‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 63 sur 166 · Il)i(!. H, 69. — 2. Ibid. III · texte numérisé non relu

Il)i(!. H, 69. — 2. Ibid. III

(XI, 27) et ea saint Luc, (X, 22), que seul il connaît le Père. A vouloir entendre ces deux passages, comme les Ariens, d'un seul et mèm ^ aspect de la personne du Seigneur, nous serions obligés J'admetlre que la connaissance parfaite de Dieu est quelque chose d'inférieur à la connaissance du dernier jour*. Les Ariens ne pouvaient même concilier l'ignorance du dernier jour avec les idées qu'ils se faisaient ailleurs du Logos créature ; celui-ci, en effet, était pour eux le créateur du monde et il n'en devait pas moins rester dans la pleine ignorance du jour de sa fin.

Dans notre doctrine catholique sur cette question de la personne du Seigneur, aucune difficulté ne subsiste pour expliquer les paroles en apparence contradictoires du même Seigneur Jésus ; quelques-unes, disons-nous, se rapportent à la nature divine, d'autres à la nature humaine. Et en ceci, comme il a été déjà dit, saint Athanase va jusqu'à attribuer l'ignorance du dernier jour à la nature humaine ; les Pères, au contraire, attribueront plus tard même .à la nature humaine par suite de l'union hypostatique, sinon une omniscience, du moins une sorte de perfection et de rassasiement de l'intelligence; de telle sorte que le Seigneur lui-même ne pouvait lui attribuer une véritable ignorance du jour de la lin du inonde ^

Les Ariens ne pouvaient expliquer davantage d'une façon acceptable le passage de saint Luc (II, 52) relatif au Logos créature croissant en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes. Le Logos antérieur au monde était conformément à la doctrine arienne parfait bien longtemps avant l'Incarnation, et il ne pouvait rien acquérir par son

\. Alhan. Orat. c. Ar. ÎIl, U. — 2. Il est étonnant que Baur {Die christl. Lehre von der Dreieinigkett imd Mcnschwerdung Gotles, \,3è6 sqq.) en dépit de cette alint)ution à l'âme liumaine, ait néanmoins accusé saint Athanase de n'avoir pas soni;é avant les controverses apollinaristes à l'àme humaine de Jésus; et cela parce que dans ses discours contre les Ariens, il ne parle toujours que de la chair du Seigneur, et que il a craint en faisant ressortir la ne humaine du Seigneur d'abandonner l'uiulë personnelle de l'Homme-Dieu.

Incarnation. Mais ce passage s'explique bien dans le sens de la doctrine orthodoxe ; car celle-ci admet sous les dehors de l'humanité une révélation préalable de la divinité et un rayonnement progressif de )a gloire divine*.

Ainsi d'autres paroles, à première vue contradictoires, relatives à la personne du Seigneur trouvent leur explication dans la doctrine orthodoxe. En effet, quand le même Sauveur se livre spontanément et de sa propre volonté à ses meurtriers et qu'il dit de lui même qu'il a le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre, mais qu'il montre ensuite dans le jardin de Gelhsémani une certaine crainte de la mort, tout cela ne s'explique que par les deux natures de l'Homme- Dieu.

On voit clairement par là comment la polémique contre l'Arianisme et l'interprétation des textes bibliques en question devait amener la science théologique à un plus exact discernement des deux natures dans le Christ.

Ce discernement se trouve déjà bien visible chez saint Athauase ; mais il n'est point poussé jusqu'à la séparation, comme cela avait été fait par Paul de Samosate et le sera plus tard par les Nestoriens. Le divin et l'humain ne sont pas séparés dans le Christ de telle façon qu'une personne humaine ait été simplement éclairée par le Logos divin; les deux natures forment plutôt une seule nature et c'est là surtout ce que montre le saint docteur dans ce fait que les qualités caractéristiques de la nature humaine n'étaient pas attribuées à l'homme seul, mais à la seule personne de l'Homme-Dieu : « Le Logos, dit-il, a supporté les faiblesses propres à la chair, parce que la chair lui appartenait, et d'autre part, le corps lui servait aussi pour l'accomplissement des miracles, parce que la divinité était dans la chair et celle-ci était le corps de Dieu. Les souffrances mêmes peuvent être attribuées au Logos *, par le fait que si elles atteignaient tout d'abord le corps, celui-ci était bien le corps du Logos ^. Il n'y a pas moins de convenance à accorder à la

\. Athan. Orat. c. Ar. III, 53. — 2. Ibid. c. 31. — 3. Ibid. c. 32: ôJev

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très sainte Vierge Marie le titre de a mère de Dieu » (ômtoxcç) quoique la naissance ne s'entende tout d'abord qae de la seulo nature humaine*.

5. De l'union hypostatiquo de la nature ham;iine avt-c le Logos devait résulter pour Marie une eilusion de gi'âces et des privilèges particuliers. Saint Athanase fui amené par l'hérésie d'alors à mettre en lumière un privilège relatif à ces questions débattues ; à savoir l'impeccabilité du Christ *. La liberté de pouvoir choisir le mal devait être considérée comme supprimée par l'union de la naturo humaine et du Logos en une personne et l'œuvre de la Rédemption en paraître d'autant plus inébranlable.

Saint Cyrilla de Jérusalem et sa doctrine sur le Rédempt&ur et la Rédemption.

Saint Cyrille de Jérusalem se propose dans ses Catéchèses de donner une explication du contenu du Symbole des Apôtres. Il est ainsi amené à s'étendre à fond sur la christologie en particulier ; car les hérésies avaient dès les temps les plus anciens oblige d'introduire daus le Symbole plusieurs articles relatifs à ce dogme, spécialement à propos des actions de la vie du Seigneur.

1. Pas plus que saint Athanase saint Cyrille ne maaque de jeter quelque clarté sur le profond mystère de l'Incarnation qui était un scandale pour les Juifs et une folie pour les païens. Dieu que notre faible œil humain ne peut contempler directement, a voulu se rapprocher de nous et s'est revêtu d'une enveloppe humaine pour se rendre accessible à notre intelligence sur le terrain qui nous était le plus familier et le plus à notre portée '. Puisqu'il tenait à nous laisser

TTÎ; aapxb; Tcaoy^oûcm;, &ù.t •^v èxTCx; xaûmî é Ao'yo;' ^« twto ■yàp aùroâ À^YStai xaî TÔ irâecç. — 1. Cf. Orat. III, 29, 33. - 2. Ibid. 1, 52. — 3. Cyv. Hier. Gat. -12, 44.

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