SAINT CYRILLE
le genre humaia tout entier. « Si la mort règne sur le monde grâce au péché d'un seul, pourquoi la vie ne retrouverait-elle pas mieux encore son empire par la justice d'un seul? Et si c'est par le bois dont ils mangèrent le fruit que nos ancêtres s'attirèrent leur expulsion du Paradis terrestre, pourquoi Jésus par le bois encore u'obtiendrait-il pas beaucoup mieux aux fidèles l'entrée du Paradis? Si le premier homme formé du limon de la terre en est venu à communiquer la mort à tous, pourquoi celui qui l'a formé du limon de la terre ne rendrait-il pas la vie puisque il est lui-même la vie ? *» Ici la mort du Seigneur sur le bois de la croix est donc mise en parallèle avec le péché d'Adam, dans ses effets sur le genre humain. Dans la mort du Seigneur s'opère la réconciliation de tous, en lui est donnée au monde la véritable victime d'expiation pour les péchés du monde. « Si Phinées embrasé de zèle apaisa la colère de Dieu par le meurtre d'un odieux criminel (Nom. 25, 8-11), Jésus n'apaisera-t-il pas la colère de Dieu contre les hommes, alors qu'il n'a pas tué un autre homme, mais qu'il s'est livré lui-même comme rançon^?»
Si la mort du Seigneur a pu avoir cette importance pour la rédemption de l'humanité, c'est uniquement parce que le Sauveur n'était pas soumis à la nécessité de mourir, mais qu'il sacrifiait sa vie en toute liberté pour les péchés du mondée
Si déjà, comme l'enseigne l'Apôtre dans sa lettre aux Hébreux, le sacrifice des animaux servait dans l'Ancien Testament d'expiation pour les violations de la loi, à combien plus forte raison le sang de l'agneau divin devait-il être en puissance d'expier les péchés, puisque le Rédempteur n'avait pas à mourir pour ses propres péchés*? Cette vertu du sang et de la croix se montre ostensiblement dans la défaite des démons qui partout prennent la fuite devant le nom de Jésus.
La Rédemption a été absolument universelle, elle a été accomplie pour tous les hommes* ; saint Cyrille fait même en-
4. Ibid. 43, 2. — 2. Cyr. Hier. Cat. 13, 2. — 3. Ibid. n. 6 : OU àvay- 4. Ibid. n. 3. — 5. Ibid. n. i9.
tendre que la Rédemption a produit des fruits jusque daus le Ciel. « Le Sauveur a tout supporté pour tout réconcilier par son sang répandu sur la croix. Nous étions, en effet, ennemis de Dieu par le péché et Dieu avait décidé que le pêcheur devait mourir. Il fallait de deux choses l'une ou que Dieu s'en tint à ses menaces et nous fît tous mourir, ou qu'il u^ât de miséricorde et réformât sa sentence. Maintenant U laissait à ses menaces plein effet en même temps qu'il donnait libre cours à sa bonté. Le Christ a pris les péchés dans son corps et les a cloués à la croix, afin que morts au péché par sa mort nous vivions de sa justice. Il n'était pas de valeur finie celui qui est mort pour nous ; ce n'était pas une victime sans raison, ni un simple homme, ni même un ange, mais le Fils de Dieu fait homme * ».
Dans ces paroles se trouve clairement exposée la doctrine de la subslitution salisfactoire et de la mort du Christ qui réconcilie tout, et il en résulte tout aussi clairement que celte façon de nous représenter le sacrifice du corps du Christ succombant sous les coups du démon doit être entendu dans ' un sens figuré ; et d'après cela le péché et avec lui le démon, ont été condamnés à cause de leur injustice contre le corps du Christ. En même temps la satisfaction du Christ nous est représentée comme surabondante, puisque il est dit daus un \ autre endroit : « L'injustice du péché n'était pas aussi . grande que la justice de celui qui est mort à cause de nous ; nous n'avons pas péché dans la proportion où s'est élevé dans ^ la justice celui qui pour nous a sacrifié sa vie, celui qui l'a livrée, quand il l'a voulu, et l'a reprise, quand il l'a voulu. ^ »
Pensées de saint Hilaira sur la personne et sur l'œurre
du Sauveur. j
La foi de l'Église catholique fait éclater son caractère divin , daus ce fait qu'en dépit de toutes les oscillations des opi-