‹ Histoire des dogmesChapitre 24 sur 71 · LX APPENDICE · texte numérisé non relu

LX APPENDICE

Ce pouvoir de l'Eglise n'est sans doute pas absolu et n'est pas égal en tout à celui de Notre-Seigneur, mais il s'étend à tout le domaine de la loi divine pour en préciser les préceptes et, par conséquent, au mariage que Jésus-Christ a élevé à la dignité de sacrement et qu'il a ramené à son organisation primitive. L'Apôtre saint Paul tranche déjà une question relative à l'indissolubilité du mariage, et il permet, sous certaines conditions qu'il détermine, la rupture du lien conjugal entre les deux conjoints dont l'un est devenu chrétien et l'autre reste dans l'infidélité. Dans cette décision il a conscience d'agir sous l'inspiration du Saint- Esprit et il fait remarquer encore que Notre-Seigneur n'avait pas expressément tranché cette question (1). L'Eglise, le pape et les évoques ont revendiqué la même autorité en retenant les empêchements de mariage contenus dans le Lévitique auxquels ils en ont ajouté de nouveaux.

Dans le Nouveau Testament le contrat de mariage a été élevé à la dignité de signe extérieur du sacrement de mariage ; il tombe donc naturellement sous le pouvoir de juridiction de l'Eglise. L'Eglise en effet a toujours possédé les pouvoirs nécessaires pour déterminer d'une manière précise les signes extérieurs établis par Notre-Seigneur et elle a constamment fait usage de ce pouvoir législatif ; par conséquent non seulement la licéité mais encore la validité du contrat et du sacrement dépendent de l'observation de cette loi ecclésiastique (2).

Les lois formelles de l'Eglise sont ordinairement précédéesjd'un usage qui devient en vertu de ces mêmes lois une obligation stricte et précise. A ce point de vue l'empêchement dirimant d'affinité au premier degré in linea collaterali, est bien celui qui paraît être la première addition à la loi de l'Ancien Testament; car la loi mosaïque ordonne le mariage du beau-frère avec sa belle-sœur restée sans en- Ci) I. Car. 7, 12-16.

(2) Pour l'explication théologique de cette question. V. Hist. des Dogmes III, § 135.

fants (Ex. 255.)- Le synode d'Elvire défendit dans son 61e canon le mariage entre beau-frère et belle-sœur, sans cependant le frapper de nullité. Le synode de Néocésarée (tenu entre 314 et 325) dans son 2° canon le frappa de nullité, puisqu'il fit une obligation de rompre ce mariage illicite. Ce synode interdit aussi comme illicites les mariages avec les hérétiques (1) et entend dans le sens de séparation a toro et a mensa le divorce permis par Notre-Seigneur (S. Mat. 5, 32) dans le cas d'adultère.

Origine et développement de la foi à l'inspiration des saintes Ecritures.

Les révélations que Dieu a faites aux hommes dans les temps primitifs pour les sauver, les sanctifier et les glorifier tous, ont été rédigées par écrit sous l'inspiration du Saint-Esprit au moment môme où elles se faisaient; elles ont ainsi formé les livres de l'Ancien Testament et sont devenues par là le patrimoine de tout le genre humain. La rédaction du premier et du plus ancien des livres saints fut faite par Moïse en l'an 1500 avant Notre-Seigneur. Poussé par l'inspiration divine, il se proposa de donner aux révélations primitives de Dieu une expression juste et une forme invariable ; il voulut ainsi les préserver de toute altération et de toute corruption et conserver un trésor accessible à tous les hommes autant qu'inépuisable. Un enseignement authentique mais oral n'aurait pu réaliser ce but, car il n'aurait jamais atteint tous les peuples de la terre ; il eût manqué pour cela des conditions indispensables et fondamentales. Le moyen le mieux adapté à cette

(i) Can.15. 16. 17. — (2)Can. 9. Cf. Conc. Brel. can. 10.

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