Ep. 205, II. Cf. Ep. 164, 19. — 3. Sermo 155, n
humana ou anima 7^ationalis. Le Logos a Lien pris une nature humaine complète, il a été le véritable Fils de Dieu et même véritable fils de l'iiomme et homme parfait {;perfectus homo)K L'àme supérieure raisonnable est pour saint Augustin aussi le trait d'union intermédiaire entre le Logos et le corps humain qui dans l'Incarnation a été élevé exclusivement dans le but de marquer l'abaissement du Logos jusqu'à la chair-. Il est seulement étonnant que saint Augustin ne se soit pas occupé de plus près de la division de l'âme humaine en deux substances que supposaient les Apollinaristes ; il y a là une dichotomie à combattre, alors qu'il reconnaît partout la vraie dichotomie et qu'il parle toujours de l'âme et du corps comme des deux éléments constitutifs de la nature humaine ^ Mais dès qu'il pensait pouvoir présenter l'opinion traducianiste comme conciliable avec les paroles de la sainte Ecriture il y avait une question qu'il ne pouvait éviter : à savoir comment l'âme humaine de Jésus avait passé par traduction de l'âme d'Adam dans celle du Christ notre Seigneur, ou si une exception avait eu lieu ici, le Logos s'étant créé une âme de rien. Il ne prétend pas décider cette question en toute certitude dogmatique, quoique il soit sûr que si le Seigneur a
1. Ep. 187, 4 : Non utique sicut quidam haeretici Verbum Deiet carnem, hoc est sine anima humana, ut Verbum csset carni pro anima : vel Verbum Dei et animam et carnem, sed sine mente /lUiuana, ut Verbum Dei esset anlmae pro mente humana... Profecto cum dicis hominem perfectum, totam iliic naturam humanam vis intelligi. Non est autem homo perfectus, si vel anima carni, vel anima ipsi mens humana defuerit. Cf. Sermo, 67, 7.
2. Ep. 140, 12 : Neque enira homo Christus, ut Apollinaristae haeretici putaverunt, aut non habuit animam, aut non babuit rationalem : sed more suo scriptura ulChristi humilitatem magis ostenderet,necarnis nomen quasi indignum aliquid refugisse videretur, carnem pro homine posuit.
3. Sermo 67, 7 : Suscepit animam, suicepit corpus, suscepit plénum hominem. Cf. Enarr. II, in Ps. 29, 2 : Homo cnim videtis unde constat : ex anima et corpore. Sed ipsa anima humana habet aliquid, quod non habent animae pccorum. Nam et pecora animam habent etc. Ici saint Augustin attribue une k anima » mAme aux animaux; mais il ne parle pas de deux Ames chez l'homme : il dit seulement que l'homme en tant qu'image de Dieu n'a pas une âme comme les animau.x;, mais une « anima rationalis ».
reçu une âme d'Adam par propagation {ex traducé), il l'a purifiée du péché au moment môme où il la prenait*. En un autre endroit il se décide pour l'opinion qui veut que, alors môme qu'on pourrait admettre le traducianisme pour les autres âmes des hommes, il fallait néanmoins faire une exception pour le Seigneur^ .
Avec l'âme humaine le Seigneur a pris aussi la disposition et l'aptitude pour toutes les affections qui lui sont naturelles, comme par exemple la colère, la joie, la douleur, etc. Si donc la sainte Ecriture nous parle souvent de ces affections humaines dans la vie du Seigneur, nous n'avons pas à y voir, comme les Manichéens, des affections simulées, mais vraiment humaines, avec cette seule différence que ces affections ne sont pas fatales chez le Seigneur, mais sous la dépendance de sa volonté libre. De môme qu'il est devenu homme, qu'il est né, qu'il a été nourri parce qu'il l'a voulu, de môme toutes ces diverses affections ont été toujours voulues, elles ne se sont pas imposées avec une force nécessitante ; elles ont été librement voulues pour notre instruction^ Ce que saint Augustin entend sous cette instruction {magisterii voluntas) il nous l'explique lui-même quand il expose en détail comment le Sauveur a voulu nous montrer enprenantles souffrances et les afrections,que tout cela n'est
1. Aug . 1G5, 19. Certes, cette purification, supposée en tant qu'accomplie par celui-là même qui prenait la chair, devait être toujours distinguée de celle que suppose le dogme de l'Immaculée Conception de Marie en tant qu'elle lui a été donnée en partage, car celle-ci est une préservation d'un poché qui retombait sur elle ; cependant ici comme plus haut (§ 12i, on voit, dans l'interprétation (jue les Pères ont donnée de dilTérents passages de la Bible, la façon générale d'envisager et de comprendre un dogme se formulait dans des principes cjui trouvaient leur application sur un autre terrain et ici chez la très sainte Vierge.