‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 89 sur 166 · Enarr. in Ps. 87, 3. —2. Ep. 140, n · texte numérisé non relu

Enarr. in Ps. 87, 3. —2. Ep. 140, n

3. Aug. Enarr. in Ps. 49, 5 : Unde enim illae voces, nisi ex nobisassumptae : Deus, Deus meus, ut quid me dei-eliquisti ? Quando autem Pater Filium dereliquit, aut Filius Patrem ? Nonne unus Deus, Filius et Pater? Nonne verissimum : Ego et Pater unum sumus ? Unde ergo : Deus, Deus meus, ut quid me dereliquisti, nisi quia in carne infirmitatis agnoscebatur vox peccatoris ? Qui enim suscepit similitudinem carnis peccati, cur non susciperet similitudinem vocis peccati? Cf. Enarr. in Ps. 21, 3; 53, 5 ; 58, 2.

4. Sermo 213, 3; Sola caro jacet, et tu dicis : Dominus noster ? Dico plane die», (]uia veslem intueor et vestitum adoro. Caro illa illius vestimentum fuit ; quia cum in forma Dei essct, non rapinam arbitratus est esse acqualis Dec ; sed semctipsum exinanivit, formam servi accipiens, non formam Dei amittens.

d'Abraham. Sans doute dans les passages relatifs à ces questions, Augiastin parle toujours d'une âme sans même mentionner la division apollinariste de l'àme, en àme raisonnable et en àme sensible {spiritus, anima), mais sur le lieu de ce monde souterrain, sur ce qu'y fit le Sauveur, il pose encore maintes questions qu'il ne sait résoudre avec précision.

Tout d'abord il se demande si les <âmes sont après la mort transférées dans un lieu corporel (locimi corporalem). Eu égard à la nature immatérielle de l'àme, il pense pouvoir répondre négativement à cette question, en toute certitude. 11 s'arrêtait cependant sur ce fait que, dans le rêve, l'àme humaine pouvait éprouver joie et douleur à propos de choses simplement représentées et traverser des espaces par la pensée ou s'arrêter en un lieu préalablement représenté. Plusieurs auraient entrevu, même après lui, dans des visions, quelque chose des joies du ciel, 'des tourments de l'enfer, dans le lieu affecté aux damnés. Saint Augustin conclut de là que l'àme, même après la mort, gardait un mode d'existence au moins semblable à celui du corps, et qu'elle se trouvait dans un endroit corporel, ou dans le reposou dans le bonheur ou dans lestourments.C'estdansun endroit pareil (m locuni corporali similern sive splHtalem) que le Christ s'était rendu lors de sa descente aux enfers^

En ce qui concerne la seconde question, à savoir qu'est-ce que le Seigneur a fait dans le monde souterrain, il faudrait d'abord déterminer auprès de quelles âmes il s'était rendu dans ce monde souterrain. Tout d'abord le saint docteur

t. De Gen. ad litt. XII, 33, 62: Animam vero non esse eorpoream non me putare, sed plane scire, audeo profiter! : tamen halwre posse similitudinem corporis et corporalium omnino membromm (luistjuis negat, potcst negarc animam osse, cjuae in somnis videt vol se ambalare, vel sedere, vcl hac at(jne iMac gressu aut otiam volatu ferri ac reforri, quod sine (]ii;ulam simrlitiidine ftirpi>ri< non lit. Proinde si hano similitudinem etiam apiul inferos périt, non corporalem, sed corpori similem ; il;i etiani inlofis vidotirr esse non corporalibns, sed corporalium similibus, sive in equie, sive in doloribu s.

pense que le mot in feri (ôS/??) n'est employé que pour un lieu de douleurs, alors que le lieu du repos et de l'attente est appelé le sùius Abrahae (Luc XVI, 23), ou dans l'Ancien Testament le Schéol qui est séparé de l'Adès par un abîme. Le Christ a dû se rendre même dans ce lieu de tourments, dans l'iVdès proprement dit, ou du moins dans ses dépendances, ou dans le vestibule de l'enfer et pendant trois jours librement, il a subi ses douleurs* dans la mesure où elles étaient compatibles avec la divinité, et il en a délivré plusieurs âmes*. Quelles ont été celles-là? Augustin ne veut pas le déterminera En tous cas toutes n'ont pas été délivrées* ; mais quand il en vient a énumérer Adam, le père de tous, les Patriarches et les Prophètes, il se fait de nouveau l'objection que ceux-ci n'ont pas été dans l'Adès, mais dans le sein d'Abraham. Et à ceux-ci qu'est-ce que le Seigneur est venu apporter ? Saint Augustin ne saitpas le dire, quoiqu'il ne soit pas éloigné d'enseigner que ceux qui sont rassemblés dans le sein d'Abraham ont reçu la nouvelle du salut et de l'ouverture du cieP. En particulier l'explication du passage du prince des Apôtres (I Ep. 4, sqq.) reste pour saint Augustin une énigme insoluble ; il ne voit pas, notamment, pourquoi ceux qui sont restés incrédules lors de la construction de l'arche sont donnés comme ceux à qui l'Evangile a été annoncé par le Seigneur lors de sa descente dans l'Adès, afin qu'ils vivent en esprit auprès de Dieu. Les difficultés que notre Docteur trouve ici, nous n'avons pas à les éclaircir une à une ; mais il est évident qu'il n'aurait pas trouvé cette explication si difficile s'il avait songé au rapport existant entre le déluge, l'arche et le baptême, et s'il avait supposé que ces incroyants avaient été à leurs derniers moments saisis parles flots et s'étaient réfugiés dans la foi et dans le repentir^.

