‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 84 sur 166 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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CHRISTOLOGIE ET SOTÉRIOLOGIE 457

bien plus comme désirable que comme redoutable*. » l.a nature humaine dans la conception de saint Grégoire de Nysse, comme il le dit dans le chapitre suivant, était aussi l'amorce avec laquelle l'hameçon, c'est-à-dire la divinité, était avalé tout à la fois.

Saint Grégoire de Nazianze combat cette conception, comme étant de nature, si on la prenait au pied de la lettre, à mettre Dieu lui-même vis-à-vis du démon en une situation tout à fait indigne de lui. « A mon avis, dit-ir-, le fait et la doctrine méritent, quoiqu'ils soient négligés par plusieurs, un sévère examen. Pour qui et pour l'amour de qui le sang précieux de Dieu, notre grand-prêtre et notre victime, a-t-il été versé ?Nous étions en effet tenus prisonniers comme des gens qui avaient été vendus au péché, et qui avaient reçu la concupiscence sensible pour le péché. Si donc la rançon n'a été payée qu'à celui qui nous tenait prisonniers, je demande à qui a-t-elle été payée et pourquoi? Est-ce au diable? 0 quelle pensée déshonorante! Le voleur recevoir une rançon non seulement de Dieu, mais Dieu lui-même pour prix de rachat, et de plus toucher ainsi pour sa tyrannie un salaire si exagéré pour lequel il nous épargnerait ! Mais si la rançon a été payée au Père, une question se pose : comment cela s'est-il fait ? Car nous n'étions pas ses captifs. En outre, comment peut-on se figurer que le Père a pris plaisir au sang de son Fils, lui qui n'a pas même accepté Isaac que lui offrait son père, mais s'est contenté d'un bélier offert à sa place ? Il est donc manifeste que le Père a agréé la victime, non parce qu'il l'avait exigée ou parce qu'il en avait besoin, mais à cause de l'économie du salut, parce que l'homme devait être sanctifié par la nature humaine que Dieu avait prise. »

La satisfaction offerte par le Sauveur n'est donc considérée à bon droit que comme une satisfaction accomplie devant le Père céleste, comme un véritable sacrifice d'expiation, et

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