‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 64 sur 166 · SAINT CYRILLE · texte numérisé non relu

SAINT CYRILLE

percevoir quelque chose de son être et de ses vues sur l'humaaité et à nous enhardir et encourager à entrer en rehation avec lui, il n'avait aucun moyen meilleur d'y réussir que de devenir en tout semblable à nous, que de venir parmi nous comme un enfant des hommes et à entrer dans la plus intime relation avec nous. Si Dieu voulait nous racheter et nous délivrer du péché et de la misère, il devait prendre ce qui était à racheter et y accomplir tout d'abord l'œuvre de la rédemption. Le démon devait être à nouveau vaincu par un homme, comme il avait vaincu un homme, et sur le terrain même où il avait été vainqueur. Saint Cyrille pense donc que c'est par ignorance de la nature divine du Seigneur, qu'il s'est attaqué à lui, qu'il l'a pris dans les pièges de la mort, mais qu'ayant avalé un morceau mortel pour lui il avait été forcé de rejeter de la gueule de la mort et des chaînes de sa domination tout ce qu'il y avait introduit sans droite Nous verrons bientôt dans quel sens il entendait ce langage figuré.

2. Saiul Cyrille reconnaît aussi dans l'article relatif à l'incarnation deux natures dans le Christ : la nature divine ei la nature humaine et aussi la naissance du Seigneur du sein de la Vierge Marie. Il cherche, en effet, à démontrer cette naissance par des raisons de convenance^. L'être tout pur et tout saint devait sortir d'un sein pur et immaculé '. Il a été déjà indiqué en un autre endroit comment cette idée à mesure qu'elle s'est fait jour de plus en plus dans la conscience de l'Eglise, s'est unie à celle de la conception de Marie et a fait admettre de plus en plus la foi en cette dernière. Car s'il était convenable pour la mèi'e de Dieu, que son sein sacré fût préservé de toute autre souillure? Il convenait aussi que toute sa personne, que son âme même eût présenté un séjour pur et sans tache au Logos divin. Mais cela impliquait l'impeccabilité et l'affranchissement de la servitude du péché ; et cet

<. Ibid. n. 45. — 2. Cf. Hist. des Dogmes, t. I, § 38 (2« éd. p. 232). — 3. Cyr. Hier. Gat. 12, 25 : Êtt^ctte vào tw àpoTocTM x.y.\ Ji^adJcâXw vnç àpeîaç.

affranchissement impliquait à son tour une conception immaculée. Sans doute saint Cyrille ne donne pas expressément ce développement à sa pensée, et il semble en un autre endroit admettre une sanctification particulièro du sein de la mère de Dieu en vue de l'Incarnatioa, lors de l'Annonciation par l'archange Gabriel * .

Du reste saint Cyrille tient fortement à l'égalité consubstautielle du corps humain du Seigneur et du nôtre en opposition avec toutes les vues gnostiques : « Celui qui daus la formation des hommes a réuni leurs membres entre eux, et qui n'en rougit pa?, devait-il rougir de se former un corps saint pour servir d'enveloppe à sa divinité* » ?

Pour les Juifs incrédules, saint Cyrille les renvoie à la conception de Sara, à la verge d'Aaron qui reverdit, à la création d'Eve au moyen d'une côte d'Adam, et il leur montre ainsi qu'en Dieu tout était possible. « Si Eve a pu naître sans mère des flancs d'Adam, un enfant n'a-t-il dû pouvoir naître du sein de la Vierge sans intervention d'un homme? Le sexe féminin par suite de cette première création devait des remerciements au sexe masculin ; car Eve était née d'Adam, d'un homme sans avoir été conçue par une femme. Donc Marie acquittait cette dette de reconnaissance, en enfantant non d'un homme, mais d'elle seule par la vertu de Dieu grâce à l'opération du Saint-Esprit ' ». m

Dans sa treizième catéchèse saint Cyrille en vient à parler de la soufirance amère et de la mort du Seigneur dont il défend d'abord la réalité historique contre les Gnostiques et les Manichéens. C'est en cela qu'il fait reposer les mérites satisfactoires du Christ qui se substitue à nous et le fondement de notre salut ; car c'est par là que la divine justice a été apaisée et la damnation du démon anéantie. Si ces effets se sont produits pour nous d'une manière admirable et surabondante, nous pouvons considérer que ce n'est pas simplement un homme, mais le Fils de Dieu qui est mort. Et le seul péché d'Adam n'a-t-il pas eu des conséquences considérables pour

\. Cyr. Hier. Cal. 47, 40. — 2. Ibid. 4t, 26. - 3. Ibid. n. 29.

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