XLVIII APPENDICE
pitulation pour embrasser d'un seul coup d'œil les propositions de foi qui s'affirment dans la coutume de l'Eglise. Pour celui qui vit en dehors de l'Eglise, il n'est pas facile d'établir toujours et exactement une distinction entre ce qui appartient à la discipline ecclésiastique et ce qui relève de la foi ou du trésor des vérités immuables de la révélation divine ; c'est là une tâche peu aisée môme pour le théologien, surtout lorsque l'autorité doctrinale de l'Eglise n'a pas formulé des explications précises. N'arriva-t-il même pas aux évoques de la primitive Église de tolérer certaines divergences d'ordre pratique considérées comme purement disciplinaires, tandis que les évêques de Rome ne les approuvèrent pas, parce qu'elles entraînaient avec elles des divergences dans la foi elle-même. Ainsi Gyprien nous apprend que certains évêques d'Afrique avaient refusé pour toujours aux mœchi toute réconciliation avec l'Eglise, tandis que d'autres évêques non seulement ne les excluaient pas de l'Eglise, mais ne les inquiétaient même pas (1).
1. Une première question disciplinaire fut la détermination précise des œuvres extérieures de pénitence et la répartition des pénitents en diverses classes d'après 3 ou 4 degrés qu'ils devaient successivement franchir. Nous trouvons pour la première fois la distinction bien précise de ces degrés dans une lettre de Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée, à un évêque voisin (263 ap. J.-C.) ; il y explique comment il a réglementé la pénitence et comment dans ce but il a établi d'après les 7e, 8e, et 9e canons trois classes de pénitents : les audientes, les substrati et les consistentes. Le degré préliminaire mentionné dans le 11e canon et comprenant les fientes, qui se trouvaient en dehors de l'église, était plutôt une préparation d'une durée indéterminée. Sur ce point les Pères de Nicée(325ap. J.-G.) sont parfaitement d'accord avec Grégoire, puisque non
(1) V. pi. haut §81.