‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 8 sur 166 · Cf. s. Aug. Retract. Il · texte numérisé non relu

Cf. s. Aug. Retract. Il

î. M»nscher, op. cit. III, 167.

St HISTOIRE DES DOGMES.

de destroctions des doctrines enseignées. Mais peut-on répliquer à bon droit, n'est-ce pas là plutôt la mort même detouto science? Même dans l'ordre naturel la science doit partir de principes incontestables, et le seul rôle qu'elle revendique, c'est d'établir ces principes, de les développer, de poursuivre ses recherches pour s'approcher de plus en plus de la tranquille possession d'une science éternelle et immuable. Plus on s'avance dans cette voie, plus la science est parfaite. Et n'en est-il pas ainsi de la science théologique ? Plus grande est la certitude que nous avons non seulement de ses principes fondamentaux, mais encore de leurs suites natarelL: s et de leurs conséquences, plus nous approchons de la perfection de la connaissance religieuse, de l'immuable possession de la pleiD>e vérité divine. L'examen de toutes les propositions, leur démonstration et éclaircissement n'en reste pas moins toujours l'objet de la science, et il n'est nullement nécessaire pour cela de l'aborder avec un doute positif.

On a encore signalé chez les Protestants, comme particularité caractéristique de la seconde période de l'histoire des dogmes, l'intlaence de plus en plos croissante de l'État et du monachisme encore tout récent sur le développement des dogmes. Sans doute les empereurs chrétiens avaient grand intérêt à maintenir l'unité d i foi dans leur empire, et souvent ils empruntèrent à TEglise son assistance pour éloigner les discordes survenues. Ils intervinrent dans la convocation des conciles généraux, ils se mêlèrent même parfois à leurs travaux en qualité de conseillers extérieurs ; ils s'intéressèrent à l'exécution de leurs décrets et combattirent la propagativm Je l'hérésie. Mais il se conduisirent parfois aussi d'après les inspirations de l'hérésie; ils abusèrent de leur puissance, s )it pour venir en aide à l'erreur, soit pour contraindre les évêqaes à accepter des symboles hérétiques. Unie vit bien

lors des querelles de l'arianisme et du monothélisme. Parfois même par un zèle indiscret en faveur de l'orthodoxie, ils sortirent de la sphère de leurs pouvoirs pour imp s.>r d"S symboles et des doctrines que certains évêqnes leur avaient proposés comme des moyens de mettre un terme à des conflits et à des divisions ; tel fut, par exemple, le cas de l'empereur Justinien.

Et cependant c'est à peine si ces efforts des empereurs Byzantins eurent une influence appréciable sur le développement dogmatique. Les mesures de violence peuvent bien créer des difficultés dans la vie extérieure de l'Église; elles ne sauraient exercer d'influence durable sur le terrain spirituel du dogme. Quand l'empereur Justinien se fut constitué avec ses ana thèmes l'adversaire d'Origène et des Trois chapitres, il ne put échapper aux yeux de personne que les évêques et les théologiens lui avaient rais les décrets dans les mains, et ceux-ci n'eurent d'importance durable pour le développement des dogmes que dans la mesure on l'Église universelle y retrouva l'expression de sa foi et les confirma par son acceptation.

Le monachisme a été signalé lui aussi chez les Protestants* comme un facteur important du développement dogmatique dans notre seconde période. C'est à lui qu'on devrait le développement et la diffusion de la crédulité et de l'amour du merveilleux. Ainsi les dogmes du purgatoire, du culte des saints et même de l'Eucbaristie seraient les effets de cette influence. L'accusation est injuste. Sans doute, le monachisme présente un des aspects les plus brillants de la vie de l'Église au iv^ et au v® siècle ; il montre la puissance de rajeunissement et de transformation propre au christianisme sur le terrain des mœurs et de l'ordre social. Il dut tourner vers l'idéal d'énergi-

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