‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 9 sur 166 · Giesler, Dogmengesch. p. Î53, etc · texte numérisé non relu

Giesler, Dogmengesch. p. Î53, etc

ques aspirations, attiser et étendre l'ardeur indispensable pour vivifier toute science, et en particulier la théologie, il forma môme un contrepoids aux contestations théologiques pour les empêcher de dégénérer en querelles de mots et compromettre ainsi l'œuvre maîtresse du christianisme, à savoir le renouvellement moral de l'humanité. Parfois aussi les moines, surtout dans les querelles de rOrigénisme et du monophysisme ont pris une part fort tumultueuse aux luttes dogmatiques; mais le tumulte, ni les révolutions no peuvent rien fonder de durable sur le terrain du dogme.

Et comment les moines pouvaient-il d'ailleurs exercer quelque action sur le développement du doctrinal par leur foi au merveilleux? La doctrine était très nettement arrêtée sur tous les points indiqués plus haut, et, pour la démonstration de ces divers articles de foi, il n'était nul besoin de récits merveilleux. Combien rares, du reste, sont les récits merveilleux auxquels les Pères ont recours dans ce but, c'est ce que la suite de notre exposé montrera en toute évidence.

8. Entre l'histoire des dogmes de l'époque anténîcéenne et de la précédente, il y a, il est vrai, une différence réelle à signaler, elle a trait au rôle et à la marche même de cette histoire. Une pareille histoire a en effet un double rôle. Elle doit d'abord montrer comment dans le cours des temps et à travers tous les développements, la substance delà vérité divine est toujours restée la môme; mais il lui faut ensuite présenter le progrès réalisé dans les formules, les définitions et l'intelligence de la vérité. Avant le concile de Nicée elle a dû surtout avoir devant les yeux le premier de ces rôles, quoique le second n'ait pas été perdu de vue et ait été affirmé par de nombreux résultats. Mais au temps des Pères ces deux

rôles se trouvent presque eu rapport inverse. Ce qui veut dire qu'il ne saurait être maintenant aussi important de recueillir toutes les traces possibles des dogmes chrétiens et de leur lointaine existence; il faut plutôt faire passer à l'arrière plan le souci de; présenter une à une les diverses phases de développement et le vrai progrès sur le terrain de l'évolution dogmatique. Il ne s'agit donc pas tant désormais de jeter un regard complet sur tous les dogmes affirmés ou mentionnés chez tous les docteurs de ^Eglise. Les dogmes eux-mêmes autour desquels s^élèvent les controverses et se concentrent les développements doivent plutôt nous fournir les jalons, le fil conducteur qui nous feront voir à travers leurs formules qui se précisent de plus en plus ce qui constitue leur véritable progrès. Celui-ci ne se présentera pas à nous comme une perpétuelle succession de négations et d'affirmations, mais bien comme un développement vivant qui part de la démonstration des doctrines fondamentales de la théologie et s'étend ensuite jusqu'à leur épanouissement dans leurs dernières conséquences. Gela seul qui a quelque importance pour ce travail de développement, fournira la matière de l'histoire des dogmes à l'époque patristique. Par là apparaîtra de plus en plus l'opportunité de la division que nous avons adoptés, en exposant ce travail de développement par groupes de dogmes rangés sous les titres de théologie, christologie, anthropologie, église. 11 nous a paru bon aussi à cause des controverses qui se concentrent de plus en plus nombreuses autour de certaines questions de foi d'introduire dans certaines parties des subdivisions surtout pour les chapitres I, II, III et IV; ainsi nous pourrons reproduire dans notre histoirs la simplification qui se produit sur le terrain de la controverse.

Page 1