Greg. Ayss. C. Eun. V (ctl. Migne XLV
2. Greg. Nijss. C. Eun. VI (cd. Migne XLV, 712 sq.) : 'û« sùx «tti t« r?.;
CHRISTOLOGIE ET SOTÉRIOLOGIE 451
gie, comme s'exprime saint Grégoire, que le Logos divin est ainsi amené à partager la souffrance et la mort en tant qu'il les subit dans et avec sa nature humaine.
3. L'explication des passages bibliques rejetés par les hérétiques formait toujours le point principal de la lutte dans les controverses christologiques. Bien des questions relatives à ce point de vue ont été déjà touchées dans la première partie' et dans ce qui précède. Il était devenu d'autant plus nécessaire de donner une exacte et délicate différenciation des deux natures dans le Christ. Des passages comme celui de saint Jean (XIV, 28) : « Le Père est plus grand que moi », sont rapportés par saint Basile à la nature humaine -. Les Pères essaient d'en faire autant pour le passage de saint Marc (XIII, 32) : « de ce jour et de cette heure personne ne sait rien, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais seulement le Père'». Seulement saint Basile remarque plus loin que dans un passage parallèle de saint Mathieu (XXIV, 16) : « de ce jour et de cette heure personne ne sait rien, pas même les Anges du ciel, mais seulement le Père », le Fils n'est pas expressément exclu, parce qu'il a la même science que son Père et partant la même intelligence, quoiqu'elle soit chez lui uniquement intelligence engendrée et reçue. Il veut donc entendre les paroles de saint Marc (XIII, 22), dans ce sens que même le Fils ne saurait rien de cette heure si le Père n'en savait quelque chose et ne le lui avait communiqué*. Saint Hilaire, comme nous l'avons déjà mentionné^ y avait vu plus clair. De commentaire exact sur la question du degré auquel
Kvpt'Vj ëtSy.7XK/lKÇ ÔlV. T£ rWV îfyr,J.ÔfJ Tê X«£ ÔiOTpSTÎôj-J y.V.l SlCr. TÔV TKÎTîtV&iy, £Z«Tâ-
pîv To5v •JCr,fxv.ro>v ï/.y.TiçM tSjv h tw iJ.xiTzr,pi(a vîsu^eVwv x«t«/).v;/&)ç txpy.a^cy.sv, rô fx'vj ccjOp'j'tVi-j'jv Tô) coOpo>T:i'-j'j>., zi ok ù-^r,).àv rf, ÔsdrriZi, /.vX ^jy./j.vj on /.'/.Oh Oibc, è Vis;, ÙTTv.O/ii T.v.-jz'jic, I7-1 y.v.l àzo^ars;. Et Sk ti ttkÔs; k-j toi E{i«//c/e'w Tispl ff.ùroO
i.VjijfZO, SlK TOCl m6 p'j^TZÎJOJ TiWT'j)i TîO Sc^Op.éWJ ~b T.v/JOi TS TCtîÛTCiV cVV;Oyï)5'âV.
Evîoysr -/v.p iiç vj.r/Jôiç, r, Oidirr,i Six TîO Tspi aÙT/;v n'Jip.'/.-zOi 5-ojT/iCtav, ihv.i tv^j ^.k-j l'/.p/.hi TÔ TivfJ^^, zoj ok ÔîO'j rr.v kvépysiy.v.
I. Cf. § 12. — 2. Basil. Ep. 8, b.— 3. Ep. 236. Greg. Naz. Orat. 30, 15. 4. Basil. Ep. 236. — 5. V. plus haut § 13.
la connaissance humaine perfectionnée avait été élevée par le Logos, nous n'en trouvons pas encore davantage chez Grégoire de Nazianze. Les paroles de l'Evangile de saint Luc (II, 52) : (( et Jésus croissait en sagesse, en âge et en grâce, devant Dieu et devant les hommes », sont rapportées donc tout simplement chez lui à la personne du Seigneur et entendues dans ce sens que la sagesse divine et la grâce s'étaient manifestées toujours de plus en plus clairement avec le progrès de l'âge. « Cen'est pas, dit-il, quelasagesse et la grâce aient reçu en lui quelque accroissement, car comment pourrait-il y avoir quelque chose de plus parfait que ce qui était parfait dès le commencement? mais c'est que ces deux qualités se sont manifestées peu à peu et de plus en plus, et se sont produites plus au jour*.» Il n'est donc pas encore ici décidé si quelque accroissement ou quelque développement progressif est resté encore possible pour l'âme de Jésus même dans son union hypostatique, soit par suite d'une révélation progressive de la sagesse divine, soit par les progrès réalisés par la connaissance déductive à la suite de la considération des choses créées.
4. La haute dignité et la virginité de Marie étaient dans les plus étroits rapports avec le dogme de la vraie et parfaite divinité du Sauveur et de l'union personnelle de la nature divine et de la nature humaine. Si la communîcatio iclioT/talum est une conséquence nécessaire de l'union hypostalique, le titre de mère de Dieu (ôsotôxoç) convient bien à la très sainte Vierge. Aussi les Pères déjà nommés le lui attribuent-ils et témoignent-ils ainsi en même temps que cette dénomination, que nous avons trouvée chez saint Athanase, a déjà reçu droit de cité. Nous la rencontrons chez saint Basile* comme chez saint Grégoire de Nazianze ^ De l'usage universel de cette appellation un témoignage particulier nous est fourni par ce fait que l'empereur Julien se
1. Creg. Naz. Orat. 43, 38. — 2. Homil. in sanctam Christi «îonerat. c. 5 (o.d. Manr. II, 600j. — 3. Orat. 29, 4. Ep. 101 (ad Clod.J p. 8o.
CHRISTOLOGIE ET SOTÉRIOLOGIE 453
moquait des chrétiens de ce qu'ils donnaient un pareil titre à une lemme K
Tout autant que sa divine maternité, la virginité constante de Marie est en étroit rapport avec le dogme de l'Incarnation, saint Grégoire de Nysse trace un parallèle entre la naissance éternelle du Logos au sein de son Père, et sa naissance temporelle dans le sein de la Vierge. Ici comme là il y a même pureté chez les générations ; ici la pureté de la mère et du Saint-Esprit, là l'incorruptibilité du sein du Père éternel : « Encore maintenant le Saint-Esprit est resté tout entier et la vertu du Très-Haut est restée sans atteinte ; le Fils est né tout entier et il n'a point altéré la pureté de sa mère (t-^î p.y,roàç à'^ôo^t'av oùx à/up^vK-ro)-». Saint Grégoire admet donc la virginité de Marie aussi bien avant qu'après l'enfantement et il l'appelle ailleurs une vierge
sans tache {ùy.imroç HxpQévo;) ^.
Divers Pères, il est vrai, quand ils précisentla vraie naissance humaine du Seigneur en opposition avec les hérétiques, s'expriment de manière à faire croire du premier coup d'oeil qu'ils ont admis une ouverture du sein maternel lors de la naissance. « Comment la puissance de la divinité auraitelle pu être obscurcie, demande saint Epiphane-, par le sein d'une sainte femme, par le sein de la Vierge ou par la circonstance d'une naissance ou par les embrassements de Siméon ou par la conception maternelle ? » L'assujétissement aux conditions de la naissance ne doit ici indiquer autre chose que l'ouverture du sein de Marie, chez saint Basile" et dans l'Evangile de saint Luc (11, 13) c'est-à-dire la naissance réelle. Difficilement peut-on s'expliquer sur ce point de doctrine plus clairement