‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 98 sur 166 · H. E. VII, 29 sqq · texte numérisé non relu

H. E. VII, 29 sqq

conservéespar Marius Mercator, dans une traduction latine, ensuite à ses lettres qui nous ont été conservées en partie par saint Cyrille, en partie par Marius Mercator et ont été imprimées pour la plupart dans le IV^ et le Ve volume de Mansi, et enfin aux Anatliématismes. De ses autres écrits tels que 1' « Histoire de sa controverse », le livre « Héraclides » et un second sur l'Incarnation du Christ, nous ne possédons que des notices ; de ses autres ouvrages, divers fragments* ».

Si nous considérons de près ce que Nestorius dit de la personne du Seigneur, il devient tout à fait évident qu'il était d'accord au fond avec la doctrine erronée de Théodore, comme lui il allait jusqu'à résoudre l'Incarnation du Logos en une simple union morale de Dieu et d'une personne et à contester par conséquent la com7nunicatio idiomatum. Il se produisit chez lui ce qui se produit chez d'autres hérétiques. Il commença par prêter un sens inexact au dogme et aux formules dogmatiques de l'Eglise, puis il partit en guerre contre cette conception philosophique considérée par lui comme un dogme de l'Eglise,

Contre le terme ©sotoxoç il objecte qu'il suppose que la divinité elle-même est née d'un homme ; qu'il est donc né deux fois, qu'il a eu un commencement dans le temps. Il s'écrie donc dans son premier discours- : «Vous demandez si Marie peut être appelée Mère de Dieu. Mais Dieu a-t-il donc une mère ? Et alors il faut excuser le paganisme qui a parlé de mères des dieux, et Paul est un menteur quand il dit de la divinité du Christ (Hébr. vu, 3) qu'elle est sans père, sans mère, sans généalogie. Non, mon cher, Marie n'a pas engendré Dieu... la créature n'a pas engendré le Créateur, mais l'homme qui est l'instrument de la divinité. Le Saint-Esprit n'a pas produit le Logos, il a créé pour lui le temple qu'il devait habiter etc». Il s'exprime de même dans le quatrième discours^ « Les Ariens mettent le Logos

1. Cf. Walch, Ketzer historié V, 348, sqq. — 2. Marius Mercator chez Migne XLVIII, 7b9 sq. —3. Ces passages chez Héfélé, ifisi. des Conc. II (2' éd.) 152 sq.

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seulement au-dessous du Père ; ceux-ci (ceux qui enseignent le ôîOTÔxo,- et parlent d'une naissance de Dieu) le mettent môme au-dessous de Marie ; ils prétendent qu'il est venu après elle et ils donnent pour principe générateur à la divinité qui a tout créé une mère dans le temps. Si celui qu'elle a enfanté n'était pas un homme, mais le Logos de Dieu, elle n'était pas la mère de celui qu'elle a enfanté, car comment pourrait-elle être mère de celui qui est d'une autre nature qu'elle ? Si on la nomme néanmoins sa mère, celui qui est né d'elle n'était pas de nature divine, mais un homme puisqu'une mère ne peut enfanter que ce qui a même substance qu'elle. Le Logos Dieu n'est donc pas né de Marie, il habitait seulement en celui qui est né de Marie. » Il argumente de la même façon dans un autre discours en faveur de la maternité divine de Marie. Proclus, évêque de Cyzique, qui séjournait à Constantinople, dans ses sermons en faveur de la maternité divine de Marie, dépassait toute mesure, en reprochant aux orthodoxes de faire commencer la divinité à Marie et de laisser tomber des mains tous les moyens de réfuter les Ariens et les Apollinaristes, parce qu'on ne distinguait plus entre le divin et l'humain et qu'on se mettait ainsi dans la nécessité de tout accorder aux Ariens, quand ils rapportaient au côté divin supérieur du Logos les termes relatifs à sa nature humaine pour établir ainsi que le Logos était une créature*.

La négation même de la maternité de Marie n'était pas si inoffensive du côté de Nestorius. Il détruisait par là l'union personnelle de Dieu avec la nature humaine ou l'unité de la personne et niait aussi en général la corriTnunicatio idiomatum.

I. Les expressions dont Nestorius se sert à propos de l'union du Logos divin avec l'homme Jésus ne peuvent s'entendre en dehors d'une simple union morale entre les deux personnes séparées dans leur être. Pareillement dans son premier discours recueilli par Marins Mercator* il

i. Cf. Marins Merc. 1. c. p. 785. — 2. Ibid. p. 757.

appelle l'homme avec lequel il s'imagine que le Logos s'est uni l'instrument ou l'organe de la divinité, le temple de la divinité créé par le Saint-Esprit, le vêtement sous lequel le Logos s'est caché et rien de plus ; il ne parle que de l'homme qui aurait été pris ou, comme on lit dans son troisième discours, de l'habitation de Dieu dans un homme. « Autre chose est le Logos qui habitait dans le temple formé par le Saint-Esprit, autre chose est ce temple même, différent de Dieu qui l'habite ». Les mêmes idées se retrouvent dans son discours contre Proclus^ Ces mêmes expressions peuvent manifestement s'entendre des rapports qui existent entre Dieu elles justes et les saints, etNestorius, sans aucun doute, présentait l'union du Logos et du Christ comme étant d'un degré supérieur, quoiqu'il ne put écarter le terme biblique d'Incarnation, mais voulut n'y voir expressément qu'une union ininterrompue du Logos avec l'homme^, Nestorius évitait également, ajoute saint Cyrille, le terme « union » (ev^oti?) et il employait le terme liaison (a^vâs-îta) qui ne marquait jamais qu'un rapprochement entre deux choses restant extérieures l'une à l'autre ; il reconnaissait pourtant que cette liaison n'avait pas été interrompue depuis le moment delà création^

Quelquefois Nestorius disait même expressément que le Logos avait pris une personne humaine parfaite, parce qu'il partait de cette supposition qu'une nature humaine parfaite ne pouvait exister qu'à l'état de personne humaine. « Dieu par sa liaison ou son association avec les hommes n'a point subi de changement ; mais uni à la nature humaine et la

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