xal âTca^airXw; iravrwv t5i» Èv ifEVE'aci jtal (pûopà èiriTïi^eiov Èv^iaÎTr,u.a. — "2. Ibid., houi. 111, 8, 9.
dessous du firmament; sa croyance à l'animation du corps céleste aux changements possibles et fréquents du monde correspondants aux états du monde des esprits et bien d'autres choses.
L'explication que donne saint Basile de l'œuvre des six jours mérite moins une attention particulière.
8. Saint Grégoire deNysse admet également que la création du monde des esprits a précédé l'autre; mais il met ce monde des esprits en rapport avec le monde actuel en ce qu'il assigne aux esprits les astres ou le monde terrestre le plus subtil comme leur lieu d'habitation. Mais il ne faut pas pour cela trop élever les deux oppositions du monde fini, l'élément matériel et l'élément spirituel, ou passer de l'un dans l'aatre, car les esprits n'ont point leur corps dans les astres, mais seulement leur séjour et leur sphère d'activité. Une associalion beaucoup plus étroite du spirituel et du matériel se réalise dans l'homme, puisque les deux contraires ont trouvé ici leur accommodement comme dans un seul membre : « Il y a, dit- il*, deux espèces d'êtres comme deux espèces de perceptions, et ainsi notre connaissance se partage entre deux directions vers le spirituel et vers le sensible, et dans le domaine des existences on trouverait difficilement quelque chose qui fût en dehors de ce partage. L'écart entre les deux est considérable, si bien que la nature du sensible ne se trouve point dans les propriétés du spirituel, ni par contre celle du sensible dans le spirituel ; les deux domaines se caractérisent même en tant que nettement diff'érents l'un de l'autre. Le spirituel (les êtres intelligibles) est de sa nature incorporel, impalpable, sans forme déterminée ; au contraire, le monde sensible, comme le mot l'indique, tombe sous la perception des sens. Mais de même que, en dépit de la différence des divers éléments, la sagesse infinie a trouvé le moyen de produire une harmonie qui pénètre tous les contrastes et d'établir une belle ordonnance dans la création, sans que l'opposition de nature ait rompu le lien de l'unité, de même,