‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 71 sur 166 · Ibid. c · texte numérisé non relu

Ibid. c

2. Ibid. c.35.(cf. A^/ia/i.C.AppoI. 1,21). — 3. Ibid.c. 42.-4. Ibid.c.39,o0. - 5. Ibid. c. 44. — 6. Ibid. c. 51. — 7. Ibid. c. 43.

pendre le salut d'une volonté finie, partant de ne pas la rendre problématique, mais de la rattacher, en tant qu'œuvre divine, au Dieu qui se manifeste sous l'enveloppe de la chair. Bien plus explicable est encore l'intérêt que la théologie protestante attache aux conceptions sotériologiques d'Apollinaire, étant donné que sa sotériologie a été adoptée dans une certaine mesure comme base do la première doctrine protestante ou luthérienne de lajustification. Pour Apollinaire, c'est Dieu seul, en effet, qui a exécuté l'œuvre de la Rédempti on sansaucunecoopération delapartdu genre humain. L'enveloppe charnelle qu'il laisse encore subsister ne l'ait même pas partie du genre humain : elle n'a pas été prise dans le sein de la Yierge Marie, elle a été apportée du ciel. Une pareille sotériologie s'imposait à proprement parler, dès qu'on fait agir Dieu seul dans l'œuvre de la Rédemption de chaque individu, et qu'on n'exige de l'homme qu'un seul acte de foi à l'accomplissement duquel l'homme tombé ne peut même apporter aucune coopération, car le péché originel lui a fait perdre toute aptitude au bien. Or, c'est bien une opinion semblable qu'Apollinaire doit avoir professée sur l'état de l'homme tombé et sur la justification, car il attribue à l'homme tombé une perversion radicale et une propension inéluctable vers le péché. Et il contesta toute renaissance à une vie nouvelle dont la naissance du Seigneur aurait fourni le modèle, car il prétendit n'admettre entre nous et l'Homme-Dieu qu'une ressemblance éloignée'.

Réfutation de l'Apollinarisme et défense de la doctrine de l'Eglise sur l'àme de Jésus, par les Pérès contemporains

Les Pères ne tardèrent pas à reconnaître le danger de la doctrine erronée d'Apollinaire et ils la combattirent vivement comme étant diamétralement opposée au dogme de la

1. Alban. C. Apoll. II, il : A/Àa /éyezi t^ o/ietuati xot» rij fn/xr,7n «^ÇtjSa» T0Î<4 7t»ïT£;>ovTaî xaJ où t^ 6aiau(xivieti xai rii xitKpx^,

RÉFUTATION DE L'APOLLINARISME 431

Rédemption. Parmi ses adversaires se firent principalement remarquer saint Athanase dans ses deux écrits « contre les Apollinaristes » intitulés diussi De litcarnatione et deSalutari adventu, saint Grégoire de Nazianze par ses deux lettres « à Clédonius » citées dans l'ancienne édition comme étant rOr<2^eo 51 et 52, saint Grégoire de Nysse, avec son Antirrhelicus adversus Apollinare'm et son écrit Ad Theophiluin et enfin saint Epiphane dans sa 77^ hérésie. Nous allons les suivre dans leur lutte contre l'erreur et dans la défense et la démonstration des articles de foi sur l'âme humaine de Jésus.

1. Si dans la sainte Ecriture (Jean 1, 14), il est dit que le Verbe s'est fait chair, il n'y a dans ce mot chair aucune preuve en faveur de l'erreur des Apollinaristes; car la partie a été mise ici pour le tout et si la chair est mentionnée, c'est pour marquer d'une manière plus éclatanteTabaissement du Logos. Une synecdoque de ce genre, comme le remarque* saint Grégoire de Nazianze, n'est pas rare dans la sainte Ecriture; de même le mot âme {anima) est souvent employé pour désigner l'homme tout entier. Il n'y avait pas davantage dans ces paroles l'indication d'une transformalion du Logos en chair; il a été dit même du Seigneur qu'il était devenu pour nous péché et malédiction (II Cor, V. 21; Gai. III, 13) en ce qu'il avait pris sur lui nos péchés et la malédiction en elle-même.

Le passage de l'Apôtre (Ep. Phil.II, 6) d'après lequel le Fils de Dieu a pris la forme d'esclave ne prouve pas davantage en faveur de l'erreur ; car la forme d'esclave (ptoo(f-r, ooù/ou) n'est pas seulement l'apparence extérieure, visible de l'homme, mais aussi la nature humaine tout entière de même que le mot « forme de Dieu » (f^o^o-f^ Qzo'S) désigne la plénitude de la divinité. Au contraire l'âme raisonnable est avant tout la forme de l'homme. Si le Fils de Dieu a pris non un cadavre humain, mais la forme humaine complète, il doit avoir pris le corps avec l'âme^

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