1. Aug. De Gen. ad litt. XII, 33,63: Et Christi qpaidem animam venisse usquo ad ea loca, in quibus peccatores crnciantur, ut eos solveret a tormentis, quos esse solvendos occulta nohis sua justitia judicabat, non imraerito creditur. — 2. De cir. Dei XVIf, H. — 3. Ep. 164, 4.

4. De liaer. 79. Cette opinion de la délivrance de tous les damnés est considérée comme une hérésie. — 3. Ep. 187, 6. — 6. Cf. Ep. 164, 10 sqq.

Mais en général saintAugustin ne voit tant de difficultés et d'incertitudes dans ces questions relatives au monde souterrain, que parce qu'il ne distingue pas, en ce qui concerne rAd<'s, le lieu réservé aux damnés à perpétuité de ceux dans lesquels sont simplement expiées des peines temporelles. S'il avait l'ait cette distinction, il aurait traité avec plus de sûrolé la question de ceux qui avaient été délivrés et de ceux qui ne l'avaient pas été.

6. A côté de la dualité de nature, saint Augustin enseignait l'unité de personne dans le Christ* et il ne varie point dans l'emploi des termes correspondants de « nature » et de « personne » (natura, persona^).En celle-ci le Logos divin est le principe constitutif en tant que, dans la plénitude des temps, il a pris dans le sein de la Vierge une nature humaine ^ Le Logos n'a de ce fait subi aucun changement : la divine Trinité n'a pas reçu un accroissement par le fait de la Trinité et le Logos n'a pas davantage perdu son éternelle personnalité ni éprouvé en elle une altération ; mais demême quepar l'accession de la chairà l'âme, un homme se produit; de même la nature humaine a été prise par le Logos dans la plénitude des temps, et s'est unie à lui pour former un seul Christ*. « Par le fait que le Verbe est devenu chair, le Verbe n'est pas passé dans la chair par anéantissement, mais la chair a été ajoutée au Logos, afin qu'elle ne fût

1. Enarr. in Ps. 85, 4: Neque enim, ut nonnulli dixerunt, carosolaerat et Verbum ; sed et caro et anima et Verbum : et totum lioc unus Filius Dei, unus Cliristus, unusSalvator.

2. Aug. Ep. 137, 9 : Nunc vero ita inter Deum et homines mediator apparuit, ut in unitate personae copulas utramque naturam, et solita sublimare insolitis et insolita solitis temperaret. Cf. Sermo 91, 3; 294, 9.

3. C. Maximinum Arianuin I, c. 19 : Christus autem, qui humanam non ad horain sumpsit eftigicin, in qua hoininibus appareret, ac deinde illa species praeteriret, sed in unitatein pcraonae suae, manentc invisibili Dei forma, accepit visibilem hominis formam.

4. Ep. 140, 12: Sicut enim non augelur numerus personarum, ouin accedit caro animae, ut sit unus homo: sic non augeturnumerus personarum, cum accodit homo Verbo, ut sit unus Christus. Legitur ilaquo : « Verbum caro factum est », ut intelligamus hujus personae singularitatem, non ut suspicemur in carneni mutatam divinitatem.

point anéantie, si bien que comme l'homme est âme et corps, le Christ est de même Dieu et homme. Celui qui est homme est aussi Dieu ; de même celui qui est Dieu est aussi homme, non par transformation de la nature, mais par unité de la personne. De même que le Fils est éternellement consubstantiel à son Père et provient toujours du Père, de même le Fils de l'homme n'a commencé à être que par la Vierge. Aussi à la divinité du Fils est venue s'adjoindre l'humanité et de là il n'est pas résulté une quaternité de personnes, mais latrinité a subsisté seule*. L'Incarnation n'a donc pas produit ainsi un changement dans la personnalité du Fils de Dieu, ni même dans son mode d'existence, car il est, en tant que Fils de Dieu, avant et après, partout présent et toujours participant à toutes les qualités et manifestations de Dieu ^.

L'union de Dieu et l'homme dans le Christ sont souvent comparéspar saint Augustin, comme nousl'avons vUjàl'unité du corps et de l'âme en l'homme ; mais l'union n'est pas tout à fait la même dans l'un que dans l'autre cas. Les deux natures ne sont pas en effet unies dans le Christ de manière à former une substance comme le corps et l'âme, en tant que matière et forme constituent une seule substance, la substance humaine, et on ne peut pas davantage parler chez l'Homme-Dieu de deux éléments de sa personne, ou appeler Dieu une partie de l'Homme-Dieu. Le Christ était tout Dieu et tout homme ^ Que dans la personne du Seigneur, en tant que nature divine et humaine, il fallût admettre deux subs-

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