AV APPENDICE
«Mre délivrés par une nouvelle pénitence publique, puisqu'elle ne leur était plus accordée. La question est donc de savoir si dans ce cas l'Eglise refusait pour toujours de recevoir de nouveau ces pénitents dans son sein et ne leur laissait pour tout recours que la miséricorde de Dieu, de telle sorte qu'ils n'auraient pu être sauvés que par la contrition parfaite cum voto sacramenti, ou bien si, après avoir fait une confession auriculaire, ils pouvaient encore obtenir l'absolution sacramentelle. Ni les témoignages des Pères anténicéens, ni: les décisions des conciles ne s'expriment clairement à ce sujet ; les Pères qui vinrent plus tard ne donnent pas non plus une décision explicite. C'est pourquoi plusieurs archéologues ont pensé que la pratique de l'Eglise dans les temps qui précédèrent le concile de Nicée ou qui le suivirent immédiatement était la suivante : les pénitents qui, après avoir fait pénitence publique une fois, retombaient dans une faute canonique se voyaient exclus pour toujours de la communion et de l'absolution, parce que leur conversion était dans ce cas regardée comme impossible et les signes qu'ils pouvaient en donner passaient pour une dissimulation (1). D'autres au contraire expliquent les témoignages des Pères et les décisions du concile d'Elvire en disant que ces pénitents relaps n'étaient privés pour toujours que de la communion mais non de la pénitence privée et de l'absolution (2). Même entendue ainsi, la discipline de la primitive Eglise nous apparaît à cette époque reculée plus sévère que dans la suite : les témoignages les plus anciens en font foi. Les partisans de la première interprétation se basent sur les motifs qu'invoquaient Tertullien (De pœn.) et Glémsnt
(1) C'est l'opinion de b'Aubespinb (Mansi, Coll. II, 35 et suiv.). — Morin. De pœn. IV, 22, auquel se joint Fêchtrup Tub. Quartalschr. 1872, p. 454 et suiv.
(2) C'est l'opinion de Ferd. de Mendoza De confirmando Conc. lllib libri 3 Mansi II, 58 et suiv.). — Binterim, Denkw. V. II, 267 et suiv. — Frank, Die BussdiszipL, p. 875 et suiv.
d'Alexandrie (Strom. II, 13)) pour ne permettre qu'une fois la pénitence publique, à savoir les mauvaises dispositions qui rendaient les pécheurs relaps inaptes à être justifiés une seconde fois et par conséquent incapables de recevoir l'absolution. Mais on peut répondre qu'il ne faut pas accorder trop de valeur aux explications dogmatiques de Tertullien et de Clément d'Alexandrie qui s'appuient sur le Pasteur d'Hermas : d'une manière générale elles dépassent souvent le but.
Nous ne devons pas non plus exagérer la force probante des canons d'Elvire (305 ou 306) ; dans la primitive Eglise ils n'eurent pas grand crédit ; ils furent pris en considération tout au plus en Espagne. Ils ne nous sont parvenus au reste que sous une forme très imprécise. Plusieurs canons en effet portent la peine de l'excommunication contre différents pécheurs avec la défense rigoureuse de leur donner la communion même à l'article de la mort, tandis qu'ils autorisent d'autres pécheurs à recevoir la communion après l'accomplissement de leur pénitence. Ce serait tomber dans l'erreur des Novatiens que d'interpréter le premier canon (1) dans ce sens que les lapsi n'ont le droit ni à la communion ni même à l'absolution, et même de refuser la communion seule et non l'absolution après une sincère pénitence, aux pécheurs qui après leur baptême étaient tombés dans l'idolâtrie. On peut donner à ce canon un sens plus mitigé d'accord avec le texte du 3e et du 22e canons : le 3e canon (2) n'interdit à ces pécheurs que la communion dominicale et le 22e distingue la communion sacramentelle delà communion formée par l'assemblée des fidèles : Quant à l'absolution du prêtre après la confession auriculaire, aucun canon ne pouvait défendre de l'accorder. Il ne
(i) Placuit inter eos : Qui post fidem baptismi salutaris adulta aetate ad templum idoli idolaturus accesseritet fecerit quod est crimen capitale, quiaest summi scelem, placuit nec in finem enm communionem accipere.
(2) Placuit ulterius his (mœchis post pœnitentiam) non esse dandam communionem, ne illusisse de dominicacommunione videantur.