‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 61 sur 166 · Orat. de inc. Verbi 9. Cf. c. 20. — 2. Ibid., c. Vi · texte numérisé non relu

Orat. de inc. Verbi 9. Cf. c. 20. — 2. Ibid., c. Vi

sa plus parfaite image, afin que celle-ci restaurât la ressemblance de l'homme avec Dieu. Le Logos prit notre corps pour attirer par des œuvres corporelles l'attention sur sa personne et sur sa puissance divine, puisque les hommes avaient cessé de reconnaître dans les œuvres de la nature les œuvres de Dieu. Gomme le sens de l'homme s'était jeté sur les choses corporelles, le Fils de Dieu prit notre chair, afm que dans la chair et revêtu de chair, il attirât à lui les sens des hommes et que, par les œuvres de Dieu et son Logos ils pussent le reconnaître lui-même ^

Cet abaissement du Logos dans la chair n'est nullement indigne de sa nature divine ; car il n'était pas enfermé dans le corps comme dans un espace qui le circonscrivît ; il remplissait en même temps l'univers en tant que Dieu présent partout. Il n'a donc pas été plus sali ou plus souillé par le corps que le soleil par le contact de ses rayons avec les choses terrestres.

La mort ignominieuse du Sauveur sur la croix paraît être aux païens quelque chose d'indigne de Dieu. Cependant le Fils de Dieu qui n'était pas soumis à la loi de la mort et qui guérissait les autres des maladies ne pouvait mourir, il devait, puisqu'il lui fallait mourir, recevoir librement la mort violente que les Juifs lui infligeaient et ainsi anéantir complètement la mort qui s'était injustement attaquée à lui*. Puisque la résurrection du Seigneur devait être objet de légitime croyance, il fallait qu'il souffrît publiquement la mort sous les yeux de tout le monde et qu'il la fît publiquement constater par l'autorité ^. Il fallait aussi que son cadavre ne restât pas trop longtemps dans le tombeau, si la résurrection devait être pour nous un objet de croyance ; car si (même abstraction faite de cette supposition) une décomposition complète s'en était suivie on aurait dit parmi les infidèles qu'il avait pris un autre corps. Si, d'autre part, la résurrection s'était produite immédiatement après la mort, elle n'aurait pu être dûment constatée.

4. Alhan, Orat. de inc. Verbi c. <6. — 2. Ibid. c. Î2. — 3. Ibid. c. 23.

Ceux qui voient dans rincarnatioa du Logos quelque chose d'indigne de lui doivent considérer comment Dieu habite dans le monde et y est partout présent. Si le Logos pénètre le monde entier comme un organisme d'unification ' et se trouve tout entier dans chaque partie, comment serait-il absurde qu'il choisît un corps humain pour sa demeure particulière, qu'il l'eût pénétré en l'éclairant et qu'il lui eût accordé sa puissance motrice * ? Si nous voulions presser un peu ces paroles, il nous faudrait bien accuser saint Athanase d'avoir sauté par dessus l'âme humaine et oubUé comment le corps du Seigneur a reçu tout d'abord de l'âme ou plus exactement du Logos par l'âme humaine le mouvement et ensuite la lumière. Cependant le mot « corps » (awfia) désigne souvent chez saint Athanase comme en général, chez les Pères la nature humaine tout entière, et saint Athanase, dans le même chapitre, emploie formellement l'un pour l'autre ' les mots homme et cor'ps (âvôouTro;, awfAa).

L'apparition du Logos dans un vrai corps humain et dans une nature vraiment humaine ne peut donc être regardée par les païens comme un acte de folie. Ce n'est pas sous la forme du soleil, de la lune ou d'un astre que le Logos devait se manifester, mais bien sous celle de l'homme, parce que seul l'homme s'était détourné de sa destinée et seul il avait besoin d'être instruit et renouvelé depuis qu'il avait pris le néant pour la vérité et le bonheur. Le mal était dans le corps humain, comme dans la nature humaine en général ; la mort avait pris naissance dans le corps humain et elle le dominait : c'est donc là que la vie devait de nouveau être implantée. Aussi le Logos a pris un corps humain afin que celui-ci associé à la vie ne reste plus sous la domination de de la mort *. Le Logos est descendu jusqu'à la frêle vie corporelle de l'homme; il a apporté aux hommes d'aussi près

1. Ibid. C. 41. — 2. Ibid. C. 42: Oûtw; ô S'.^cù; jcxl ir'.ffTsûwv, tov toû 0£OÛ Arfcv èv Tw irav-l uvai, xal tÔ irâv û:t' aÛTCÛ «pwTtî^eaôai xat x.i^elaôai, où:t àrcivov âv y.YTiffîTat, y.%<. (j(i)[i.a h àvôçwinvov Ûû' aùroù xtveloÔai «aï (puTÎÎ^saôai. — 3. Alhan. Oral, de inc. V^erbi c. 42 : Oùx. oùv ôXw; oùx. à^peirè; ~h èv âvôfciiï» eïvat TÔv Aôfov. — 4. Ibid. c. 44.

que possible l'èlre diviu, il le leur a montré dans des œuvres miraculeuses qu'il a accomplies dans son corps et il a élevé les hommes jusqu'à lui.

Pour les temps postérieurs, le Rédempteur a manifesté également sa divinité d'une façon saisissante par la transformation merveilleuse que le Christianisme a opérée dans le monde moral par les vertus héroïques auxquelles il a amené les fidèles, par les lumières abondantes qu'il a communiquées aux hommes, par l'amour de la pureté et de la virginité qu'il a répandu dans le monde, par le courage de la mort qu'il a inspiré aux martyrs et aux confesseurs *.

L'Arianisme dans la christologis. Comment il est combattu par saint Athanase.

C'est surtout contre la doctrine de la Trinité chrétienne que l'Aiianisme a dirigé ses coups et tout particulièrement contre la parfaite divinité du Sauveur. Par là, comme nous l'avons montré dans la première partie, il renversait de fond en comble toute la docirine relative à l'œuvre du Christ. Mais même sur la question de la nature humaine du Seigneur, l'Arianisme ne put se maintenir dans la vérité. Si, en effet, il n'y a pas dans le Christ fait homme le Fils de Dieu consubstantiel au Père, mais seulement un médiateur créé ; ce Logos préexistant, mais créé, n'a pu prendre dans le sein de Marie et élever à lui une nature parfaitement humaine, mais seulement un corps humain. Dès lors, on n'a aucune raison d'admettre à côté du Logos créé une àme humaine; cela devient même impossible, car il nous paraît absurde de songer à unir en une seule personne deux esprits créés. L'abaissement du Logos n'est donc plus dans rx\rianisme une incarnation, mais une incarcération temporaire dans un corps humain et pour un but que nous ne saisissons plus. Une pareille explication

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