‹ Histoire des dogmesChapitre 22 sur 71 · LVI APPENDICE · texte numérisé non relu

LVI APPENDICE

serait permis d'accuser les Pères d'Elvire d'un tel rigorisme que s'il était formulé en des termes exprès. Or la lettre de leurs décisions n'implique que la défense d'admettre ces pénitents à la communion publique.

Tout autre est l'importance des canons du concile œcuménique de Nicée, car ils s'étendent à l'Eglise universelle. Le Novatianisme y est condamné ; on y prescrit les moyens dedouceurcomme essentiels au Christianisme. Les Pères du concile tiennent compte de la triple catégorie des pécheurs soumis à la pénitence publique : les audientes, les substrati et les consistantes et déterminent dans le 13e canon les règles à suivre pour leur absolution : « Il convient de suivre par rapport aux moribonds l'ancienne discipline ecclésiastique (ô iraXaiôç xal xavovixoç vojxoç) : personne au lit de mort ne doit être privé du dernier et si nécessaire viatique (toïï tcXeutouoo xa\ àvocYxocioxaTou IcpoSt'ou). Que, si le malade recouvre la santé, on l'admettra de nouveau dans la communion des fidèles, mais il n'y participera qu'aux prières. L'évêque après une épreuve suffisante donnera lui-même FEucharistie à tout moribond qui désire la recevoir. »

Dans ce canon se reflètent les doctrines de foi et les principes qui ont toujours été universellement acceptés dans l'Eglise : la réception du viatique est un précepte juris divini pour tous les fidèles ; on ne doit pas le refuser à celui qui s'y est préparé par la pénitence (1) ; l'évêque est un juge établi par Dieu pour porter un jugement sur la dignité ou l'indignité du pénitent. Il ressort bien de là, mais non pas d'une manière expresse, que le viatique pouvait être donné même à ceux qui après avoir été soumis une fois à la pénitence publique étaient retombés dans une faute canonique et en avaient fait pénitence dans leur particulier ; ce canon n'autorise ni ne condamne l'usage de n'admettre qu'une fois les pécheurs à la pénitence publique. Cet usage resta provisoirement en vigueur dans beau-

(1) V. pi. haut § 81.

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