‹ Histoire des dogmesChapitre 12 sur 71 · XXX APPENDICE · texte numérisé non relu

XXX APPENDICE

Théophile d'Antioche, dans ses livres à Autolicus, parle plussouvent de la Création. Il fait ressortir, comme étant le privilège exclusif de la puissance créatrice de Dieu, que Dieu n'a pas seulement formé le monde, mais qu'il l'a appelé du néant à l'existence, même pour la matière (1). Il remarque encore que Dieu n'a pas créé le monde par besoin mais seulement pour sa gloire, afin d'être connu et honoré par ses créatures raisonnables (2), en tant que celles-ci participeraient, à un degré de plus en plus grand à sa vérité, à sa bonté et à son bonheur (3). Dans l'explication de l'œuvre des six jours, Théophile n'oublie pas de mentionner que presque tous les peuples comptent lasemaine par sept jours, sans qu'ils se doutent cependant d'où vient cette institution (4).

Les doctrines des Gnostiques furent pour les Pères, saint Irénée en particulier, une occasion nouvelle de défendre le dogme de la création. Saint Irénée a pour cela établi et justifié toutes les parties de ce dogme.

1. Le monde n'a pas été créé par des Eons ou démons ; mais il faut en attribuer immédiatement la création au Dieu souverain et unique qui en a été le créateur et le formateur. C'est ce que non seulement enseignent les saints Livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, mais c'est ce que conclut aussi la raison, en s'appuyant sur l'unité, la régularité et l'harmonie qui existent dans le monde (5).

2. Le Dieu unique et souverain a non seulement formé le monde lui-même, mais aussi a appelé la matière du néant à l'existence (6), et il ne faut pas entendre ce néant comme quelque chose de réel d'où serait sortie la matière, mais comme la négation de toute matière et de toute cause autre que Dieu, car la volonté divine a été la seule cause du monde et de sa production (7).

(1) AdAut. II, 4. — (2) 1b. I, 4. — (3) Ib. II, 12.

(4) Aiv. haer. II, 9, 1; III, î, 1, 2. Cf. Pitra, Analecta sacra II, 203.

(5) 76. II, 10, 2. — (6) 1b. II, 14, 3.

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