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Pour accomplir cette œuvre d'une façon pratique

A. Epp. lib. I, Q- Î6 (éd. Maur.) Sicut saneti evangelii quatuor libros, siô ouaiuor concilia suscipere et veaerari me fateor. Quinlum quoquô coû-» ciUiua pariter veûeror, —

cette histoire doit tout particulièrement s'aider des écrits des Pères de 1 Église. C'est par eux qu'à été soutenus la lutte contre les hérésies, qu'ont été défendues, expliquées et établies les vérités de foi. Leurs écrits témoigneut en faveur de bien des dogmes qui n'ont pas trouvé «.'xplicitement leur expression dans les conciles; ils scrutent le sens de ces dogmes et des formules doctrinales ; ils expliquent l'origine de telle ou telle controverse; ils préludent aux définitions des dogmes, à la formation des opinions théologiques, comme sjstème scientifiqne de la foi. Dans la période qui va suivre les Pères de l'Église apparaissent en si grand nombre et avec une si grande autorité que nous pouvons en toute convenance l'appeler l'époque patristique. Sans doute on pouiv rait aussi donner ce nom à tous les premiers siècles du christianisme, mais il convient d'une façon supérieure à cette seconde période (de 325 à 787). Ici, en eflFet, commence avec saint Athanase la série de ces Pères auxquels l'Église, en récompense de leurs mérites dans la défense de la foi et la conservation de son intégrité, et tout autant de la pureté de leurs écrits, a décerné le titre de docteurs de l'Église. Là figurent à côté de saint Athanase que nous venons de nommer, saint Basile, saint Grégoire de Nazianze, saint Grégoire de Nysse, saint Ghrysostome, saint Cyrille de Jérusalem, saint Cyrille d'Alexandrie dans l'église grecque, puis saint Hilaire, saint Jérôme, saint Ambroise, saint Augustin, saint Léon, saint Grégoire dans l'église latine. Leurs grands services pour l'histoire du dogme ont été proclamés par l'Église ellemême.

A la môme époque se rattache toute une longue série d'autres Pères ou théologiens; et l'on peut bien dire que cette période a été pour la science théologique l'une de ses plus belles époques de floraison. Je n'estime point

nécessaire de donner ici un résumé sommaire de leurs écrits et de leurs travaux, les plus importants phénomènes de l'histoire des dogmes devant faire plus tard l*objet d'un exposé détaillé. Mais il nous faut au moins nommer saint Epiphane, évêque de Salamine, l'historien des hérétiques (-j- 404), saint Éphrem le Syrien (-j; vers 378) Théodoret évêque de Cyr {■j- vers 457) saint Sophronius, saint Maxime et saint Jean Damas cène de l'Église orientale, saint Vincent de Lérins (*]- 450) saint Prosper d'Aquitaine (-f- 460) saint Fulgence (-^ 533) Boèce de l'Eglise latine.

Plus riches et plus abondants sont hs matériaux que nous offre l'époque patristique, plus il nous faudra trier et choisir pour n'admettre que ce qui nous permettra de saisir sur le vif le développement dogmatique. Or celui-ci, suivant la nature des choses, s'est de plus en plus concentré autour de quelques articles de foi,

6. Le travail de ce développement dogmatique est très complexe. Sans doute le contenu des dogmes est immuable, d'origine divine et même la forme du dogme, une fois exprimée par une définition de l'Eglise, prend elle aussi un caractère d'immutabilité ; mais elle présente aussi un côté humain en tant qu'elle est préparée par la science et arrêtée d'après la connaissance que nous avons des vérités de fui; or cette connaissance s'acquiert par des moyens humains.

Dans ce qui suit nous aurons principalement à nous occuper du développement de cette science et de cette connaissance. Une nistoire des dogmes n'est donc pas possible, sans un retour sur l'histoire des conceptions dogmatiques et théologiques en général, et la théologie en tant que science humaine ne peut, ni ne doit se dispenser d'entretenir des relations les plus intimes avec la philo-

Sophie et les autres sciences profanes. Cette compénétration mutuelle de la culture naturelle, de la civilisation greco-romaine et de la foi chrétienne atteint son apogée dans cette môme ^ période. Plusieurs des Pères déjà nommés, en particulier saint Athanase, Eusèbe, saint Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, saint Augustin, etc., furent absolument au niveau de leur temps en tout ce qui touche à la philosophie, l'éloquence, la science historique, etc.

Entre toutes les sciences profanes la philosophie particulièrement eut toujours de très étroits rapports avec la théologie dogmatique et partant avec le développement du dogme. Seulement ici encore, nous remarquons une différence profonde entre la période anténicéenne et la période patristique. Dans la première il n'y eut que des tentatives faibles, partielles et malheureuses, pour rattacher en particulier à Iz. philosophie platonicienne, l'explication de la doctrine du Logos ; ce fut notamment le cas de saint Justin et des Alexandrins. Maintenant les Pères sont beaucoup plus affranchis de toute étroitesse d'esprit, beaucoup plus libres dans l'usage de la philosophie. En même temps, ils ne se cantonnent plus exclusivement dans une seule école; il cherchent la vérité partout; saint Augustin entreprend même, avec le plus heureux succès, de dépasser l'antique philosophie et de créer une philosophie toute chrétienne qui cherche à réaliser l'harmonie entre la science et la foi.

Si nous jetons nos regards sur les diverses tendances scientifiques de l'époque patristique, nous voyons l'école d'Alexandrie qui continue encore 4 fleurir; mais sous l'influence de saint Athanase et grâce à la faveur prédominante dont jouissent de plus en plus eu Egypte la mystique et le monachisme, elle s'ouvre à des tendances nouvelles et de plus en plus mystiques. Là ont été trôs^

vraisemblablement composés les écrits du Pseudo-Denys l'Aréopagite qui sont expressément cités au vi^ siècle et qui plus tard serviront de base à la mystique du moyen âge.

Par contre la critique appliquée à l'exégèse et à l'histoire est maintenant représentée par l'école d'Antioche. Elle avait pris naissance dès le m® siècle sous Dorothée, et s'était acquis une grande réputation avec Lucien ', le maître d'Arius. Mais ce fut sous Diodore de Tarse (-f- 394) le maître de saint Jean Chrysostome et de Théodore de Mopsueste (•]• 429) qu'elle arriva à son apogée au iv® siècle. Cependant son exégèse étroite, timide, toute bornée à l'explication et a la critique littérale produisit aussi ses mauvais fruits : de l'école d'Antioche sortirent Nestorius et, à sa suite, tous les sectateurs d'une hérésie dont les conséquences furent si funestes pour l'église d'Orient.

En Occident on ne peut pas citer d'école théologique proprement dite. Et ce ne fut pas là, certes un malheur pour l'Eglise ; car l'idée d'école implique facilement exclusivisme et attachement à certaines idées particulières. Une tendance bien déterminée se fit jour cependant dans la science théologique, et saint Augustin en fut la cause. L'Occident devint, en effet, grâce au tempérament romain, le terrain spécial où s^élabora le côté pratique du christianisme. Même en fait d'hérésies, on voit, que les seules questions qui réussirent à provoquer le plus d'attention sont de celles qui avaient trait à l'organisation de l'Église, à la réglementation de sa vie extérieure, a l'œuvre du salut, aux rapports de la grâce et de la liberté. Les hérésies relatives à l'homme et à l'Éghse, qui dans notre division doivent trouver place dans notre troisième et notre quatrième partie de l'histoire des dogmes

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